ROLLER HOCKEY : Les concepts de Jeremy Defossez

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Ⓒ Gazette Sports

Gazette sports est allé à la rencontre de Jeremy Defossez, joueur de roller-hockey, qui nous présente son activité au sein de Roller Hockey Concept. Une auto-entreprise qui peut répondre aux besoins des clubs, des joueurs ou encore des particuliers. Entretien.

Bonjour, pour commencer peux-tu te présenter ?

Je m’appelle Jeremy Defossez, j’ai 29 ans, je suis né à Amiens. J’ai commencé ce sport avec les Warriors de Camon en 96, ça ne s’appelait pas encore le Roller-Hockey mais le street-hockey. Ensuite j’ai intégré les Écureuils d’Amiens où j’ai fait toute ma jeunesse. A l’age de 16 ans j’ai intégré l’équipe Elite et après j’ai fini mes études durant une année à Rouen où j’ai également évolué dans cette division. Ensuite je suis parti à Pont de Metz où j’ai entraîné les jeunes à mi-temps sur un 20h et je jouais en même temps en N1. C’est là que j’ai fondé mon auto-entreprise : Roller Hockey Concept.

Roller Hockey Concept, qu’est ce que c’est ?

Alors c’est une auto entreprise qui est dédiée au développement du roller et du roller hockey. Quand je l’ai crée en  2012, je trouvais qu’il y avait un problème de développement dans le roller hockey, on a plein de clubs mais on n’a pas d’entraîneurs dans ces clubs. Donc je me suis dit que je pouvais bouger dans les clubs, filer des coup de pouces et en même temps faire des stages ou donner des formations d’entraîneur. Ça me permettait de compléter mes semaines et partager mon savoir avec des gens qui voulaient entraîner mais qui n’avaient pas forcément le temps de passer les diplômes.

Un jour, en jouant au parc Saint Pierre avec des copains, on s’est fait repérer par une personne, qui nous a dit de venir nous entraîner avec Camon

Au départ comment en étais venu à pratiquer le roller hockey ?

Alors c’est très simple. Petit, je m’achète une planche de skate pour en faire rue Pierre-Rollin, la planche de skate fait une journée et elle casse en deux. Je demande alors à mes parents de m’acheter une paire de roller avec une crosse et une balle. J’avais quand même un lien avec la crosse car mes oncles étaient champion de France de hockey sur glace. Et un jour, en jouant au parc Saint Pierre avec des copains, on s’est fait repérer par une personne, qui nous a dit de venir nous entraîner avec Camon. Donc on est venus dans ce club, on a fait des matchs et après Amiens nous a appelé et on a monté un bon groupe là-bas.

Pourquoi être parti à Lyon, après tes expérience de coach avec les GreenFalcons ?

Ça faisait trois ans que j’étais à Pont-de-Metz, on avait fait des finales, on avait récolté des titres. Donc moi j’avais envie d’avancer professionnellement. Et il y a eu la coupe de France de Roller Hockey à Carpentier à Paris, où j’étais avec Roller Hockey Concept et j’ai fais un stand pour me présenter et présenter mon manuel d’entraîneur. Et à ce fameux stand il y a l’entraîneur Equipe de France qui était en formation avec moi, qui m’a présenté à des présidents de clubs. Et j’ai eu trois propositions : Bordeaux et Toulouse mais qui étaient toujours à mi-temps, pas très axés roller-hockey, et un temps-plein de proposé à Lyon, qui était beaucoup plus axé roller-hockey et qui me permettait de développer mon activité. Donc j’ai choisi cette offre.

Comment ça s’est passé quand tu es arrivé là-bas ?

Un peu dur au départ car j’étais là-bas tout seul, sans connaître personne. Mais je partais de rien et c’est ça qui m’intéressait, il y avait tout à développer et j’avais tout à y gagner. Les seniors étaient en N1, et dans le club j’avais des tâches que je ne connaissais pas : pérenniser un poste, avoir une école de roller. C’était un club multidisciplinaire donc il fallait que je touche au roller hockey mais aussi au roller pur.

On a réussi à monter quelque chose de solide en 6-7 ans, récompensé par deux titres de champion de France

Quel été ton rôle dans ce club ?

De 2013 à 2016 c’était uniquement avec les jeunes. Je suis arrivé là-bas il y avait zéro équipe, il fallait construire dans les différentes catégories. L’idée c’était de stabiliser le club sur un an ou deux et de se servir de l’école de roller pour ramener des jeunes dans les catégories. Et on a réussi à monter quelque chose de solide en 6-7 ans, récompensé par deux titres de champion de France poussins et benjamins et des finales en minimes et cadets.

Et pour ce qui est de l’équipe senior ?

