VOLLEY-BALL : Florentin Gerbet : « Je retiendrai aussi que c’est un club qui monte en puissance »

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Ⓒ Gazette Sports
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Speaker lors des matchs Elite, et gérant notamment la communication, les événements ainsi que les partenariats de l’Amiens Métropole Volley-Ball, Florentin Gerbet nous en apprend plus sur rôle en tant que chargé de développement du club.



Bonjour Florentin ! Peux-tu commencer par nous parler de toi ?

Je suis Florentin Gerbet, j’ai 24 ans, bientôt 25. Je suis passionné de sport depuis tout petit, mon sport principal était l’escrime. J’ai fait beaucoup d’escrime à niveau national, et un petit peu d’international aussi. J’ai fait du badminton, et après je me suis mis au volley. Et il se trouve que je suis tombé amoureux du volley-ball. J’étais parti en fac de sport, en STAPS sur Amiens. J’ai arrêté après l’obtention de ma licence, parce que je ne me voyais pas faire professeur d’EPS toute ma vie. Je voulais un diplôme qui me donne accès à plus de possibilités professionnelles derrière. Alors, je me suis réorienté en école de commerce version Sport. J’ai fait un master en sport business à Lille. J’étais en alternance. J’ai travaillé dans un premier temps au club de volley-ball à l’AMVB, j’ai fait une expérience de 5-6 mois à GazetteSports, et après j’ai fini au Crédit Agricole Brie Picardie, dans le service communication. Je travaillais notamment sur le partenariat entre la banque et le club de l’Amiens SC. Ça, c’était pour finaliser mon alternance. Puis, en fin d’année dernière, j’ai obtenu mon diplôme. Le club de volley-ball a ensuite fait une création de poste qu’ils m’ont proposée. J’ai accepté, et maintenant je suis à temps plein depuis septembre à l’AMVB.

Chargé de développement, ça comprend trois pôles. Le premier pôle qui est la communication, le deuxième pôle qui est l’événementiel et le troisième pôle qui est les partenariats.


Quel est ton rôle au sein de l’AMVB ?

Je suis chargé de développement. J’ai repris un petit peu toutes les missions que je pouvais avoir quand j’étais en alternance, mais avec encore plus de responsabilités et plus d’impact, puisque j’y suis à plein temps. Chargé de développement, ça comprend trois pôles. Le premier pôle qui est la communication, le deuxième pôle qui est l’événementiel et le troisième pôle qui est les partenariats. Dans la communication, ça peut être tout ce qui est traditionnel. Concernant les affiches de match et les flyers, je vois avec le graphiste selon ce que je souhaite, mais cela peut être aussi le fait de communiquer auprès des partenaires, pour les inviter aux matchs, etc. Après, il y a aussi toute la communication digitale sur les réseaux sociaux. Il y a un petit peu d’édition photo, du montage vidéo. Je suis passionné de photographie et de vidéo. Je suis très amateur, mais j’adore ça. Donc, j’essaie d’apporter de l’originalité sur la page Facebook du club. Notamment, je pense qu’il n’y a pas beaucoup de club en Elite, en France, qui propose des contenus comme cela. Il y en a, évidemment. Mais il n’y en a pas beaucoup qui propose des vidéos, par exemple. L’année dernière, j’avais suivi l’équipe de l’AMVB en finale de Coupe de France, à Lyon. J’avais fait trois vlogs qui avaient super bien fonctionné. C’était un inside, un petit peu comme avaient pu faire les bleus lors de la Coupe du Monde. Et donc, je sortais un épisode par soir, je les suivais à Lyon et je dormais à l’hôtel avec eux. Sauf que moi, je ne dormais pas finalement, parce que je filmais toute la journée, et puis je faisais ensuite un montage pendant plusieurs heures à l’hôtel. C’était vachement sympa !

Après, concernant l’événementiel, c’est la gestion des bénévoles et aussi l’organisation de tous les événements du club. J’ai à charge une équipe d’une quinzaine de bénévoles. Ça, ça se développe bien dans le club. Les bénévoles sont très importants. Au club, on arrive à maintenir une bonne base de bénévoles qui sont super contents d’être là. On essaie de les valoriser au maximum, en leur offrant par exemple des bouquets de fleurs, en les emmenant au bowling. On essaie de passer des moments avec eux en dehors du club. Mais donc, il faut savoir manager ces personnes. Ce n’est pas toujours évident, mais cela se fait bien. J’avais une certaine crainte, étant donné que je suis encore junior. Mais je pense que j’ai cette fibre sociale qui m’aide, et ça marche super bien. Et ça, j’en suis super content. Ensuite, pour les événements du club, je pense surtout aux matchs Elite. J’ai fait le choix des musiques qui passent lors des matchs, j’ai programmé les lumières, j’ai décidé de l’emplacement de l’espace VIP, de l’ordre des panneaux sponsors sur le terrain, de faire le speaker au micro. C’est moi qui ai décidé de ce que l’on vendait à la buvette, à tel tarif, etc. Et on se concerte aussi beaucoup avec les bénévoles. Évidemment, je ne prends pas toutes les décisions.

