FOOTBALL – Landry Matondo : « Il faut toujours se remettre en question »

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Landry Matondo n’est pas uniquement occupé par le projet L’Équipe 80. Il évolue toujours au sein de l’AC Amiens, et nous livre son regard sur le début de saison de son club.

Bonjour Landry, on va commencer tout de suite par des choses pas très agréables, c’est-à-dire évoquer ce début de saison compliqué. Comment vous l’analysez ?

Ça venait peut-être du fait que l’on ait cru que cela se passerait comme l’année dernière. On se disait peut-être qu’en l’Amiens AC, avec notre projet de jeu, les équipes nous craignaient et qu’on avait peut-être pas besoin de faire les efforts. Surtout qu’on avait bien travaillé. Ça paraît paradoxal parce que l’on avait fait une bonne préparation. Mais peut-être qu’on s’est dit que ça allait le faire. Mais ce n’est pas comme ça le football. Il faut toujours se remettre en question, à chaque match. Quand on croit que l’on est arrivés, c’est là où le ciel nous tombe sur la tête. On a eu du mal à commencer. Maintenant, cela fait deux matchs consécutifs que l’on gagne, j’espère que l’on va rester sur cette bonne lancée.

Le fait d’avoir beaucoup de joueurs d’expérience, ça doit aider à gérer ces durs moments où le groupe part peut-être dans la mauvaise direction, non ?

Oui, certainement. Il y a pas mal de joueurs qui ont évolué à des niveaux supérieurs. Ça aide dans les moments difficiles à ne pas se tirer dans les pattes. On arrive à un certain âge où on doit savoir travailler tous ensemble pour amener le club le plus haut possible. Surtout que c’était le projet, l’objectif. Il ne faut pas lâcher. C’est dans les moments difficiles que l’on voit qui sont les « hommes ». Par rapport à cela, on a la chance d’avoir, à différents postes, pas mal de joueurs qui ont de l’expérience. On peut s’attacher à cela.

A titre individuel, vous avez fait un passage sur le banc, comment est-ce que vous l’avez vécu ?

Clairement, je l’ai mal vécu. Après ce sont les choix du coach, il faut les respecter. Peut-être aussi que je ne faisais pas les efforts, que le coach attendait plus de moi. C’est sûrement vrai aussi. Après, à partir de là, je suis sur le banc, j’encourage mes équipiers et j’essaie de répondre présent quand le coach fait appel à moi. Même si ce n’est pas toujours facile d’être sur le banc parce qu’on a envie de jouer.

A quel autre moment de votre carrière pourriez-vous comparer ce passage difficile ?

A part la descente… Et encore, là, on fait le contraire. Même quand on est descendu, on fait un bon début de saison et c’est à la fin qu’on a eu plus de mal. Peut-être qu’en commençant mal, on aura le chemin inverse et qu’on terminera bien. Mais c’est la première fois que je connais un mauvais début de saison comme celui-là.

Est-ce que, justement, le fait que ce soit une situation singulière a engendré de l’inquiétude dans le vestiaire ou avez-vous toujours gardé confiance dans le fait que vous pouviez relancer la machine ?

De l’inquiétude, oui. Parce qu’il y a des matchs que l’on doit gagner que l’on perd. Il y a ce match où l’on prend 5 cartons rouges. C’était la première fois que ça nous arrivait, à tous. Et puis, on dit souvent que quand on ne peut pas gagner, il ne faut pas perdre, et sur certains matchs qu’on devait gagner, on arrivait même pas à faire au moins match nul. On arrivait pas à garder les résultats et on prenait beaucoup de buts. C’était ça mon inquiétude. Après, on savait aussi que l’on avait des bons joueurs, une bonne mentalité et de quoi redresser la barre.

Comment vous envisagez la suite après ces deux victoires ? Cela rebooste un peu, on imagine ?

Oui, c’est obligatoire. Après, il reste Beauvais, Feignies… On a trois gros matchs qui nous attendent. On va essayer de répondre présents pour savoir si on a les épaules pour ce genre de matchs. Surtout vu d’où l’on vient, on remonte la pente. Ce serait bien de gagner ces trois matchs pour pouvoir faire un truc dans ce championnat.

Parce que votre idée, c’est toujours de pouvoir faire quelque chose au championnat ?

Oui, clairement. On l’a toujours dit. C’est difficile parce que l’on a mal commencé, parce qu’il y a un peu de doutes dans les têtes. Mais en gagnant des matchs, la confiance revient donc pourquoi pas faire quelque chose dans ce championnat, effectivement.

Le fait qu’il y ait un groupe qui possède de nombreux éléments ayant un jour évolué à des niveaux supérieurs, c’est plutôt un atout du fait du niveau de ces joueurs ou un inconvénient du fait qu’il pourrait y avoir une démotivation à se retrouver à un niveau inférieur à ce qui a déjà été connu ?

Un peu des deux. Comme on a connu le « haut niveau », quand on arrive en N3… J’ai connu ça l’année passée. Il y a peut-être eu certains matchs où je me suis reposé sur mes acquis. Il peut y avoir une suffisance en se disant que ça va être facile parce qu’on a déjà joué à un niveau supérieur.

Je n’ai pas besoin d’être proche du coach pour être à l’aise

Après, quand on était en N2, on jouait le maintien. La N3, je me disais, est-ce que ce n’est pas reculer pour mieux sauter ? Et la saison dernière, même si on ne monte pas, on fait une bonne saison avec de très bons matchs. Cette année, on devrait confirmer et on ne le fait pas. On peut se demander si ça vient de nous. Peut-être qu’on ne se focalise pas sur les bonnes choses, sur l’arbitre, par exemple. On se prend énormément de cartons rouges et ça joue sur nos têtes. Il faut gommer ces petites erreurs. Et notre expérience doit nous permettre de nous focaliser uniquement sur le football et pas sur ce qu’il y a autour.

Cette expérience de longue durée à l’AC Amiens, ça implique que vous côtoyez le même coach depuis toutes ces années. Qu’est-ce que ça introduit comme relation avec un entraîneur quand elle dure aussi longtemps ?

Depuis 7 ans, elle n’a pas changé. Ça reste la relation de coach à joueur. Ce n’est pas un coach qui parle pas énormément. Quand c’est bien, il le dit, quand ce n’est pas bien, il le dit aussi. Après, je n’ai pas besoin d’être proche du coach pour être à l’aise. C’est une relation saine entre un entraîneur et un joueur.

Mais d’un point de vue des méthodes de travail, il n’y a pas certaines habitudes qui se créent, qui pourraient créer par exemple de la lassitude ?

On reste humains, donc forcément… C’est vrai que j’ai connu les entraînements qu’il fait depuis toutes ces années. Après, ce sont de très bons entraînements qui nous permettent de progresser. A chaque fois, on travaille un thème spécifique pour le week-end. J’aime bien les entraînements du coach et, même si j’ai pu les connaître avant, je progresse toujours autant.

Morgan Chaumier

Crédit photos : Kevin Devigne – Gazettesports