OMNISPORTS : Clap de fin pour Étouvie Solidaire

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Ce samedi 30 mai avait lieu la dernière édition de la saison d’Étouvie Solidaire. L’occasion de faire le bilan de l’opération.

C’est avec enthousiasme que Mohammed Oudji concluait ces deux mois d’Étouvie Solidaire. « Le bilan est positif », se réjouissait-il ainsi ce samedi à l’occasion de la dernière édition de la saison. Pour illustrer cela, il soulignait l’affluence moyenne lors de ces événements : « En général, on tourne entre 500 et 600 entrées à chaque édition. » Un constat et une satisfaction que partageait Clément Stengel, adjoint au maire chargé du secteur ouest dont fait partie le quartier : « Je pense que c’est un grand succès, on le voit au nombre de participants. » Pour lui, cette réussite « dit tout le besoin de nos concitoyens, après une dure année de pandémie, de se regrouper, de se retrouver autour d’associations qui font vivre le quartier et des valeurs de solidarité, d’amitié. »

C’est en cela que Clément Stengel voit dans ces événements, en quelque sorte « une opération test » qui « va essaimer » : « C’est le genre d’initiative qu’on sera amené à refaire, peut-être de manière plus répartie sur le quartier et sur le secteur. On a beaucoup de quartiers qui sont demandeurs d’activités de plein air. On l’a vu dans le contexte de pandémie, que tout ce qui était de plein air était possible, en respectant les gestes barrières et que ça permettait de retrouver un lien social que l’on avait perdu avec le confinement. » Surtout prenant l’exemple du jardinage, présenté ce samedi, du badminton ou du basket, l’adjoint au maire souligne que « ça peut être fait avec peu de moyens sur des installations qu’on a déjà et qui ne demandent qu’à vivre. Ça ne demande pas énormément en termes de moyens humains et de matériel, donc pourquoi ne pas faire vivre un petit peu plus les quartiers, notamment en s’appuyant sur le réseau associatif. »

Le seul point noir, finalement, restera donc l’annulation de deux rendez-vous lors de ce mois de mai à cause de conditions météorologiques défavorables.

En début de mois, une édition sport et santé

Avant cela, c’est une édition autour du sport et de la santé qui avait eu lieu le 8 mai. Thomas Ducrocq, du club Zazai Taekwondo, était notamment présent « pour aider les jeunes à évacuer leur frustration » proposant « beaucoup de travail sur les pao pour la puissance et sur les raquettes pour la précision. » Et pour lui, la présence de son club autour de la thématique du jour était naturelle car « il y a plusieurs vecteurs du sport-santé que l’on retrouve au taekwondo. Là, on a bien défoulé les enfants avec tout un travail de step, de vitesse de réaction, de frappes, donc il y a un véritable travail cardio. Il y a aussi tout un travail technique, qui va mobiliser les muscles. J’ai expliqué aux enfants que le muscle le plus important au taekwondo, ce sont les abdos, pour lever les jambes, c’est la contraction des abdos qui fait que ça monte. Ça joue aussi énormément sur le moral. Non seulement, ici, de se retrouver, d’échanger, mais aussi le fait que quand tu frappes, tu cries, ça libère de l’énergie, ça fait du bien. »

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Théone Adenet-Louvet était présent à Étouvie Solidaire le samedi 8 mai

Une édition qui était aussi marquée par la présence de Théone Adenet-Louvet qui nous affirmait sa volonté de changer beaucoup de choses dans sa carrière, en passant professionnel, en boxe anglaise, avec Bouziane Oudji et avec l’ambition d’« aller le plus loin possible au niveau national et international » évoquant tout particulièrement l’idée de « préparer un Championnat de France. » Au sujet de sa présence, il expliquait « avoir envie de donner l’exemple aux jeunes. Ils doivent avoir un représentant, un référent. Je pense que j’en suis un de la nouvelle génération. Donc je me dois d’être présent. »

Voir plus grand pour la dernière

Alors que l’événement suivant devait se concentrer sur les questions liées à l’environnement, sa double annulation pour cause de conditions météorologiques incertaines faisait de cette édition la dernière de la saison. L’occasion pour Mohammed Oudji de voir plus grand que cette seule thématique : « L’idée était de réunir une partie environnement avec un clean challenge dans le quartier Étouvie et une deuxième branche pour faire en sorte de sensibiliser les jeunes vis-à-vis des corps de métier qui viennent servir le bien commun, qui sont les pompiers, la police, la gendarmerie. C’est un événement inédit parce que c’est compliqué de réunir tous ces corps de métier, ils ont bien voulu jouer le jeu, avec également Ametis qui est présent pour montrer l’utilité des transports en commun. »

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Mohammed Oudji tenait à ce que les acteurs du service à la population comme Ametis soit présents pour cette dernière édition

