Emmenée par le duo Abdellah Kharbouchi et son adjoint Noureddine Laroussi et poussée par sa force collective, l’US Camon a réussi sa saison qu’elle espère terminer le plus haut possible au classement et notamment sur le podium, qui est à six longueurs.
« Si durant l’été on nous avait dit qu’à quatre matchs de la fin on jouerait peut-être une place sur le podium, je pense qu’on aurait tous signé tout de suite », sourit Noureddine Laroussi, l’entraîneur adjoint de l’US Camon, 5e après 21 journées de championnat et officiellement maintenu en Régional 1. C’est peut-être parce que le club a changé d’entraîneur d’une saison à l’autre avec la prise de recul de Frédéric Bornoville et l’arrivée d’Abdellah Kharbouchi sur le banc, un temps promis à Sébastien Dailly qui avait finalement filé chez les Portugais d’Amiens en Régional 2.
L’effectif a aussi été plutôt rajeuni avec le départ de plusieurs cadres et joueurs d’expérience comme Maxime Josse, Quentin Mercier, Torta Berdita ou encore avec la longue et grave blessure au genou de Quentin Ducrocq. Il a aussi fallu attendre quelques semaines avant de voir Zahir Zerdab (43 ans) rempiler pour une année de plus avec son club formateur. Avec Abdellah Kharbouchi, le club a aussi recruté en conséquence et ne s’est, après coup, pas trompé dans son recrutement. Jonathan Isambart, arrivé en provenance des Portugais d’Amiens, a soigné son retour chez les Jaune et Noir, et ce malgré sa suspension de six matchs. Noam Gonzales, Abdoul Ba et Trésor Mabueni ont également répondu aux attentes placées en eux. Ces recrues n’ont été que des ajustements puisque la majorité de l’effectif est restée la même.
Un duo d’entraîneurs sur la même longueur d’onde
Ils n’avaient encore jamais travaillé ensemble mais se connaissaient de nom et s’étaient déjà croisés dans l’Amiénois. Pourtant, Abdellah Kharbouchi, nommé entraîneur, et Noureddine Laroussi, déjà présent dans le staff, se sont parfaitement trouvés sur le chemin du football. « Noureddine est un passionné comme je le suis. On se complète sur beaucoup de choses. On est énormément sur l’échange et c’est très important, notamment sur les changements en match, sur la tactique, sur les séances d’entraînement. On essaie de toujours trouver la meilleure solution. Très souvent on est d’accord sur le choix à faire, on est sur la même longueur d’onde et je pense que c’est un atout pour nous.« C’est un duo qui fonctionne bien, aussi parce que les tâches sont mieux définies que lorsque Noureddine Laroussi était aux côtés de Frédéric Bornoville et de Simon Lucq qui avait rejoint le staff en cours de saison avant de signer au Havre durant l’été en tant que préparateur physique. « J’avais un poste qui n’était pas clair. Cette année, ça n’a rien à voir. Je suis l’adjoint unique et Abdellah s’appuie sur moi et j’essaie de lui rendre du mieux possible. Mes tâches sont connues et je sais ce que j’ai à faire. On est vraiment complémentaires sur la partie footballistique« , précise Noureddine Laroussi.

Ce dernier, comme pour de nombreux adjoints, joue aussi un rôle d’intermédiaire entre les joueurs et l’entraîneur principal. Il lui est ainsi arrivé cette saison de faire le lien, dans les bons comme dans les mauvais moments. « Les joueurs se livrent plus facilement à un adjoint parce qu’ils savent qu’il va faire remonter le problème sans qu’eux ne soient vraiment impactés vis-à-vis de l’entraîneur. J’ai déjà connu ça, que ce soit avec Fred ou que ce soit avec (Benoit) Sturbois. Ce rôle de faire tampon me convient, aussi bien quand il s’agit d’améliorer les choses que lorsqu’il y a un problème et qu’il faut crever l’abcès et trouver la solution au plus vite. »
Un collectif qui fait la différence
Lorsqu’il a été demandé à Abdellah Kharbouchi et Noureddine ce qui pouvait expliquer cette bonne saison de la part de l’US Camon, les deux techniciens ont appuyé leur réponse sur la force du collectif. Et avec laquelle la mayonnaise a tout de suite pris avec le projet de l’ancien milieu de terrain de l’Amiens SC. « Mon objectif est de donner envie à mes joueurs, de leur transmettre le don de soi, de donner le meilleur d’eux-mêmes sur le terrain puis de jouer tout simplement. Ensuite, soit les joueurs adhèrent, soit ils n’adhèrent pas à ton projet. » Mais très vite, cela a bien fonctionné malgré une défaite en toute fin de match lors de la première journée de championnat contre Saint-Amand (0-1). Les Camonois ont notamment enchaîné près de deux mois sans perdre, avec en parallèle l’aventure en Coupe de France qui a pris fin contre Saint-Maur Lusitanos (0-7) au 7e tour. Les deux entraîneurs ont reconnu une petite cassure à ce moment, mais celle-ci a ensuite révélé une vraie force de caractère du groupe. « On était passé à côté de ce match. Je pense que si on le rejoue, le score ne serait pas le même. Mais c’est comme ça, c’est le football. Ils étaient largement au-dessus, mais on aurait pu mieux faire », estime Noureddine Laroussi.
On a vraiment un bon groupe et je pense que ça peut faire la différence par rapport à d’autres équipes.
Abdellah Kharbouchi, entraîneur de l’US Camon
Une semaine après cette élimination, Camon subissait sa plus large défaite de la saison sur la pelouse de la réserve de Chambly (0-3) (avec la défaite contre Cambrai (1-4) en janvier 2026, ndlr) avant de terminer l’année par deux revers contre Maubeuge et Arras. « On a fait quelques matchs où on a été en difficulté, où on a perdu. Mais on a su rebondir. On a toujours ce petit côté où on se dit, on a fait un mauvais match et on se remet tout de suite en question et on repart au boulot. Avec Abdellah, on a pris l’habitude de ne pas réagir à chaud et d’analyser les matchs lors des retours à l’entraînement« , indique Noureddine Laroussi. Cette capacité à rebondir, malgré les difficultés et les nombreuses absences qui ont impacté les choix du staff, comme la longue blessure du capitaine et patron de la défense Sofiane Delgove, provient de cette force collective : une bande de copains dont la plupart se retrouvent parfois pour des soirées devant la Ligue des champions.

« À partir du moment où tu sais que tes joueurs se revoient en dehors du terrain, c’est bon signe, juge Abdellah Kharbouchi. Ça chambre, ça rigole, il y a une bonne ambiance, on a vraiment un bon groupe. Je pense que c’est ça qui peut faire la différence. Les joueurs ont envie de se battre avec leur copain qui est à côté d’eux sur le terrain. Il se bat pour moi alors je vais faire pareil. Quand c’est tout le groupe qui est comme ça, forcément ça n’amène que du positif. » La fin de saison approche pour ce groupe uni, qui peut nourrir quelques regrets sur certaines défaites, qui auraient sûrement permis de viser plus haut qu’une simple place sur le podium. Et ce même si l’équipe n’était pas forcément programmée pour cela et que le maintien a directement été érigé en objectif principal par l’entraîneur camonois. Mais quoi qu’il arrive sur les quatre derniers matchs, cette saison est déjà réussie pour l’US Camon, même si le podium, encore atteignable, doit être le dernier objectif à cocher.
César Willot
Crédit photo : Théo Bégler – Gazettesports.fr

