BOXE : Jacques Bataille enfin reconnu dans sa ville

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Enfin, Jacques Bataille a une salle de boxe qui porte son nom à Amiens.

Et ce n’est que justice car si je n’ai pas eu la chance de connaître le boxeur, du moins ai-je approché et apprécié l’homme et le professeur de boxe qui venait chaque soir à la salle située rue Caumartin et donnait la leçon à Jean Claude Lafarge qui fut son élève le plus constant. Je crois  même me rappeler que tous deux étaient employés dans la même entreprise  à la zone industrielle.

Je n’ai pas connu Jacques Bataille boxeur mais jeune étudiant à la cité scolaire d’Amiens. Un jour du mois d’août 1958, je suis allé rendre visite à Jacques. Il résidait  dans ce qu’on appelle aujourd’hui le quartier Nord d’Amiens.

Une magnifique carrière

Durant plusieurs heures, Jacques m’a raconté sa carrière dont on a du mal à imaginer aujourd’hui. Elle a été brillante puisque figurent à son palmarès de 140 combats amateurs, un titre de champion d’Europe amateur en 1949 à Oslo, une victoire dans les célèbres Golden Gloves à Chicago, aux États-Unis.

Par contre, au plan professionnel, Jacques a échoué en 1953 pour le titre national  à Marseille contre Ray Grassi. Mais c’est son combat contre Raymond Famechon au cirque d’Amiens, plein comme un œuf qui a fait sa légende.

Quand je le rencontre  en cet été 1958, Jacques évoque un retour sur le ring. Il revient également sur ce combat contre Famechon dont je puis  affirmer qu’il reste dans le Gotha des grands combats depuis la guerre.   

« Contre Famechon, j’ai boxé avec un rein déplacé. J’ai fini sur les rotules. Ce que j’ai souffert ce jour là est inimaginable. Mais j’ai montré que j’avais du courage ».

Il devait ensuite souffrir de son poignet lors d’un combat à Rosendael et il dut alors rester deux ans sans boxer. C’est à cette période que je l’ai rencontré et Jacques savait qu’il était l’objet de certaines critiques ce qu’il n’appréciait pas, on le comprend.

« J’ai 29 ans et je ne suis pas fini m’avait-il déclaré. Regardez mon visage. Ai-je l’air d’un boxeur et d’un homme qui n’a pris que des coups douloureux ».

Ce jour là, et cela remonte à 60 ans, je me souviens avoir eu un Jacques Bataille qui devant un gamin de 16 ans, se laissait aller à des confidences.

C’est peut être après cet interview  que Jacques m’a fait confiance plus tard quand il s’occupait  de la carrière de Jean Claude Lafarge. Il ne montera plus jamais sur un ring mais n’abandonnera jamais le milieu de la boxe devenant l’entraîneur du club d’Amiens.

Décédé en 1981 (il était né le 20 septembre 1929, à Amiens), Jacques Bataille est enfin à l’honneur. Et ce n’est que justice.





Lionel  Herbet     

Crédit photo : Roland Sauval – Gazettesports.fr

Publié par Lionel Herbet

Journaliste historique du sport Picard et Amiénois. Lionel est la mémoire des plus grands exploits sportifs de la région.