Une idée qui lui est venu d’une intervention récente de Sébastien Chenu qui l’a « beaucoup touché. » Et pas en bien. En effet, à l’occasion d’un live Facebook depuis Étouvie, le candidat aux élections régionales pour le RN expliquait « qu’il était dans l’un des quartiers les plus dangereux de France où règnent les batailles de chiens, la prostitution et les trafics de drogue » et profitait, selon Mohammed Oudji, du fait « qu’une école catholique va fermer pour monter les gens les uns contre les autres à des fins personnelles avant les échéances régionales. » De là, la volonté de lui donner tort en faisant venir notamment la police pour échanger avec les jeunes du quartier Étouvie, car pour lui « ils sont là pour nous servir, pour servir le bien commun, je pense que les jeunes, il faut les sensibiliser, le leur expliquer. » Et c’est ainsi que le stand en question n’a pas désempli, attirant l’attention et la curiosité de « jeunes présents pour poser des questions. »

Côté environnement, on retrouvait notamment du jardinage avec Initi’elles et un spectacle d’Eric Chitcatt « pour sensibiliser les enfants à moins produire de déchets », mais également une opération de ramassage de déchets dans le quartier en lien avec la présence des Messagers du Tri d’Amiens Métropole dont l’action de sensibilisation en amont sur Étouvie Solidaire a permis cette initiative plus tard dans l’après-midi, comme nous le détaille Brahim : « On présente les différents déchets à mettre dans les différentes poubelles par le biais de petits jeux, de manière ludique pour les enfants. On se sert beaucoup des enfants pour véhiculer le message à la maison, auprès des parents. Pour ce qui est des enfants partis nettoyer le quartier, on leur a fait une sensibilisation. On leur a fait faire un petit jeu, ils ont tous eu bon, donc on les a laissé partir avec leurs animateurs et quand ils reviendront, on va voir s’ils ont bien compris. Mais je suis confiant ! » Enfin, on retrouvait un bon lien entre nature et sport avec un atelier Grimpe d’Arbre animé par ArboréSens, une réussite, la tyrolienne installé entre deux arbres de l’installation ne désemplissant pas.

Le sport, toujours, mais surtout un brassage réussi des activités

Car si cette dernière édition est peut-être celle qui a offert le plus de diversité des activités, le sport était encore et toujours bien présent. C’était notamment le cas de l’Amiens Métropole Natation, venu sur proposition de la mairie d’Amiens et qui « s’est dit que participer à un événement comme celui-là, sur un quartier tel qu’Étouvie pourrait être super. » « On participe à un partenariat avec la Fédération Française de Natation, poursuivait Jimmy Tureck, dans le cadre duquel on propose 10 séances gratuites sur l’apprentissage de la natation du fait qu’avec le covid, les enfants n’ont pas eu accès. C’est notre priorité que les enfants sachent nager. Donc c’est un peu pour ça qu’on est là, pour distribuer ces séances. » Était également présent l’Amiens Judo Santé Solidarité, qui jugeait par la voix de Florence Obel, enseignante diplômée d’État au sein de la structure, « important d’être là pour les enfants, qu’ils voient qu’il y a beaucoup d’associations qui sont là pour les amener au sport, à la culture. Et aussi faire découvrir nos disciplines, judo, mais aussi, jiu-jitsu, self-defense, karaté. »

C’est aussi en cela que Clément Stengel louait la réussite de l’événement : « Ça permet aussi aux clubs de se faire connaître de gens qui n’osent pas aller pousser la porte. » D’autant plus dans un contexte de brassage des associations et des stands qui permettent d’attirer des publics venus pour une autre activité. En effet, « ce n’est pas forcément parce qu’on fait une activité qu’on ne peut pas aller regarder ce qui se fait ailleurs et on n’a pas forcément l’idée si on n’est pas regroupé, vante l’élu amiénois. On n’est pas uniquement sportif, ou à travailler dans un service ou dans une entreprise. Si à l’occasion d’une pratique loisir, on peut s’intéresser à un avenir professionnel, on peut poser des questions, ça a un côté un peu agora qui n’est pas monothématique. Il y a un vrai lien qui se crée, c’est plutôt sympa. En France, on est parfois un peu trop cloisonné, on n’a pas tendance à se mélanger, là, c’est un peu l’idée, on mélange un peu toutes les activités et ça fonctionne plutôt bien ! »

Cela a fonctionné largement à la hauteur d’un Mohammed Oudji visiblement ravi qui résumait ces deux mois par ces quelques mots : « Ce qui fait la réussite, c’est la bonté des gens. Les associations, ce sont tous des bénévoles mais ils ont tous répondu présent. Et ça, ça me touche. » Positivement, cette fois.


Morgan Chaumier

Crédit photo : Eve Gourdain – Gazettesports