AMHE : Faire revivre des arts martiaux tombés dans l’oubli

SamaroBellum
Ⓒ Gazette Sports

Depuis les années 1990, un engouement pour l’étude des Arts Martiaux Historiques Européens s’est fortement développé et désormais, un club amiénois les met en pratique.

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©SamaroBellum

La Fédération Française des Arts Martiaux Historiques Européens (AMHE) a été créée en 2011 et réunit plus de 75 associations pour près de 1500 pratiquants. L’une de ces associations existe à Amiens depuis tout juste une année sous le nom de SamaroBellum. Les cours ont d’ores et déjà reprit et l’instructeur, doué de septs ans d’expérience, transmet son savoir aux licenciés chaque dimanche matin au gymnase Edmond Rostand, de 9h30 à 12h. Il est à noter que le club accueille les jeunes à partir de 16 ans, et les adultes sans limite d’âge.

Une discipline basée sur l’étude de manuscrits anciens

Les AMHE consistent en l’étude et la mise en pratique de traditions martiales européennes anciennes. La discipline touche aux arts martiaux de toutes les époques, allant d’avant Rome jusqu’au 19ème siècle, qui ne font pas l’usage d’armes à feu ou d’armes de jet. Chaque association étudie un manuscrit différent. L’instructeur du SamaroBellum travaille sur le manuscrit de Fiore dei Liberi, un manuel de combat datant du 14ème siècle. Il s’agit du premier manuscrit à avoir été rédigé dans un but didactique et du seul à étudier toutes les étapes du combat, de manière complète (En partant du combat en armure à cheval, à la lutte au sol). En France, seulement cinq autres clubs l’étudient.

A l’époque, les maîtres d’armes étaient ceux qui se dotaient du niveau le plus élevé en terme de pratique des techniques de combat. A un rang en-dessous, nous retrouvions les prévôts d’armes, puis les instructeurs expérimentés. Disparus au 15ème siècle, les maîtres d’armes et les prévôts n’existent désormais plus. Aujourd’hui, il est seulement possible d’atteindre le statut d' »instructeur expérimenté ».

Comme les maîtres d’armes ne sont plus présents pour transmettre leurs connaissances, des textes datant d’il y a 500 ans sont alors interprétés pour pouvoir reproduire, le plus justement possible, les gestuelles de combat d’antan. Rédigé en vieux latin, allemand ou italien, il peut être parfois compliqué de saisir toutes les informations qu’offre un manuscrit.

Ainsi, chaque année, des colloques sont organisés avec tous les instructeurs de France afin qu’ils puissent comparer leur savoir. Personne n’a tort ou raison. Il va falloir se poser la question de : « Pourquoi telle gestuelle fonctionne ainsi, et pas de cette manière ? ». Les instructeurs vont ainsi chercher à trouver le cas où une technique ne fonctionnerait pas.

Ces colloques s’organisent depuis la création de la fédération. Avant cela, de 1990 à 2000, il n’y avait pas de symbiose, pas de correspondance entre les associations. Lorsque les colloques ont débuté, les associations se sont rendues compte que l’interprétation d’un même manuscrit pouvait profondément différer et ainsi, les techniques apprises divergeaient. Ces réunions ont alors permis, et continuent à permettre, de procéder à des corrections.

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Fête médiévale de Bapaume, 2019 / ©SamaroBellum

Des compétitions nationales et européennes d’AMHE

Au vu de sa récence, le SamaroBellum ne concoure pour le moment pas à des compétitions, mais aspire à participer à des petites compétitions régionales, locales ou inter-clubs prochainement. En effet, le club a été créé l’année dernière, les licenciés n’ont alors pas encore assez d’expérience. L’instructeur souhaite leur donner toutes les clés pour pouvoir aborder les compétitions plus sereinement : « Peut-être qu’en fin de deuxième année, ils seront capables d’aller sur des petites compétitions régionales, locales ou inter-clubs, pour pouvoir se jauger avant de passer à la France et à l’Europe ».

Pour le moment, il existe deux tournois français et un tournoi européen. La version compétition se développe depuis environ 4 ans. Et de ce développement, découlent des équipements modernes. Les armes d’entraînement s’améliorent. Auparavant, les épées étaient fabriquaient à partir d’un plastique souple, peu lourd. Aujourd’hui, le plastique est beaucoup plus dur, avec le poids d’une épée réelle. Il existe notamment des épées dentelées, etc. Ces améliorations constantes sont la preuve que la discipline est en plein essor.

Des prestations lors de fêtes médiévales

De avril à octobre, une à deux fois par mois, le SamaroBellum participe à des fêtes médiévales pour procéder à des démonstrations en public et initier les intéressés. Notamment, cette participation a un but plus éducatif en faisant découvrir l’histoire des mercenaires amiénois que l’on appelait les « Bande de Picardie ».

En effet, au 13ème siècle, Amiens se dotait de guerriers extrêmement forts, redoutés et indisciplinés qui ont été le premier régiment d’infanterie française. Un régiment qui existe toujours aujourd’hui et qui porte le nom de « Régiment Picard ». Une belle histoire de la ville qui donne davantage de sens au désir de renouer avec le passé par le biais des AMHE.



Pour plus d’informations, rendez-vous sur la page Facebook ou le site Internet du SamaroBellum.




Angélique Guénot

Crédits photos : Droits Réservés