SAUVETAGE SPORTIF : Fabien Plaisant : « C’est frustrant parce que l’on était sur une très bonne dynamique »

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Fabien Plaisant, responsable technique au sein d’Amiens Sauvetage, se confie sur la manière dont le club a géré cette période de confinement, sur les mesures de sécurité qu’il conviendra de prendre en vue d’une réouverture, ainsi que sur ses craintes pour la saison prochaine.

Bonjour Fabien, en cette période inédite, quelle est la situation actuelle du club ?

Le club est à l’arrêt, mais il y a un gros travail qui est fait au niveau de la structuration du club, de son organisation et pour la préparation de la suite des événements. On profite de ce temps libre pour préparer la suite et optimiser au mieux l’organisation du club. On a également un travail de suivi au niveau des sauveteurs. Tous les sauveteurs du club, par catégorie d’âge, reçoivent une vidéo par semaine pour du travail physique général. On a mit une continuité d’entraînement avec les deux équipes de sauveteurs de niveau national, les N1 et les N2. Ils ont un entraînement quotidien par visioconférence. On essaie de mettre en place des choses pour garder le suivi, garder le lien. Ça peut être compliqué parce qu’on est sur une activité aquatique.

Quelle a été la décision de la fédération, concernant les compétitions, et qu’est-ce que cela implique pour les nageurs et le club ?

La saison est terminée. On a encore un petit doute sur les championnats de France Côtier du mois de septembre. Il n’y a pas d’information officielle, il n’y a rien qui est sorti, mais je ne vois pas comment on pourrait espérer avoir des championnats de France au mois de septembre à l’heure actuelle. Je pense que c’est juste un manque de communication pour l’instant, parce que tout a été annulé : les championnats de France N1, les championnats de France N2, les coupes de France. Il y a interdiction pour toutes les compétitions, et il y a même eu report des championnats du Monde.

On se dit que sur ces catégories de jeunes, c’est du temps perdu qui ne sera pas rattrapé.

Pouvez-vous nous livrer un bilan de cette saison 2019/2020 ?

Frustrant. C’est frustrant parce que l’on était sur une très bonne dynamique, avec une montée en puissance de certains jeunes, et maintenant, on est un petit peu coupé dans l’élan. On se dit que sur ces catégories de jeunes, c’est du temps perdu qui ne sera pas rattrapé. Un petit peu déçu aussi sur les compétitions internationales. Parce qu’on a des compétitions internationales sur les catégories de jeunes. Mais on fera avec, on s’adaptera par rapport à cela.

Des mesures de sécurité pourraient-elles être mises en place en vu d’une réouverture du club ?

On travaille là-dessus. On attend les décisions du Premier Ministre, pour nous dire ce que l’on a droit, ou non, de faire. Nous, ça va être compliqué parce qu’on est dépendant des bâtiments municipaux. Alors, on a besoin d’endroits pour pouvoir fonctionner. On pourra le faire, mais ça va être limité. Donc, on attend avec impatience la réouverture des piscines, des parcs et des bases nautiques pour pouvoir aller s’entraîner en milieu aquatique. Avec les entraîneurs, on a également essayé de travailler sur le fait d’éclater au maximum les groupes. Tant que l’on n’est pas sur une situation normale, on travaillerait sur des catégories d’âge uniquement, pour pouvoir travailler avec des petits regroupements de 5 ou 6 personnes, et bien sûr, tout en appliquant les gestes barrières. Pour l’instant, on ne s’est pas encore projeté par rapport à cela. On ne sait pas sur quoi on va pouvoir aller. Mais, de toute manière, ce sera mis en place. Il faudra s’adapter aux règlements mis en place par les structures qui accueillent, que ce soit les piscines, ou les bases nautiques. On fera par rapport à ça.

J’ai peur qu’on perde des licenciés, des enfants, parce qu’il n’y a pas ce côté festif de fin de saison.

Qu’espérez-vous pour la saison prochaine ?

Je vais peut-être être négatif (rires), mais qu’elle soit la moins pire possible pour la vie du club. Parce que cette crise sanitaire est un moment de transition. J’ai peur qu’on perde des licenciés, des enfants, parce qu’il n’y a pas ce côté festif de fin de saison. Les enfants se sont préparés toute l’année pour le passage des bouées. C’est un parcours du sauveteur qui commence à la bouée blanche, le tout premier niveau, et qui va jusqu’à la bouée d’or, pour l’équivalent du BNSSA. Habituellement, on fait cela sur une après-midi festive, et on n’a pas pu le faire cette année. Alors, j’ai un petit peu peur par rapport à cela, mais aussi par rapport au recrutement, parce que toutes les animations que l’on pouvait avoir, comme les après-midis découverte, pour toucher les personnes et les faire venir vers le sauvetage, tout ça n’a pas pu être organisé. J’espère que la saison va pouvoir démarrer dans de bonnes conditions, et avec le plus d’effectifs possibles. Après, au niveau sportif, dès que l’on pourra, on redémarrera, et je pense que les jeunes ont envie. A la reprise, tout le monde sera au même niveau. Alors, sportivement, ça ne me fait pas plus peur que ça. Les jeunes vont s’adapter très vite. Tout ce qui aura été perdu sera compensé par l’envie de reprendre. Sur le haut-niveau, je ne suis pas très inquiet.

Un petit message à vos licenciés ?

On est en contact avec tous par mail, par visioconférence, ou sur les réseaux sociaux. J’espère qu’ils vont tous bien, que leurs familles vont bien. On essaie de leur donner des informations par mail, ou autres. Des vidéos ont été faites par nos jeunes. J’en avais des frissons de voir ça. J’ai trouvé qu’elles résumaient vraiment bien l’état d’esprit du club et des groupes nationaux. Je sais qu’ils ont hâte.

*cet entretien a été réalisé avant la fin du confinement





Angélique Guénot

Crédit photo : Léandre Leber – GazetteSports.fr