Ce samedi 28 mars, la place de l’Hôtel-de-Ville d’Amiens a vibré sous un soleil radieux mais un vent vif, rassemblant un public nombreux et diversifié, de tous âges.
Familles, jeunes, seniors se sont mêlés autour des stands et animations proposés dans le cadre du lancement régional des Parcours du Cœur 2026. Cette journée dédiée à la prévention cardiovasculaire a offert un moment à la fois convivial et pédagogique, mêlant dépistages, conseils santé, ateliers d’activité physique et échanges avec des professionnels. Bien plus qu’une simple manifestation de sensibilisation et sportive : c’est une véritable institution qui fête ses 50 ans d’existence. Philippe Sallé, président de l’Association de Cardiologie Picardie et de la Fédération Française de Cardiologie, rappelait l’importance de l’événement, tout en soulignant avec fierté le rôle majeur de la Picardie, deuxième région de France en termes de participation, aussi bien pour les parcours grand public que pour les parcours scolaires : « On sait bien que c’est important de faire des activités physiques dès le jeune âge, de la maternelle jusqu’au plus grand, et l’alimentation joue aussi un rôle fondamental. » Pour lui, c’est aussi un moment privilégié pour sensibiliser la population à la prévention des risques cardiovasculaires, avec des actions concrètes comme le dépistage, des démonstrations de gestes qui sauvent, et la mobilisation de nombreux partenaires santé. Pour lui, « la prévention du cœur, ce n’est pas que pour les plus de 50 ans. Ça commence dès le plus jeune âge. »


Et si l’activité physique dès le plus jeune âge est primordiale, il est essentiel d’aborder également le rôle fondamental de l’alimentation dans la prévention des maladies cardiovasculaires, comme le rappelle Carole At, diététicienne au Centre de Cardiologie d’Amiens, présente sur l’événement qui met en avant l’importance de la nutrition dans la prévention des maladies cardiovasculaires. Elle rappelle que « bien manger est aussi crucial que bien bouger, en limitant les acides gras saturés et en favorisant les bonnes graisses, ainsi qu’un apport suffisant en fruits et légumes ». Aujourd’hui les produits ultra-transformés riches en sucres et sel, responsables du surpoids, diabète et maladies cardiovasculaires, augmentent les risques. Pour elle, « l’éducation nutritionnelle aide à comprendre les étiquettes souvent trompeuses et à résister au marketing du sucre. Le sucre raffiné, notamment le sirop de glucose-fructose, est particulièrement nocif car il favorise la prise de poids et les troubles métaboliques. » La spécialiste combat aussi les idées reçues, par exemple concernant le jus d’orange, elle recommande de privilégier le fruit entier pour ses fibres.
Une dimension sportive importante !

Parmis les structures présentes, on retrouvait également le service de réadaptation du Centre Hospitalier de Corbie. Le Dr Florent Krim, médecin du sport et responsable du service relevait justement l’importance de l’éducation thérapeutique après un infarctus ou une chirurgie cardiaque. Il explique que son service aide les patients à comprendre leur maladie et à reprendre une activité physique adaptée, marquant une rupture avec l’ancienne recommandation d’immobilité. « Aujourd’hui, l’objectif est de permettre une reprise de la vie normale et du travail grâce à un suivi personnalisé. » Pour lui, il est important d’alerter sur la sédentarité, qu’il qualifie de « facteur de risque absolument effroyable », plus meurtrière que le tabac, et insiste sur la nécessité de « lever du fauteuil » pour activer les muscles et limiter les effets de l’inactivité, tout en n’écartant pas non plus les autres facteurs aggravants : malbouffe, contraintes économiques et sociales sur l’alimentation ou drogues, responsables d’infarctus précoces chez de jeunes patients.

Un accompagnement et un travail de prévention indispensables pour réduire les risques, ce que propose également la Maison Sport Santé au travers de l’activité physique adaptée. Camille Merle, coordinatrice en activité physique adaptée à la Maison Sport Santé Amiens Métropole, soulignait l’importance du travail collectif avec la Fédération Française de Cardiologie et d’autres partenaires pour mener à bien leur mission. Avec un public très varié, le service de la direction des sports d’Amiens Métropole accompagne des personnes atteintes de pathologies chroniques à celles souhaitant simplement reprendre une activité physique en toute sécurité. Le parcours d’activité physique commence par un bilan de condition physique sur prescription médicale, suivi d’une orientation vers un club adapté, avec un suivi gratuit. Camille insiste sur l’ouverture à tous les âges, de 5 à 125 ans, et note une augmentation des jeunes adultes cherchant à lutter contre le surpoids, le cholestérol ou la sédentarité. Elle rappelle que les messages « manger bouger » et « 30 minutes d’activité quotidienne » s’ancrent progressivement, avec des conseils simples comme marcher davantage. Pour mener à bien sa mission, la Maison Sport Santé d’Amiens Métropole propose d’ailleurs plusieurs programmes d’activités, comme les « samedis sport santé », portes ouvertes dans des clubs partenaires pour découvrir des activités adaptées, la prochaine session étant prévue le 11 avril avec du badminton santé.
L’événement, qui réunit de nombreux acteurs du champ de la santé, a ainsi confirmé l’importance d’une action collective et pluridisciplinaire pour prévenir les risques cardiovasculaires, en associant prévention, nutrition, activité physique adaptée et sensibilisation dès le plus jeune âge.
Robin Accart
Crédit photos : Leandre Leber – Gazettesports.fr

