Raymond   Poulidor est toujours très populaire.

Lorsqu’il était coureur, Raymond Poulidor a rarement couru et encore moins gagné en Picardie. Depuis quelques années, il vient plus régulièrement et c’est ainsi que ce week-end, il se trouvait dans le département de la Somme.

Il est venu dédicacer le livre qui retrace sa carrière. C’est à Ham que nous l’avons rencontré mais il était venu auparavant à Longueau, Nesle, Roisel avant de se rendre en fin de journée à Amiens.

Premier constat : Raymond Poulidor qui va bientôt avoir 79 ans reste toujours très populaire.

Tous ceux qui l’approchent lui achètent le livre qui a été écrit par Jean-Paul Brouchon. Certains viennent avec photos, revues de presse ou de vieux Miroir Sprint. Et Raymond dédicace avec plaisir tous ces documents.

Sa mémoire est intacte. Il se rappelle sa jeunesse. Il était le dernier garçon d’une famille d’ouvriers et  à la maison , il effectuait des tâches habituellement réservées aux jeunes filles.

Raymond se souvient parfaitement de ses débuts, l’influence de son instituteur qui lui offre un vélo parce qu’il venait d’avoir son CAP, sa première victoire à Saint Léonard de Noblat et surtout  son unique  course   avec le grand Fausto Coppi, champion de légende.

Raymond Poulidor fait partie de cette génération de sportifs dont la carrière a été freinée par le service  militaire effectué en Algérie, dans le Constantinois. Durant cette période, Poupou n’a bénéficié d’aucune faveur et quand il est revenu chez lui, il était marqué par cette guerre. Chaque jour ou presque, certains de ses copains disparaissaient.

 Raymond est resté fidèle à la maison Mercier durant toute sa carrière professionnelle (18 ans). Il se souvient parfaitement de son directeur sportif Antonin Magne qui lui a appris les valeurs de la vie et c’est peut-être Tonin le Sage qui lui a fait comprendre que l’argent ne devait pas se dilapider.

D’où cette réputation de « radin » qu’il traine derrière lui depuis longtemps déjà.

Avec Raymond, il nous a paru intéressant de parler d’autre chose que des Tours de France et de sa carrière. Aujourd’hui, il est même plutôt heureux de n’avoir jamais gagné le Tour de France.

Sa gloire est venue parce qu’il fut l’éternel second. Aujourd’hui, il est fréquent de rappeler qu’un deuxième est un Poulidor qui s‘ignore comme cela est récemment arrivé lors de l’élection de Miss France.

Ce qui est après tout, inexact car tout de même, à son palmarès, figurent de belles victoires comme le Tour d’Espagne et Milan San –Remo.

Quant à sa popularité, elle reste intacte. Comment est-elle venue ? Raymond  ne le sait pas mais sa chute dans le Tour de France 1968 y a contribué tout comme son fameux duel avec Jacques Anquetil dans le Puy de Dôme en 1964. Cette popularité s’est transmise de génération en génération.

Ainsi, de jeunes femmes viennent le saluer et lui font remarquer que leur grand-mère étaient déjà des fans.  Comme le temps passe.

Au fait, nous rappelons que Ham n’est guère éloigné de Noyon, la ville dans laquelle réside Sophie Moressée, champion olympique mais surtout aujourd’hui employée au Crédit Lyonnais, la  Société qui est partenaire du Maillot Jaune.

« Oui, c’est ma patronne » souligne Raymond qu’on voit en jaune sur le Tour.

Au fait, à moins d’un gros pépin, Raymond Poulidor sera en juillet au départ de son 54e Tour de France. Nous le reverrons ainsi en Picardie et plus particulièrement à Amiens et Abbeville.

Lionel HERBET




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