BOXE : Qui de Sebire ou Coggi écrira un peu plus sa propre histoire ?

Plus de vingt ans après, le Cirque Jules-Verne va renouer avec le noble art, ce samedi, à l’occasion du championnat du Monde W.B.F des super-légers, opposant le pensionnaire de l’Amiénois Boxing Club Christopher Sebire à l’Argentin Martin Antonio Coggi, tous deux challengers. A quatre jours du combat, les deux protagonistes étaient présents, ce mercredi, à l’hôtel Ibis à Amiens pour la traditionnelle conférence de presse.

Au-delà d’être historique sur le plan sportif – puisque c’est la première fois qu’un Amiénois briguera une ceinture mondiale – cette opposition l’est également de par les petites histoires qui pourraient bien entourer la grande, à savoir le sacre mondial de Christopher Sebire. Un événement qui a convaincu Guillaume Duflot, vice-président des sports d’Amiens Métropole, de prendre part à l’aventure, au nom de la collectivité, en mobilisant les ressources à sa disposition.

Une démarche commune

Il revenait dès lors à Dominique Georges, responsable du service des sports d’Amiens Métropole, de présenter les enjeux du combat et de la mobilisation de la collectivité. « Cette réunion est un peu une coproduction Amiens-Métropole Amiens-Boxe. Le public souhaitait que la boxe revienne au Cirque Jules-Verne, nous avons donc opté pour ce lieu, précisait-il en premier lieu. Je tiens à remercier Jérôme Fouache, à l’origine de ce projet. Ce combat sera équilibré, car il va opposer deux hommes sensiblement du même âge, ayant le même nombre de combats que de défaites. »

Guillaume Duflot lui emboîtait le pas afin de rappeler la riche histoire de la boxe à Amiens. « C’est un honneur d’organiser un Championnat du monde, qui plus est au Cirque Jules-Verne qui a accueilli tant de grands combats, remémorait-il. C’est un véritable retour aux sources pour y organiser un grand combat de boxe. C’est un premier Championnat du monde qui en appelle d’autres dans les années qui viennent. Amiens est une terre de boxe, nous allons continuer à aider la boxe et le club d’Amiens. »

Un retour aux sources à plus d’un titre

Pour l’occasion, la boxe reprend ses quartiers au Cirque Jules-Verne, 22 ans après le dernier gala organisé en ce lieu, une finale du Tournoi de France en 1994. Un temps d’attente beaucoup trop long aux yeux de Jérôme Fouache, entraîneur à l’Amiénois Boxing Club, qui militait pour l’organisation d’un tel gala depuis plusieurs années. « Boxer au cirque d’Amiens est particulier. Quand on parle de boxe à Amiens, on parle toujours du Cirque Jules-Verne, précisait-il. Pour ma part, c’est l’endroit parfait pour organiser un Championnat du monde. » Un retour aux sources à plus d’un titre, puisque Juan Martin Coggi, père de Martin Antonio, retrouvera également l’antre où il a vaincu l’Américain Jesse Williams en 1989, en qualité de champion du monde W.B.A des super-légers.

Un signe supplémentaire aux yeux de Jérôme Fouache qui souhaitait ardemment la tenue de ce combat entre Christopher Sebire et Martin Antonio Coggi. « A un moment, il y a eu l’opportunité de prendre un Italien ou un Espagnol à la place de Coggi, je n’ai pas voulu, je souhaitais Coggi, confiait avec ardeur l’entraîneur amiénois. L’histoire avec son père, ici à Amiens, est une belle histoire. Des gens qui vont venir au cirque, samedi, ont vu boxer le père en 1989. J’espère tout de même que l’histoire ne sera pas trop belle et qu’il ne l’emportera pas samedi. » Alors âgé de six ans, Martin Antonio ne garde que très peu de souvenirs de cet événement. « J’étais déjà venu en France en 1989 pour le combat de mon père. J’avais six ans, il ne m’en reste que quelques vagues souvenirs et aucun du combat en lui-même. »

Cette ceinture mondiale confirme aussi le retour définitif de Christopher Sebire à Amiens, un an après son combat au Coliseum. Formé à l’Amiénois Boxing Club, quadruple champion de France de boxe professionnelle entre 2007 et 2009, le natif de Rouen avait dû quitter le club amiénois en 2007 faute de budget pour organiser un championnat de France. Moins de dix ans plus tard, le poulain de Jérôme Fouache revient donc avec l’ambition de décrocher une ceinture mondiale. « J’ai une pression mais je sais la masquer, on est boxeur on ne peut pas se défiler, commentait le principal intéressé en toute pudeur. Une préparation n’est jamais parfaite mais si on commence à ne relever que le négatif, en se disant que ça aurait dû être fait avant, ce n’est pas constructif. Lui aussi il a dû attendre pour avoir ce combat. »

Deux boxeurs au style différent

Taiseux et modeste, Christopher Sebire ne s’est pas livré à la moindre envolée lyrique durant la conférence de presse. Plus enjoué et souriant, Martin Antonio Coggi a clairement affiché ses ambitions en rappelant qu’il n’était pas venu en terre samarienne pour faire du tourisme, et que « malgré le bon accueil et la personnalité sympathique de Christopher (Sebire, ndlr), [qu’il était] venu que pour gagner et repartir avec la ceinture de champion du monde ». Pour autant, point de provocation inutile d’un côté ou de l’autre durant la conférence de presse, juste l’évocation d’ambitions légitimes à l’aube d’un tel événement.

Cette différence de tempéraments devrait également se faire ressentir sur le ring, samedi soir. « Christopher est plus technique tandis que la frappe est plus du côté de Coggi, confiait Jérôme Fouache. Il est au courant que Coggi va tout donner d’entrée mais le combat dure douze rounds. Coggi est un gaucher, l’idéal est donc d’avancer dessus, surtout qu’il est en difficulté quand il doit reculer. Après il n’y a pas que la frappe et en matière de condition physique Christopher est très bien préparé. ». Un sentiment pleinement partagé par le pugiliste en question. « Boxer un gaucher ne me dérange pas, je sais m’adapter. La boxe, c’est 70% dans la tête, il ne faut pas se chercher d’excuses. Les petits détails peuvent être réglés jusqu’au dernier moment, même dix secondes avant d’entrer sur le ring. »

Quant aux critiques sur la valeur de ce championnat du Monde, Jérôme Fouache ne se défausse pas et concède même comprendre la teneur de celles-ci. « J’étais moi-même contre toutes ses fédérations intermédiaires, souhaitant plus de lisibilité dans la boxe, rappelait-il. C’est pourquoi, je mets plus en avant l’opposition que le titre. Mais je n’avais pas non plus le choix, Christopher étant bloqué partout ailleurs. » Quoi qu’il en soit, la confrontation s’annonce intéressante et serrée si l’on se fie à la lecture des palmarès des deux boxeurs. Si bien que les principaux concernés s’accordent pour dire que le combat devrait aller jusqu’à la limite des douze rounds. Réponse samedi aux alentours de 22h45. D’ici là, la pesée se déroulera comme de coutume la veille du combat, ce vendredi 21 octobre dès 18 heures à la brasserie Le Forum.

Romain PECHON




  • Rédacteur football. Vous suivrez avec moi toute l'actualité de l'Amiens SC au plus près de l'équipe pour sa première saison en L1.

    Laisser un commentaire