TENNIS : Une reprise sous le signe de l’optimisme pour l’AAC

Aac Tennis Itf Jeudi 0120 Leandre Leber Gazettesports
Ⓒ Dernière journée de l’ITF avant l’annonce de l’arrêt de la compétition le soir-même (jeu. 13 mars 2020)

Parmi les rares disciplines autorisées à reprendre leur activité depuis le début du déconfinement, on retrouve le tennis. Rencontre avec Olivia Cappelletti et Karla Mraz-Fourcroy afin d’en apprendre un peu plus sur cette reprise particulière au sein de l’AAC Tennis.

Les courts étaient tous réservés ce mercredi au club de l’AAC Tennis, mais tous occupés pour des oppositions en simple. En effet, la première règle de base pour une reprise efficace des amateurs de tennis, est de n’avoir que deux pratiquants par court sur une réservation d’une heure afin de se croiser le moins possible.

Olivia Cappelletti, professeure de tennis, était en pleine leçon avec deux jeunes joueuses ce jour-là : « les élèves n’ont pas le droit de toucher les balles », nous explique-t-elle, « chaque balle reste au sol à la fin de l’échange, et pour ce qui est du service on leur demande de porter un gant au moment de tenir la balle, autrement je m’occupe d’envoyer la balle en première pour lancer le jeu entre les deux joueurs. »

« En termes de fréquentation tout va pour le mieux »

De son côté, Karla Mraz-Fourcroys, directrice générale de l’AAC, nous explique les éléments mis en place au sein de la structure pour une reprise conforme au protocole sanitaire. « La reprise se passe très bien, notamment parce qu’on a du beau temps, tout d’abord ! Le protocole nous impose de n’utiliser que les courts extérieurs alors forcément ça aide d’avoir du soleil, mais nous avons également la chance d’avoir un club espacé et aéré : les courts en terre battue et ceux en dur sont très éloignés les uns des autres, c’est un gros avantage parce qu’ainsi les gens ne se croisent pas beaucoup. En termes de fréquentation tout va pour le mieux également, les réservations en ligne des courts sont bien prises, les gens jouent bien le jeu sur ce point. On est plutôt très contents et optimistes sur cette reprise et sur l’envie des adhérents de rejouer, prendre l’air et profiter des installations. Ils respectent également très bien les consignes, à savoir ne venir jouer qu’à deux puisque les doubles sont interdits et pour l’instant il n’y a pas eu de problème, les joueurs gardent leurs distances. Les courts sont assez spartiates, on n’a rien mis dessus, pas de bancs ni de piquets par exemple pour qu’il y ait le moins de contacts possible avec les objets. Maintenant les adhérents ont tout de même hâte de pouvoir reprendre un café au club, de profiter de la terrasse, mais on les fait patienter et ils sont plutôt contents de pouvoir déjà simplement jouer. »

Des adhérents ravis de retrouver les courts et la petite balle jaune dans le respect des règles donc, et ce peu importe l’âge ou la catégorie socio-professionnelle. En effet, Karla nous affirmait que les habitudes reprenaient doucement leur cours, avec « le matin plutôt les retraités, puis le midi on retrouve les actifs et en fin de journée les “familles” avec un enfant accompagné d’un parent qui viennent jouer. »

Si tous les extras tels que le club house, les vestiaires ou les sanitaires sont fermés au sein de la structure, le club reprend tranquillement ses activités habituelles avec néanmoins toujours cette obligation de devoir faire patienter ses licenciés en attente de reprise des cours : « il y a eu l’autorisation des cours particuliers en extérieur où chaque enseignant doit désinfecter son matériel, faire attention au ramassage des balles et à leur utilisation : seuls les enseignants sont habilités à ramasser les balles, il y a tout un protocole à respecter mais cela se fait bien, on le prend comme un jeu pour que ça devienne des habitudes plus naturelles. » 

Une bonne évolution déjà envisageable dans le futur

« Les grosses compétitions organisées aux niveaux départemental, régional et fédéral ont été annulées mais cela permettra aussi au club, lors d’une reprise plus complète, d’organiser en interne ses propres rencontres mais aussi de rattraper des cours. On pourrait ainsi repartir sur des tournois ou des animations à la journée. » Avec toujours cette touche de volonté, Karla Mraz ne perd pas son optimisme et reste donc confiante quant à l’avenir de l’AAC.

Cependant, l’impact causé par la crise sanitaire laissera également derrière lui des traces sur l’aspect financier et celles-ci ne pourront pas être totalement comblées selon la directrice : « une reprise anticipée contrairement aux autres disciplines ne compensera rien. Même si l’on a fait quelques “pass d’été” qui sont intéressants, ce sont plus des sécurités pour qu’il y ait une possibilité de prise de licence et d’adhérer au club mais on ne fait pas de marge là-dessus. Un club comme le nôtre est comparable à une petite PME puisque nous sommes en multi-activités de personnel également : on est touchés comme une PME parce que certains clubs ne travaillent qu’avec deux salariés par exemple, mais nous nous sommes bien plus et c’est une gestion différente. »

Si les précautions sanitaires imposées ne semblent pas déranger les habitués des courts de tennis, elles laissent même approcher quelques novices. En effet, Karla nous explique que des nouveaux venus se sont rapprochés du club à la fin de la période de confinement, « des personnes qui habitent par exemple autour du club et qui au début ne venaient que sur des locations ponctuelles, mais avec ce pass été ça les oblige à venir ne serait-ce qu’une fois par semaine et à prendre un rythme régulier. »

La directrice de l’AAC se veut d’ailleurs rassurante vis-à-vis de ces précautions et encourage les Amiénois à venir s’essayer au tennis : « le sport fait du bien, le tennis fait du bien, c’est bon pour la santé et le moral. Les quelques personnes qui ont adhéré récemment depuis quinze jours sont très satisfaites, ça leur fait du bien et ça leur permet aussi d’avoir une continuité, de faire quelque chose en famille. »




Océane Kronek

Crédits photo : Léandre Leber – Gazettesports.fr