Et puis enfin, concernant les partenariats, il faut savoir que les partenaires sont super importants aussi pour un club. Et comme on n’est pas un club professionnel, pas comme les Gothiques ou l’Amiens SC, ce n’est pas toujours évident, mais on essaie de faire au mieux, et on est sur la bonne voie. Quand on regarde, il y a deux ou trois ans en arrière, on n’avait pas autant de partenaires, et surtout pas autant de partenaires engagés, qui viennent nous voir aux matchs, qui suivent vraiment l’aventure de l’AMVB. Et là, on commence vraiment à mettre en route la machine, et ça commence à prendre forme.

Donc voilà, c’est finalement un poste à plusieurs casquettes. On a appelé cela chargé de développement parce que, globalement, tout ce que j’essaie de faire au club, c’est dans le but de le développer, de le faire grandir


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Pourquoi avoir choisi ce club ?

Je suis arrivé à l’AMVB quand je cherchais une alternance, et en même temps, je commençais à m’intéresser à la pratique du volley-ball depuis plusieurs mois. Je trouvais ça vachement sympa. Et en fait, un de mes amis, qui jouait dans l’équipe Elite à l’époque, m’a dit de demander pour faire mon alternance au club. J’ai alors réfléchi, et c’est vrai que ce n’était pas bête parce que je ne me voyais pas être en rayon à Décathlon. J’ai des amis qui le font, c’est très bien aussi, mais ça ne me correspondait pas. Je voulais plus être sur du développement, et justement, je pense que c’est cet aspect où il y a plein de choses différentes à découvrir et à apprendre qui m’a attiré au club de volley-ball. Je ne voulais pas arriver dans une structure et être juste un petit pion. Je voulais vraiment apporter quelque chose, et développer avec tout ce que je pouvais donner. Du coup, j’ai proposé à l’AMVB de faire mon alternance chez eux. J’ai choisi l’AMVB parce que je savais que j’allais pouvoir vite développer mes compétences, je savais que ça serait plus riche pour moi en terme d’apprentissage. Je savais que j’apprendrais plus vite là-bas, en ayant plein de choses à faire et à créer

On essaie de proposer quelque chose de plus professionnel.


Quels sont les projets qui a été mis en œuvre pour le développement du club ?

Je pense qu’un gros travail a été fait sur la communication. Quand je suis arrivé au club, je ne sais plus à combien nous étions sur la page Facebook, mais maintenant, on a atteint les plus de 6000 abonnés. J’ai essayé de mettre en avant l’équipe première, mais aussi tout le reste. Et puis aussi, il y a eu un travail sur l’événementiel aussi. Cela passe d’abord par le fait d’avoir essayé d’avoir le Coliseum. Chose que l’on a maintenant pour quasiment tous nos matchs. On a apporté un petit peu de spectacle, notamment avec le speaking, la musique, les interactions avec le public en faisant gagner des menus fast-food, des choses comme cela. Contrairement à avant, on essaie de proposer quelque chose de plus professionnel, et cela même si on n’est pas une équipe professionnelle puisqu’on est aujourd’hui en Elite, une division qui est considérée comme amateur. Alors, comment j’ai pu développer le club ? En faisant de la communication, un peu de spectacle lors des rencontres Elite, et puis en parlant de tout le monde au club. Que ce soit les jeunes ou les tout petits. J’ai fait des vidéos pour le Baby Mouv quand on faisait les samedi d’Halloween, les samedi de Noël, etc. Et sur les partenaires, en essayant d’être un petit peu plus différenciant. On a tourné quelques clips promotionnels pour quelques uns de nos partenaires. Le cabinet d’Avocat Stéphane Diboundje, ou Géovisions, et ça ce sont des choses que l’on ne proposait pas avant. On essaie de se professionnaliser en fait, tout simplement. Et c’est comme cela que j’ai essayé de développer l’AMVB, et de les aider. En essayant de faire en sorte que le club devienne de plus en plus professionnel dans ce qu’il propose

Quels autres projets aimerais-tu mettre en place ?

