Ce samedi 4 avril se déroulait le Challenge pour Elles, un événement organisé par le RCA à destination des jeunes filles de moins de 15 ans afin qu’elles passent une journée de sport autour de leur passion pour le ballon ovale.
Aux environs de 10h, se sont réunies près de 37 participantes au stade Charassin afin de participer à cette journée sportive organisée par la Fédération Française de Rugby. À titre de rappel, ce challenge est avant tout national, mais chaque département de la région accueille son propre plateau, composé de licenciées FFR et réunies sous forme d’équipes composées par le comité départemental. Ce dispositif qui, avant de poser ses valises à Amiens, est passé par Beauvais avant de repartir pour St-Omer le 14 mai, se compose de deux parties. Le matin fut le temps des ateliers, afin de découvrir tous les fondamentaux de la discipline avec un roulement toutes les 15 minutes, menés par les Licornes du RCA elles-mêmes. Puis, l’après-midi était placée sous le signe de la compétition avec des matchs de 10 contre 10. Pour Rodolphe Astori, éducateur de rugby à Villeneuve-d’Ascq, et représentant de l’événement dans sa dimension régionale, l’objectif de cette journée « est de faire en sorte que l’ensemble des filles de la région se retrouvent et jouent sans aucune sélection ou quoi que ce soit », qu’il s’agisse de licenciées ou non, car il y a toujours la possibilité d’inviter une amie. Dans ce cas de figure, la journée sert aussi de promotion du sport « autour du plaisir », comme le notifie justement Rodolphe Astori.

À titre d’information, pour ce qui est du rugby féminin régional, 1700 licenciées sont répertoriées, même si la FFR veut pousser ce chiffre vers les 2000 licenciées. Pour ce faire, un plan d’action a été décidé, avec une mise en place l’année prochaine via de la prospection. Rodolphe Astori partage : « La ligue a mis en place aussi une formation pour gérer spécifiquement des groupes féminins, s’adapter au public féminin. En général, le coaching est assez masculin, donc, du coup, il n’y a pas forcément les connaissances de la spécificité du groupe féminin. » Malheureusement, il y a des difficultés auxquelles les clubs devront faire face. « Déjà, au niveau effectif masculin ou féminin, c’est quand même une région avec peu de joueurs. Ce n’est pas une terre de rugby au sens traditionnel, familial, etc… Puis, je pense qu’avec le nombre de clubs, on n’arrive pas forcément à toucher toute la région, il faut souvent des grands déplacements pour les filles. Il y a de moins en moins de clubs », développe Rodolphe Astori.

Pour Julie et Laure, toutes deux évoluant aux Licornes du RCA, cette journée est une totale réussite. Elles confient : « On essaie de rassembler les filles des Hauts-de-France pour pouvoir faire des journées et aussi que les filles puissent se connaître […] c’est l’avenir, elles ont quinze ans. » Même si la journée se porte autour du plaisir du jeu, elles ne voient pas d’inconvénient à ce qu’elle serve aussi à recruter des joueuses dans l’équipe cadette du club, elle qui ne compte qu’aujourd’hui que 6 licenciées. Une difficulté lorsqu’il s’agit de faire des matchs. Les joueuses samariennes approfondissent : « Il y a un gap entre le moment où elles arrêtent de jouer avec les garçons à 14 ans et les séniors, car après, entre 15 et 18 ans, il n’y a pas forcément d’équipes de cadettes dans le coin, donc tu te dis que t’es un peu toute seule. » Ce genre de journée permet aussi de se rendre compte de l’évolution du rugby féminin à travers les âges. Julie et Laure confient leurs débuts dans la discipline : « On l’a connu simplement parce qu’on voulait jouer au rugby, qui était moins développé que maintenant. On a commencé à jouer à dix, le rugby féminin n’avait pas encore autant de visibilité qu’aujourd’hui, même si c’est très récent. » En parlant de cette journée, elles partagent un regard plein d’espoir : « On se dit que ça mord à l’hameçon et qu’il y a de plus en plus de filles au rugby. »

La journée fut un succès pour tout le monde en somme, surtout pour les principales intéressées. En effet, pour Camille et Amélia, toutes les deux licenciées depuis un an, la journée était « super bien avec les ateliers, on a travaillé chaque chose importante dans le rugby. Ça nous a aussi entraînés et échauffés pour les matchs de l’après-midi. » Un bilan plus que réussi donc, pour celles qui ont « envie de continuer pour aller vers le professionnel, c’est un peu une histoire de famille le rugby, et ça me plaît bien. J’aime bien le contact, les plaquages et foncer dans des gens (rires). » Le futur du rugby féminin semble prêt à prendre la relève pour continuer de développer toujours plus la discipline.
Noa Lambert
Crédit photo : Théo Bégler – Gazettesports.fr

