NATATION – Romuald Allais : « Ça montre aux jeunes que c’est possible »

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Ⓒ Romuald Allais (2ème rang en partant du bas, à droite) entouré des nageurs de l’AMN, de Mathieu Neuillet et son staff
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Mercredi soir, l’Amiens Métropole Natation recevait la presse et ses partenaires pour honorer ses nageurs qualifiés pour les Jeux Olympiques, l’occasion d’interroger son président, Romuald Allais, à la fois heureux des événements présents et déjà tourné vers l’avenir, avec optimisme et détermination.

Bonjour Romuald, j’imagine que je m’adresse à un président comblé ?

Pour un premier mandat – je rappelle que je suis là depuis le 12 janvier, donc c’est tout nouveau – on est plutôt pas mal. Je suis vraiment fier des nageurs, fier du staff, de Mathieu (Neuillet, ndlr) qui a fait un formidable travail pour en arriver là. Ça met en lumière la ville. Au-delà de ça, on prépare Paris 2024. Je vous avouerais que je ne m’y attendais pas si tôt mais c’est un cadeau de Noël en avance.

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Ça permet de perpétuer l’assise du club avec un renouvellement des têtes d’affiche ?

Ça permet de montrer qu’Amiens est une bonne école de formation. On a eu deux grands champions, Jeremy Stravius et Mélanie Hénique. Je dirais que maintenant, on a les jeunes qui arrivent, avec Mewen (Tomac, ndlr) et Enzo (Tesic, ndlr). Mewen a montré sur le 50m dos qu’il pouvait être champion de France derrière Jérémy Stravius (entre Stravius en 2019 et Tomac cette année, c’est l’Annécien Yohann Ndoye Brouard qui avait été titré, ndlr). C’est un virage. C’est que du bonheur. Ça veut dire : place aux jeunes.

Jeremy nous a permis d’être au devant de la scène et on l’en remercie, mais maintenant, on a une équipe, Mathieu fonde une équipe, il a tout un groupe de nageurs à sa disposition, il sait où il veut aller. On prépare Paris 2024 mais Mewen et Enzo sont qualifiés pour 2021, on ne va pas faire la fine bouche, on y va et avec de l’ambition, on a envie de porter haut les couleurs de notre club, on a envie de faire briller ces trois lettres : AMN. Et puis, à travers ça, il y a la ville, toutes les institutions qui peuvent nous aider. Et pour Mewen et Enzo, ça va leur permettre d’aborder Paris 2024 avec de l’expérience.

Ces résultats doivent créer une dynamique positive au sein du club, également ?

Je suis content de cette dynamique. Ce soir, je voulais absolument inviter toute l’équipe parce qu’au-delà de Mathieu, les nageurs ou moi qui sommes au devant de la scène, il y a tout un staff qui est en place : un osthéo, un médecin, un préparateur physique, Mathieu a investi dans une préparation mentale. C’est tout un staff qui est mis en place pour atteindre ces objectifs. Il ne faut pas les oublier.

Antoine Britz est également présent, il représente le travail sur la génération qui pousse encore derrière ?

Antoine travaille pour la Ligue (il est responsable technique du Centre d’Accession et de Formation des Hauts-de-France, ndlr) mais l’idée c’est d’avoir un effet d’entonnoir, c’est de travailler à avoir un groupe et que Mathieu puisse en retirer les meilleurs éléments et les amener le plus loin possible. Là aussi où je suis content que Mewen et Enzo aient atteint leur objectif, c’est que ça montre à ces jeunes que c’est possible, que ce n’est pas de l’utopie. Je trouve ça bien aussi en termes de dynamique, ça veut dire qu’ils ont une carte à jouer et que c’est possible. Il faut absolument qu’ils se mettent dans la tête que s’ils font ce qu’on leur demande, c’est-à-dire s’entraîner correctement, être présent aux entraînements, etc. c’est possible pour Paris 2024.

On a la chance d’avoir un entraîneur connu et reconnu, maintenant, puisqu’il fera partie de la délégation française qui sera présente à Tokyo.

Cette réussite, elle signifie aussi auprès des nageurs et nageuses que l’encadrement qu’ils reçoivent est un encadrement qui fonctionne ?

On a la chance d’avoir un entraîneur connu et reconnu, maintenant, puisqu’il fera partie de la délégation française qui sera présente à Tokyo. C’est un signe fort. Cela veut dire que quand Mathieu vous donne un plan d’entraînement, il vaut mieux l’appliquer parce qu’il a de quoi montrer qu’il sait faire, qu’il connaît son métier. Et puis, il y a la dynamique d’avoir des jeunes qui peuvent pousser, vous emmener au-dessus de vos capacités, vous amener à vous transcender.

Au-delà de Mewen et Enzo, il y a eu d’autres belles performances aux championnats de France, des finales principales et des qualifications pour des compétitions internationales, c’est ce qui montre que ça pousse encore ?

Tout à fait, il y a une belle génération : Lou Hermel, une Amiénoise pure et dure, Mathilde Pruvot, Thomas Le Pape qui représente le futur, on compte beaucoup sur lui pour Paris 2024. Tout ça, ça impulse une dynamique. En tant que jeune président, j’espère que l’on va pouvoir emmener cette dynamique le plus haut possible pour nous faire vibrer et faire vibrer les Amiénois.

Un petit mot sur Maxime Grousset qui représente le club mais qui s’entraîne à l’INSEP : comment est le lien entre lui et le club ?

Le lien est important parce qu’il a été formé à Amiens. Après, il est parti à l’INSEP, c’est un choix, avec Michel, que je respecte. Maxime n’oublie pas Amiens. J’ai souvenir, à Chartres, qu’il est venu sur le stand du club pour féliciter Mewen et Enzo. Ça n’a pas de prix, au-delà des contrats, c’est vraiment beau, ça montre qu’il aime le club et les nageurs amiénois. Après, c’est un choix de carrière. Ça va lui permettre de prendre un tremplin. J’ai toujours un peu de mal avec le fait qu’on ne le voit pas au quotidien, mais il représente haut les couleurs d’Amiens, et ça, c’est important. Je voudrais l’avoir quotidiennement avec moi mais ainsi va la vie. Je lui souhaite tout le bonheur, il le mérite, c’est quelqu’un de très bien. Il utilise sa formation amiénoise, il s’entraîne avec Michel Chrétien qui est un Amiénois, qui aime le club autant que moi.

Ce sont des gens qui, par le biais de la Fédération, ont opté pour une stratégie d’un espèce de groupe d’élite. Ils ont des résultats, je n’ai pas grand chose à dire. Maxime porte haut les couleurs d’Amiens et c’est ce qui m’importe.


Morgan Chaumier

Crédit photo : Léandre Leber – Gazettesports