MUAYTHAÏ : Le début des jours meilleurs

valentine roger muy thai
Ⓒ Gazette Sports
Publicité des articles du site GazetteSports

Alors que les restrictions sanitaires sont levées peu à peu, nous nous sommes entretenus avec Didier Jumel, du club Muaythaï Amiens, qui évoque pour nous l’année difficile qui vient de s’écouler.

Après cette année très particulière, on a envie de vous demander comment vous allez ?

Ça va moyen, moi personnellement j’ai pris du poids comme certains de mes élèves et le moral n’est pas terrible. On est l’un des sports qui reprend vraiment dans les derniers… Dans les sports de combat malheureusement on travaille proche, avec du contact. Donc on n’a longtemps pas pu s’entraîner comme on le voulait.

Et qu’en est-il des enfants, avaient-ils pu reprendre une activité ?

Les enfants et les moins de 18 ans avaient pu reprendre selon certaines dispositions oui. Avec les enfants je faisais des directs depuis le début du confinement, et quand le temps l’a permis, j’ai fait des cours en extérieur aussi. Sinon la reprise adulte était le 9 juin. Il n’y a que les pros qui pouvaient s’entraîner donc de temps en temps j’avais Valentine (ndlr : Roger) ou John (ndlr : Almeida). Valentine préparait une compétition, elle devait faire un combat au mois de juillet, qui est finalement reporté. Sinon elle préparait aussi une sélection pour rentrer en équipe de France.

Malgré cette reprise, la prudence est toujours de mise ?

Je ne vous cache pas que, moi, de toute façon, même avec les jeunes, je fais attention. Une personne sur deux met le masque : on travaille soit sur des boucliers soit sur des paos, et on a pris l’habitude que celui qui ne travaille pas mette le masque. Et pour les adultes c’est pareil, on reste prudent. La confiance a du mal à s’installer. Moi et mon fils, qui me donne un coup de main, on a tout le temps le masque. Les élèves aussi ont pris cette habitude et je pense qu’ils vont la garder un petit peu.

Avez-vous senti au cours de cette année, que certains adhérents avaient envie de « jeter l’éponge » ?

Oui, tout à fait. Pas seulement dans le club, mais je vois aussi des pros ou des gens sur Paris qui ont arrêté ou sont sur le point d’arrêter. Mais ce sont surtout les compétiteurs qui arrivent en fin de carrière on va dire.
Moi, ce qui m’embête aussi, c’est que j’avais des gens qui voulaient tester la compétition, qui étaient au club depuis plusieurs années, et qui arrivent à l’âge limite. On s’était préparé, on s’était inscrit à des compétitions et pour tous ces gens-là ça m’embête.

Avec l’année qui vient de s’écouler nous avons perdu 50% des adultes, la moitié ne sont pas revenus

Êtes-vous inquiet pour la suite, pour l’avenir du club ?

Oui, avec l’année qui vient de s’écouler nous avons perdu 50% des adultes, la moitié ne sont pas revenus. Il y a une baisse chez les enfants et les ados aussi, mais moins flagrante.
Financièrement c’est également compliqué car on a loué à l’année la salle dans laquelle on s’entraîne pour, finalement, une très faible utilisation. Donc on paye des loyers mais derrière on n’a pas eu d’aides comme les gros clubs, donc voila pourquoi je suis inquiet.
J’espère qu’il n’y aura pas de quatrième vague, j’espère que la rentrée va bien se passer parce qu’on n’a pas les fonds pour tenir plus longtemps. On vit avec les cotisations des adhérents…

Habituellement vous êtes fermé durant l’été, cela va être le cas cette année ?

Non, on va ouvrir la moitié du temps cet été, on fait quinze jours en juillet (jusqu’au 16 juillet) et on fait aussi les quinze derniers jours d’août.
Sur les quinze jours de juillet ça sera surtout pour les adultes pour qui il y a eu beaucoup de cours ratés. Comme il y a cours midi et soir ça va leur permettre de revenir s’entraîner.

Pour ceux qui ont pu revenir, notamment les enfants, on imagine une grande joie ?

Complètement et pour les parents aussi, c’est incroyable. Comme je vous l’ai dit, on a gardé le contact car on faisait des directs, mais les enfants ne tiennent pas forcément devant l’écran. On a essayé de les amuser, de les intéresser en faisant des dessins, des devinettes, etc. Déjà en temps normal à la salle il faut les intéresser, là, en vidéo, c’était encore plus dur.
Mais les enfants sont super contents de reprendre et les parents aussi. Quand on les voit, on comprend le manque qu’il y avait et ça donne du baume au cœur.

Au cœur de cette période vous avez également créé une page TikTok ; pouvez-vous nous en parler ?

Ça, c’était plus pour moi, on va dire. Ça m’a permis de penser à autre chose, de délirer un petit peu. Certains élèves ont suivi cette page mais il y a aussi plein de gens extérieurs au club. Dessus, il y a aussi bien des enchaînements sur le muaythaï que des blagues. Le but c’était de faire rire aussi les gens.
Il y a de nouveaux abonnés presque tous les jours.



Propos recueillis par Quentin Ducrocq

Crédit photo DR