BOXE – Ouissam Hattab : « Je boxais pour mon père, je ne pouvais pas perdre »

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BOXE – Ouissam Hattab : « Je boxais pour mon père, je ne pouvais pas perdre »

En marge du championnat du monde W.B.F remporté par Christopher Sebire, le néo-professionnel  Ouissam Hattab, licencié à l’Amiénois Boxing Club, a gagné son combat face au pugiliste sous licence serbe, Endersley Miranda. Une première sortie satisfaisante aux yeux du principal intéressé, qui appréhende toujours la boxe comme un loisir et un moyen de répandre du bonheur autour de lui.

GazetteSports : C’était dur Ouissam…

Ouissam Hattab : Oui les premiers rounds étaient difficiles mais c’était mon retour, ça faisait plus de deux ans que je n’avais pas remis les gants. Je suis passé en professionnel en plus, et mon adversaire était coriace, même s’il sortait de deux combats pour deux défaites. Je ne voulais pas aller trop au combat car je savais qu’il avait une petite frappe, il balançait des crochets assez larges, je ne voulais absolument pas les prendre. J’ai donc joué la technique, travaillé discrètement, j’ai travaillé comme un loup en fait.

Au fil du combat, il a avancé de plus en plus, te forçant à boxer en reculant…

Je ne suis pas forcément fan de ce type de boxe, je préfère boxer en contre, je suis à l’inverse de mon adversaire, j’attends qu’il vienne vers moi pour le contrer. Après, il y a eu un moment où ça ne mettait pas de coups, il savait que j’étais assez rapide. A ce moment, j’avais tout Amiens qui criait mon nom, ce qui me donne de la force, j’étais obligé d’y aller. Du toute manière, s’il voulait gagner, il devait me tuer. Je ne suis pas mort, je suis en face de vous, cela veut dire qu’il a perdu. Je boxais pour mon père, je ne pouvais pas perdre, surtout chez moi, mon premier combat professionnel.

Tu avais dit que le premier coup était pour ton père, puis que tu allais te libérer au fil du combat, ce fut le cas ?

Oui, j’ai pensé à mon père à chaque frappe. Chaque round, je levais la tête au ciel afin qu’il me donne de la force, il me la donnait.

Tu pourrais boxer de nouveau en novembre…

Tout dépend de Sebire, s’il gagne la ceinture je pense qu’elle sera remise en jeu à la fin de l’année, pourquoi pas un combat alors. Après, j’attends un enfant, donc j’aimerais passer un peu de temps avec ma femme et puis manger un pot de glace (rire), j’ai un nouveau combat à faire avec le pot de glace.

Fin des privations…

Je n’ai pas vraiment fait de régime strict, j’ai suivi le programme d’un préparateur physique, je mangeais équilibré matin, midi et soir. Il n’y avait pas de repas où je ne mangeais pas. Un mois avant le combat, j’étais déjà au poids.

Tu as dû perdre une quinzaine de kilos, tu as senti une perte de puissance au début de ta préparation ?

Du tout, je prépare mon combat depuis début mars. J’ai donc perdu du poids progressivement, je n’ai pas voulu perdre beaucoup de poids en un temps limité, c’est très négatif.

Ça vous ouvre des perspectives ?

Je ne cherche même pas à faire des ceintures, j’ai ma vie, mon petit magasin, ma femme et mon enfant qui arrive bientôt, la boxe est un loisir à mes yeux. J’ai donc moins de pression que mon adversaire, j’ai le choix de boxer contrairement à certains qui boxent tous les week-ends. C’est un bonheur de faire mon premier combat professionnel lors d’un championnat du monde.

Ça ne donne pas envie de continuer, d’aller plus haut ?

Cela demande des sacrifices, je suis plus quelqu’un qui est dans le milieu des affaires, qui aime bien manger, je préfère appréhender la boxe pour faire plaisir à ma famille, à mes proches. Je prends la boxe avec du recul, j’arrive avec le sourire, je repars avec le sourire, je n’ai pas de pression particulière. Je ne me dis pas que si je perds, je ne pourrais pas faire un championnat, je conseille à tous les boxeurs de prendre la boxe comme un loisir. Qui mange de la boxe en France ? Les deux seuls qui ont mangé de la boxe sont Jean-Marc Mormeck et Brahim Asloum.

Un plaisir décuplé par l’arène qu’est le Cirque Jules-Verne… 

Totalement, c’est un truc de fou, j’en n’ai pas vraiment profité pendant le combat, j’étais vraiment concentré. Je suis resté un peu plus longtemps à la fin, je voulais regarder un peu, en profiter, c’est génial. On a le sentiment d’être dans une arène, d’être des gladiateurs.

Tes proches se sont fait entendre durant le combat, ça décuple tes forces pendant le combat ? 

Oui, totalement, tu as tes amis, ta famille, tes proches qui sont là, même des gens que tu croises rarement et qui scandent ton nom, c’est vraiment génial.

Propos recueillis par Romain PECHON




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