Ce mardi 17 mars se déroulait la Journée Amiénoise du Sport et du Handicap (JASH), sur le site de l’UFR de STAPS de l’UPJV et au Coliseum. Retour sur cette journée mêlant le sport et l’inclusion pour tous.
C’est sous un grand soleil que se déroulait ce mardi 8 mars la 10e édition de la JASH. Une journée pilotée par un collectif de sept étudiants en licence activité physique adaptée de l’UPJV. Au programme, une myriade d’activités physiques pour tous et toutes que ce soit pour les personnes en situation de handicap, et ce quel qu’il soit, ou non, et ce de 9h à 17h. Pour cette édition, ce n’est pas moins de 2500 participants inscrits, un record pour cet événement, et 350 bénévoles, pour la plupart étudiants. Plus de 45 activités physiques adaptées étaient proposées à la découverte, comme le basket, le golf, le football, l’athlétisme, le badminton, ou encore l’escalade, pour n’en citer que quelques-unes.
Fait intéressant, le sport en tant que compétition n’est pas le mot d’ordre, puisque les disciplines se déclinaient aussi en atelier ludique pour tout âge. À titre d’exemple, une variante de l’escalade était proposée pour le jeune public où l’objectif était de collecter le plus de petites images dispersées sur le mur d’escalade possible, puis de les mettre dans un cerceau. La personne qui en avait le plus, gagnait. De l’autre côté de la vie, cette fois en ce qui concerne le tennis de table, un atelier consistait, à l’aide d’un rebond, à faire atterrir une balle dans une boîte d’œufs. Romain Labois, membre de l’équipe organisatrice, évoquant d’ailleurs que « le mot le plus important de cette journée, c’est adapté : adapté au public, aux conditions, au matériel, ça englobe vraiment tous les paramètres qu’on peut avoir lors de la mise en place de ces activités physiques ».

La collaboration comme mot d’ordre
Pour ce qui est du matériel, les organisateurs ont travaillé en étroite collaboration avec des associations sportives locales spécialisées dans la pratique d’activité physique adaptée. Ce fut notamment le cas de l’association sportive amiénoise Sarb’Arc’Am qui était venue apporter son soutien pour les ateliers liés au tir à l’arc et à la sarbacane via un prêt de matériel et un soutien aux bénévoles. Sur ce point, Romain Labois révèle que la manifestation fonctionne, car « on marche beaucoup avec les clubs handisports, les clubs de sport adaptés. Ils nous aident sur certaines activités, ils nous fournissent du matériel. Nous on sert aussi de lien, c’est ça le but aussi, de promouvoir l’activité sportive adaptée, et de sensibiliser au handicap », un des quatre objectifs de cette journée, accompagné du fait de lutter contre la sédentarité et aussi de veiller à l’amélioration de la pratique d’activité physique de manière adaptée.
Afin de mener ces actions à bien, plusieurs structures étaient invitées afin de toucher un large public. Premièrement, c’est le cas d’associations dont le principal objectif est l’accompagnement de personnes en situation de handicap. Deuxièmement, c’est aussi le cas pour le public scolaire, soit issu de classes inclusives (comme les classes dites UEEA ou ULIS) soit du milieu scolaire tout public. Pour ces derniers, dont l’objectif de cette journée relève plus de la sensibilisation, un projet pédagogique libre sur un thème se calquant sur les objectifs de la journée est donné aux enseignants avec « l’idée d’avoir un suivi, un avant et un après où on découvre ce qu’il se passe à la JASH, avant un débrief » ajoute Romain Labois.
Un événement formateur
Du côté du village associatif, toujours sur le site de l’UPJV STAPS, se réunissaient, comme son nom l’indique, plusieurs stands associatifs afin de sensibiliser le public à l’inclusion des personnes en situation de handicap, dans un milieu sportif ou non. Ce fut notamment le cas pour des structures comme Agorae, la FAEP, ou même l’UPJV, avec un stand ayant pour mission de sensibiliser, et d’orienter les personnes en situation de handicap dans leurs études, mais aussi d’éveiller une vocation chez certaines personnes avec la promotion de la filière APA. À ce titre, Romain Labois étoffe : « Il y a aussi des lycéens qui viennent et qui sont en section sport et qui veulent s’orienter dans les métiers du sport, c’est une journée qui peut être hyper formatrice pour eux […] La JASH c’est aussi une occasion d’orienter les étudiants d’une filière à l’autre, de leur donner envie et pourquoi pas de les aider à développer leur projet professionnel futur« . Pour les bénévoles, comme Mathéo et Sidonnie, tous les deux également étudiants en activité physique adaptée, cette journée représente là aussi « le meilleur type d’événement pour apprendre ».
Utiliser le haut-niveau pour donner de l’écho aux problématiques de terrain

À 11 h précise, une table ronde sur le thème de l’inclusion pour les personnes en situation de handicap, de manière globale et au sein du milieu sportif, avait lieu. Par ailleurs, les plus attentifs auront reconnu Fabrice Morgado, médaillé d’or de cécifoot en 2024, et parrain de cette dixième édition de la JASH. Parce que oui, et ce malheureusement, pour une personne en situation de handicap, l’accès à la pratique d’une activité physique représente beaucoup de barrières à franchir et le témoignage de l’athlète en est la preuve. En tant que pratiquant, sa « première difficulté, c’était d’accepter mon handicap, d’accepter le regard des autres« , avant d’être confronté à l’inconnu, lui qui n’avait « jamais rencontré d’autres déficients visuels, et je connaissais très peu les pratiques handisports […] Ensuite, je me suis inscrit dans le club le plus proche de chez moi ». Le champion paralympique soulevant là un frein des plus importants, le manque d’offre à proximité pour les personnes en situation de handicap, qui peinent, trop souvent, à trouver une structure proposant une pratique adaptée.
Aujourd’hui, Fabrice Morgado a fondé un complexe sportif portant son nom, doté aujourd’hui de deux terrains de cécifoot permanents. Une infrastructure importante pour rendre la discipline accessible, mais aussi visible pour celui qui a à coeur « d’être acteur dans cette cause« . À des échelles plus locales, les associations sont confrontées à d’autres réalités du quotidien, comme l’évoquait Clément Marrel, salarié du comité départemental de sport adapté de la Somme, qui soulignait les « freins logistiques, en termes de moyens humains en ce qui concerne l’accompagnement. » Pour ce dernier, « les bénévoles sont hyper importants dans les clubs » et importants pour développer les capacités d’accueil.
Fort heureusement, de nombreux acteurs proposent un accompagnement à la mise en place de solutions pour favoriser l’inclusion des personnes en situation de handicap, que ce soit dans le sport, au quotidien ou à l’université. Des éléments importants à rappeler au cours de cette journée sportive et festive, qui, outre le soleil dans le ciel, fait naître ou paraître de nombreux sourires sur les visages des participants qui repartent avec des souvenirs plein la tête.
Noa Lambert
Crédit photo : Alexis Cazeel – Gazettesports.fr

