Juste après son collègue Grégory Poirier, Alain Pochat, le coach de l’Amiens SC, est venu en salle de presse. L’entraîneur appelé pour jouer le pompier de service n’a pu réussir dans son entreprise et il faut le mentionner, il n’a cherché aucune excuse et a simplement déclaré : « On m’avait fait venir pour éviter la relégation mais j’ai échoué. »
Alain Pochat ne semble pas être du style Dupraz, qui est habitué à sauver des clubs en perdition, car c’est plutôt un bâtisseur. Le nouvel homme fort du club (en attendant l’arrivée du directeur sportif en provenance de Boulogne) va dès maintenant s’atteler à une tâche immense : reconstruire tout l’édifice car les départs seront très importants et on peut se demander, parmi les joueurs ayant été sur le terrain contre le Red Star, combien seront encore en août prochain pour le départ de ce nouveau championnat que sera la L3. Une compétition qui sera gérée par la FFF avec des matches télévisés à des horaires pour le moment inconnus. Mais nous aurons le temps d’en reparler et, avant le déplacement de Saint-Étienne, nous évoquerons plusieurs thèmes comme le recrutement, qui sera important mais dans lequel il faudra être très calculateur car l’ASC ne roule plus hélas sur l’or. Une chose est sûre : Bernard Joannin sera toujours le patron, n’en déplaise à certains.

Alain Pochat n’en voulait absolument pas à ses joueurs après leur défaite contre le Red Star, à qui il a reconnu certes un mauvais départ, mais ensuite un tempérament combatif. À un certain moment, Alain Pochat, et il n’était pas le seul, a cru que ses joueurs allaient renverser la vapeur et faire basculer le match. « Depuis que j’ai pris l’équipe en mains, j’ai l’impression de vivre le même scénario à chaque match. Nous avons une fragilité défensive et nous démarrons très mal. Nous avons couru après le score et on a l’impression que l’équipe se réveille, qu’elle se met à jouer. Nous avons alors des temps très forts et nous revenons au score. Je pensais vraiment que nous avions la capacité de continuer, d’appuyer, de pousser et de, pourquoi pas, renverser la vapeur. Nous étions au courant du score à la mi-temps de Laval qui était mené à Troyes. Nous sommes rentrés 22 fois dans la surface adverse, sauf que nous n’avons pas le même nombre de tirs que le Red Star, qui a eu l’efficacité à l’image du 3e but. On n’a pas le droit de prendre des buts comme ça après une touche. C’est frustrant mais si nous en sommes là aujourd’hui, c’est qu’il y a des manques. »
Une analyse lucide du coach amiénois qui, à l’arrivée, au terme d’une saison catastrophique, voit l’ASC descendre en division inférieure, ce qui ne lui était plus arrivé depuis plus de douze ans. Un détail à méditer par tous ceux qui aiment le club : l’exemple du Red Star qui, rappelons-nous, avait été battu 3-0 à la Licorne par l’ASC lors de la première journée du championnat de la dernière saison et avait ensuite évité de justesse la relégation. Un an plus tard, ce même Red Star avec le même entraîneur, est dans le top 5 et s’apprête à jouer la montée en L1.
Lionel Herbet
Crédit photo : Théo Bégler – Gazettesports.fr