Il y a une chose que l’on devait faire cette saison, et que l’on n’a pas pu parce qu’on devait le faire sur la fin de saison. J’avais pour idée de faire des parrainages de match. C’est-à-dire qu’un partenaire parraine un match, et ce match est alors à son nom. Si je prends l’exemple d’un de nos partenaires, cela serait par exemple « CAFPI vous présente le match Amiens-Marseille au Coliseum ». Le partenaire a ensuite le droit à 20 places en VIP, si il souhaite il a à sa disposition une petite salle privée pour lui et ses clients ou collaborateurs. Voilà, c’est du parrainage de match. Cela peut être intéressant pour les partenaires. Ensuite, il y a notamment l’idée d’organiser un tournoi AMVB ouvert à tous. On fait déjà un tournoi en début de saison, mais qui est réservé pour les équipes Elite et Nationale 2 pour préparer la saison. Et, pareil, on devait faire ce tournoi le 1er juin, et on l’a annulé. On n’avait même pas encore communiqué dessus, mais normalement la première édition était censée être cette année. Il était prévu de faire un tournoi 4×4 mixte. Et ça, j’aurais aimé le faire au club. Enfin, il faudrait communiquer encore plus, et chercher encore plus de partenaires

Qu’est-ce-que cette expérience en tant que chargé de développement à l’AMVB t’a apporté ?

De nombreuses compétences, parce que quand tu touches à beaucoup de choses comme ça, tu apprends vite. Ça a développé plusieurs compétences, alors que si j’avais été dans une autre entreprise, peut-être que j’aurais été ciblé sur un seul domaine. Je ne suis peut-être pas expert dans une compétence, mais j’ai vraiment cet aspect de multi-casquettes qui me plaît. Après, je pense que ça m’a apporté aussi beaucoup d’autonomie. J’ai la chance de très bien m’entendre avec les dirigeants, et ils me font confiance. Ce n’était pas forcément le cas au début, mais lorsqu’ils ont vu que j’étais sérieux et engagé, ils m’ont donné leur confiance. Du coup, je suis très autonome, et je suis force de proposition. On me laisse beaucoup carte blanche. Si j’ai envie de mener un projet, je le présente au comité directeur du club, puis s’ils sont partants, je fonce. Donc voilà, beaucoup d’autonomie, d’organisation notamment. Je n’étais pas très organisé avant, et quand tu t’occupes de pas mal de choses comme cela et que tu as beaucoup de choses en tête, c’est bien de s’organiser. Enfin, ça a aussi renforcé ma confiance et ma sociabilité. Au début, si on m’avait mis avec un micro devant 1500 personnes, je n’aurais peut-être pas tenu le coup. Le fait de rencontrer des chefs d’entreprise, je pense que ça a aussi bien développé tout cela chez moi.

Qu’est-ce que tu retiens de ces années passées au sein du club ?

Je retiens beaucoup de positif. L’aspect humain, c’est l’une des premières choses qui me vient à l’esprit. Que ça soit avec les dirigeants, avec qui je m’entends très bien, ou avec tous les joueurs. Que ça soit les joueurs professionnels, ou autres. Les équipes féminines, les équipes seniors masculines, les jeunes, les bénévoles, etc. Si demain je pars du club, je vais repenser à tout cela, à ces personnes. Je retiendrai aussi toutes les belles soirées au Coliseum, le palmarès de l’équipe Elite, les finales de Coupe de France, à Paris. Il y a deux ans, on avait un car et on avait emmené une centaine de supporters gratuitement à Paris. On leur a payé les places, l’aller-retour en car, etc. Ça, ce sont des belles expériences. Les deux Coupes de France. Que ça soit à Paris ou la deuxième à Lyon, où j’ai suivi plus personnellement, en inside vidéo, l’équipe. Donc ça, c’est ce que je retiendrai aussi. Après, le club est toujours en croissance. On continue de se développer, d’avoir de plus en plus de partenaires, etc. Donc, je retiendrai aussi que c’est un club qui monte en puissance.

Dans 10 ans, je le vois comme le troisième sport de la métropole amiénoise, en ligue professionnelle.


Comment imagines-tu le club dans 10 ans ?

Dans 10 ans, je l’imagine plus structuré, avec encore plus de monde. Dans 10 ans, je le vois comme le troisième sport de la métropole amiénoise, en ligue professionnelle. Peut-être pas en Pro A, mais peut-être une bonne Pro B. Ça me semble envisageable. Je pense que d’ici quelques années, le club pourra monter en Pro B.

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Quel est, selon toi, le plus beau projet qui a pu être mis en place au cours de ces années à l’AMVB ?