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Nous étions en N1 jusqu’en 2017 et suite à de nombreux départs de joueurs, on se retrouve à devoir faire un choix entre rester en N1 avec seulement deux joueurs qui restent ou repartir de plus bas en N3. On a fait le choix de repartir de N3 et je me suis proposé comme entraîneur-joueur. On a réussi à faire vice-champion de France de N3 et on est remontés en N2.

Aujourd’hui, pourquoi être revenu à Amiens ?

Il y a des raisons familiales et en réfléchissant bien c’était le moment de partir sur deux titres. C’était le moment de savoir si je pouvais fonctionner à 100% avec mon auto-entreprise, si je peux en vivre.

Dans quelle optique es-tu actuellement ?

Je bosse quand je peux sur les stages durant les vacances scolaires comme j’ai fait à Moreuil. Là l’optique c’est vraiment de m’occuper de la famille jusqu’à septembre prochain. Pendant les vacances scolaires je ne ferme pas la porte, je vais certainement faire un stage aux vacances de Noël à Moreuil, j’ai déjà mes vacances quasiment complètes pour février et Pâques aussi. J’ai pas mal de demandes, mais ne bosser que durant les vacances ça me va bien pour le moment.

Qu’est ce que tu proposes concrètement ?

Pour faire très simple on a un panel de plusieurs concepts mais ceux qui sont le plus demandés sont les stages ou les camps. Pour les camps, ce sont souvent des équipes qui ont un besoin auquel je vais répondre. Sur un stage on est avec une catégorie et c’est plus général pour développer le champ de compétences de tous les joueurs, c’est un travail différent. Il y a également le coaching à distance, où je vais préparer un cycle de travail, des entraînements, pour une personne qui souhaite être aidée pour entraîner. Sinon je viens de terminer une formation de prepa mentale et je vais entamer une autre de prepa physique, ce sont des concepts qui vont donc arriver par la suite. Je peux aussi aider des joueurs sur des cours particuliers : dix séances sur le tir, la technique ou le patinage. Donc je m’adresse autant aux clubs qu’aux particuliers.

Le but c’est de développer encore ce sport dans la région, on peut faire quelque chose de bien ici

Par la suite ça peut te tenter de reprendre une mission dans un club avec des jeunes ?

Moreuil m’a déjà demandé de venir entraîner régulièrement le jeudi soir les benjamins et les minimes, après ils ne m’ont pas parlé de suivi en match. Moi faire quatre à cinq heures par semaine ça peut se faire. À terme il y a des gamins, des équipes de jeunes qui attendent de se faire former, le but c’est de développer encore ce sport dans la région, on peut faire quelque chose de bien ici.

Roller Hockey Concept est compatible avec le fait de gérer une équipe senior de haut niveau en même temps ?

Tout à fait, sincèrement aujourd’hui je ne sais pas vers quoi je vais tendre, je vais écrire le manuel et essayer de voir si je peux vivre de mon activité, si je peux compléter avec la ligue ou un club.

D’un point de vue générale, tu dirais que le roller-hockey se porte comment en France ?

Plutôt bien, là au World Game à Barcelone on a eu une médaille de bronze avec l’Equipe de France. C’est positif, en plus des jeunes arrivent derrière l’ancienne génération donc le roller hockey se porte plutôt bien. Les licenciés augmentent chaque année, on est pas loin de la barre des 17 000 en sachant que le hockey sur glace est à 20 000. Nous on peut pratiquer un peu partout dans les gymnases, même si le matériel reste coûteux, les licences sont à des prix abordables, donc c’est un avantage.

Qu’est-ce qu’il manque au roller-hockey selon toi ?

Il manque vraiment un coup de pouce de la fédération. Je pense que si le roller hockey veut un jour fonctionner il faudra se détacher, comme le hockey sur glace a pu le faire. La fédération n’aide pas beaucoup les clubs, des décisions sont prises sans aucun contact avec les acteurs de notre sport (présidents, entraîneurs et joueurs). Je prends un exemple, cette année le championnat junior a été retiré avec peu d’explication. Idem, il y a quelques saisons, le championnat de France Poussins avait été supprimé pour faire des championnats uniquement en régional, puis finalement on revient à nouveau sur un championnat de France Poussin… Beaucoup de temps et d’énergie perdu, mais également des bénévoles ou des cadres de notre discipline qui ont lâché.

Veux-tu ajouter quelque chose pour terminer ?

Merci à Gazette Sports pour cet entretien et surtout de laisser la place de m’exprimer sur notre sport et mon parcours. Je souhaite une belle saison à tous les acteurs de notre sport. Concernant Roller Hockey Concept il est très simple de me contacter par téléphone ( ndlr : 07 66 78 81 37 ) ou par facebook pour organiser des stages, des formations ou tout autres concepts que nous proposons.

Propos recueillis par Quentin Ducrocq

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