S’il concède que tout n’a pas été parfait dans le jeu, l’entraîneur des Gothiques d’Amiens estime que l’implication physique et mentale de ses joueurs a été au rendez-vous, laquelle a en grande partie permis de l’emporter face aux Spartiates de Marseille.
La réaction après la débâcle à domicile contre Rouen avait été partielle et éclipsée par la défaite face à Briançon. Ce dimanche, avec comme adversaires les Spartiates de Marseille, elle fut plus nette et confirmée par un succès en prolongation (2-1). Si celui-ci n’a pu se construire par un jeu flamboyant, il a pu se bâtir grâce à l’engagement de tous les Amiénois : « Dans l’ensemble, je trouve que les gars ont travaillé fort. On est revenu dans notre identité, on joue extrêmement physique. On va essayer d’être un petit peu plus disciplinés car on ne peut pas se fier à notre désavantage numérique autant que ça. Mais on veut quand même rester dans l’idée de jouer physique, d’être les agresseurs« , souhaite Kevin Bergin, entraîneur des Gothiques. Selon lui, il faut trouver le juste équilibre entre l’apathie entrevue contre les Dragons et le trop-plein de contacts qui peut générer de nombreuses infériorités : « Il y a une ligne, il faut essayer de ne pas la franchir. Mais il faut que, quand l’équipe adverse arrive sur notre patinoire, ce soit dur. Il ne faut pas qu’elle aime jouer dessus. »
Des unités spéciales performantes, un cinq contre cinq peu efficace
Face aux Spartiates, les Samariens ont effectivement joué avec le feu en devant négocier six infériorités numériques alors que c’est cette même phase de jeu qui avait coûté trois buts sur la glace des Diables Rouges. Cette fois, le désavantage n’a jamais vraiment posé problème à Magovac et ses coéquipiers, lesquels se sont montrés solides et concentrés face à des Marseillais, il faut aussi l’avouer, pas très inspirés devant. Des supériorités, il y en a eu trois pour les Picards, dont une en fin de partie qui s’est prolongée jusqu’en prolongation et qui a permis à Bastien Maïa de se démarquer et de délivrer le Coliseum. Au final, c’était davantage en situation de cinq contre cinq que le technicien québécois avait à redire. Derrière, il regrette encore un repli défensif parfois insuffisant à la perte du palet, ce qui est susceptible de générer des surnombres si l’adversaire a la bonne idée de se projeter.

En attaque, c’est toujours du même mal dont souffrent les Amiénois depuis le début de la saison : ils ne prennent que trop peu l’initiative de tirer. Ce dimanche, les Gothiques ont une nouvelle fois moins tiré que leur adversaire, presque 25% de moins : « On essaie souvent la passe de trop. J’aimerais qu’on mette encore plus de palets à la cage », estime Kevin Bergin, dont l’impression est confirmée par un joueur lui-même, Bastien Lemaître en l’occurrence, qui émet quelques pistes d’amélioration : « C’est vrai qu’on a tendance à jouer un peu en périphérie. Il faudrait qu’on ait un peu plus d’instinct dès qu’on est dans l’axe. Après, c’est plus facile à dire qu’à faire. Mais c’est quelque chose où il faudrait un peu s’améliorer en prenant plus de shoots de la bleue et en créant plus de chaos dans la zone pour créer des rebonds. »
Un match accroché qui pourrait servir en play-offs
Contrairement à la rencontre de Briançon, les unités spéciales ont été efficaces. Et contrairement à la rencontre de Briançon, les Gothiques l’ont emporté au-delà des trois périodes. Un scénario favorable qui se transforme en entraînement grandeur nature pour la phase finale qui procure souvent des moments de tension, qu’il faut savoir gérer : « Quand ce sont des matchs serrés comme ça, en play-offs, il faut que tu trouves une façon d’aller chercher le match. C’est sûr que j’aurais aimé qu’on marque un peu plus sur les occasions qu’on a eues avant de se rendre en prolongation, mais cette victoire va donner confiance pour la suite« , assure le coach canadien, dont les propos sont corrélés avec ceux de son joueur qui affirme que ce genre de succès arraché en prolongation peut faire pencher la balance d’une série. « On est content d’être allé le chercher. Il y avait pas mal d’adversité et c’est ce qu’on va retrouver en play-offs. » Mais la première étape, et pas des moindres, sera déjà de faire jeu égal, pendant 60 minutes, avec le rouleau compresseur que sont les Dragons de Rouen, adversaires officiellement confirmés en quart de finale.
Simon Vasseur
Crédit photo : Alexis Cazeel – Gazettesports.fr

