Pendant plusieurs saisons, l’Amiens SC a fait illusion et, malgré un spectacle parfois discutable, a su tenir sa place en Ligue 2. Mais la pièce, qui a longtemps pu prendre la forme d’une comédie tant les décisions sur et en dehors du terrain ont parfois posé question, a fini par tourner à la tragédie, exactement dix ans après la montée en Ligue 2.
Rideau. C’est sans public et sans âme que le stade de la Licorne a été, pour la énième et dernière fois, le théâtre d’un drame pour les cœurs amiénois, ce samedi soir, contre le Red Star. L’épilogue d’une saison cauchemardesque qui avait pourtant correctement débuté et qui ne laissait pas présager d’un tel scénario. Durant le premier acte, peu après les trois coups, l’Amiens SC ne faisait pas vraiment le spectacle mais parvenait à prendre les trois points, surtout loin de ses bases, au Red Star, à Laval, à Nancy ou encore à Pau. Mais l’intrigue prenait en dramaturgie au fur et à mesure des semaines et la troupe de comédiens emmenée par Omar Daf à l’époque se retrouvait au bord de la zone rouge.
L’entracte de la trêve hivernale, ainsi que son mercato, devait permettre au collectif picard de se remettre à l’endroit. Par ses longues tirades en conférence de presse, début janvier, le président Bernard Joannin affirmait qu’il ne fallait pas céder à la panique et que tout serait fait pour renforcer un groupe en difficulté. Mais en coulisse, les dossiers n’avançaient pas et, au tournant du mois de janvier, l’ASC avait manqué l’occasion de se mettre à l’abri. Pire, il s’enlisait petit à petit au fond du classement. Les recrues tardives tentaient de jouer leur rôle mais aucune ne réussissait à endosser le costume du héros.
Les masques finissaient par tomber, Omar Daf aussi, Amiens n’était simplement pas au niveau et aucun chef d’orchestre, pas même le nouveau venu Alain Pochat, n’a réussi à mettre en scène le chapitre « maintien ». Une relégation comme fin prévisible d’une pièce insipide, dix ans après la remontée en Ligue 2 et neuf ans après le formidable coup de théâtre de la plus belle œuvre de l’histoire du club, intitulée « 96e ».
Simon Vasseur
Crédit photo : Théo Bégler – Gazettesports.fr

