SOUVENIRS : Deux mois avant sa mort, j’ai rencontré Jacques Anquetil

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Le 18 novembre 1987, alors qu’il n’avait que 53 ans, Jacques Anquetil, sûrement un des plus grands champions cyclistes que la France ait connus, décédait d’un cancer. Le champion normand avait hélas joué avec le feu et n’avait jamais pris soin de sa santé. Il payait sûrement au prix fort cette négligence. 

Le jour même où Jacques Anquetil nous quittait, je me trouvais à la Chaussée-Tirancourt, reçu par un passionné de cyclisme, M. Jean-Claude Richard. À la même table se trouvait sûrement l’équipier le plus fidèle de Jacques Anquetil, Jean Stablinski, qui fut champion du monde en 1962 mais aussi le dernier vainqueur du Tour de Picardie en 1965. Quand Jacques Anquetil est décédé, nous est revenue en mémoire la visite du quintuple vainqueur du Tour de France. Il était en effet l’invité d’honneur des Boucles du canton de Picquigny, une épreuve organisée par le club Samara UC, présidé par Jean-Claude Bulant.

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Chaque année, était invité un ancien vainqueur de la Grande Boucle. Avant le départ, les formalités administratives avaient lieu dans le village de Crouy-Saint-Pierre, mais c’est à la Chaussée-Tirancourt que j’ai eu la chance d’interviewer Jacques Anquetil grâce au maire André Sehet et ma première impression est qu’il était visiblement fatigué. Il semble bien que ces Boucles du canton de Picquigny à l’automne 87 aient été la dernière fois où Anquetil, par ailleurs directeur des équipes de France, s’était déplacé car il souffrait beaucoup. « J’aurais dû garder la chambre durant trois jours mais j’avais promis à M. Richard de venir. J’ai mal à ma jambe, j’ai de l’arthrose et je souffre », confiait-il alors. « Le cancer est une maladie qui se soigne comme une autre, il faut la démystifier. C’est avant tout le moral qui compte. C’est vrai que devant vous, je fais semblant et je souris, mais j’ai mal. Mais je ne vais pas pleurer devant les gens. » Jacques Anquetil nous avait aussi résumé en une phrase sa rivalité avec Raymond Poulidor : « Avant, la France était partagée entre nous deux, mais aujourd’hui ils sont tous derrière moi. » 

Lionel Herbet
Crédit photo : Théo Bégler – Gazettesports.fr (illustration)

Publié par Lionel Herbet

Journaliste historique du sport Picard et Amiénois. Lionel est la mémoire des plus grands exploits sportifs de la région.