Le plus beau projet, je pense que c’est l’un des projets sur lequel on travaille en ce moment. Pour remettre les choses dans leur contexte, il faut rappeler que l’on est, à la base, une des plus vieilles associations du quartier nord. Le public que l’on a, notamment nos licenciés, sont majoritairement des personnes issues du quartier. La plupart de nos jeunes sont des jeunes qui font face à diverses contraintes, qu’elles soient d’ordre social ou économique. L’idée de ce projet est partie du constat que certains de nos jeunes n’ont pas eu la chance de voyager, parce que de nos jours, voyager est un luxe. Cela coûte cher. Alors, on voulait faire voyager nos jeunes. Et je sais que, bien avant que j’arrive au club, Ahmed Nouaour a emmené plusieurs fois les jeunes du club aux Estivales de Volley, sur des rassemblements de beach-volley, etc. Et là, cet été, on est sur le projet d’un voyage en Croatie. On voudrait emmener nos jeunes là-bas, du 10 au 20 juillet. Le projet est bouclé. Normalement, c’est bon. Après, avec la situation actuelle, on n’est pas encore certain que cela pourra finalement aboutir. Mais, si ce n’est pas fait en juillet, ce sera en octobre, aux vacances de la Toussaint. Et ça, pour moi, c’est le plus beau projet du club parce que ça va donner cette chance extraordinaire aux jeunes de pouvoir sortir des frontières du quartier, mais en plus de cela, ça va leur permettre de découvrir un nouveau pays et d’autres jeunes. Parce que l’objectif est de faire un échange avec un club local en Croatie, et de faire un séjour durant lequel on va jouer au beach-volley, etc. En plus de ça, la majorité des jeunes que l’on emmène sont des jeunes qui sont investis dans le club depuis plusieurs années, et la plupart d’entre eux sont bénévoles. Ils nous aident par exemple à la mise en place, le samedi, pour les matchs Elite. Je pense notamment à un jeune de 18 ans qui emmènent les tout petits en compétition, avec le minibus. Alors, c’est une façon de les remercier, et c’est ce qui est beau dans ce projet.

L’idée, c’est de proposer une activité aux jeunes femmes qui n’en ont pas, et de faciliter l’accès au sport.


D’autres projets à venir ?

Il y d’autres projets, notamment l’intégration des jeunes filles de quartier dans le sport. Cela part du même constat que celui du projet de voyage en Croatie. Les personnes de quartier n’ont pas toujours la possibilité de se payer une licence dans un club sportif, et les jeunes filles n’ont pas forcément toujours des facilités pour se déplacer jusqu’au gymnase. Mais l’idée, c’est de proposer une activité aux jeunes femmes qui n’en ont pas, et de faciliter l’accès au sport. Le principe est d’aller chercher ces jeunes filles chez elles, avec les minibus du club, de les emmener au gymnase des 4 Chênes, et de leur proposer une activité physique de deux heures par semaine. L’idée est vraiment de leur faciliter l’accès au sport. Et cela va passer aussi par la réduction du prix de la licence. On essaiera de se démener pour leur offrir un survêtement floqué AMVB, pour qu’elles se sentent vraiment investie et membre du club.

Quels sont tes objectifs à venir, sur le plan personnel et professionnel ?

Sur le plan personnel, c’est de continuer à m’épanouir dans tout ce que je fais. Moi, mes centres d’intérêts c’est le sport, le voyage et les amis. Donc, continuer à faire des rencontres, continuer à pratiquer mes sports, du volley, de l’escrime, du badminton. Voilà, continuer à m’épanouir dans ces domaines, que ce soit humainement ou au niveau sportif. Puis, sur le plan professionnel, j’ai envie d’aventure. c’est essayer de continuer à développer mes compétences. J’ai une vision un petit peu entrepreneuriale, donc à terme, j’aimerais monter un petit truc de mon côté. Je créerai quelque chose, c’est sûr. Là, je me forme tranquillement auprès de différentes structures, comme j’ai déjà pu le faire. Pour l’année prochaine, je ne sais pas où je serai, comme je ne sais pas où je serai dans 5 ans, ni dans 10 ans. Je ne sais pas si je serai encore au club l’année prochaine, on verra selon ce que je décide. Mais je vais tout faire pour découvrir un maximum de choses, et me former dans un maximum de domaines, et cela toujours en restant sur ce côté communication/événementiel.

Qu’aimerais-tu dire aux membres du club ?

Je remercie tout le monde. Tout simplement. Que ça soit la direction du club, ou les licenciés ou même les bénévoles, je remercie tout le monde parce que chacun apporte énormément. Que ça soit sur le plan professionnel ou personnel, et souvent les deux. Quand tu es dans un métier comme le mien où tu touches un petit peu au management, tu apprends beaucoup sur les deux plans, personnel et professionnel, et ça c’est super important. Donc voilà, je voudrais remercier tout le monde, et puis il faut continuer à se battre pour que l’AMVB fasse bonne figure sur la métropole amiénoise.





Angélique Guénot

Crédit photo : Droits Réservés

Publié par La Rédaction

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