La jiujitsuka amiénoise Daravutey Ung, avec son amie Sarah Boumaaza, est engagée dans le projet humanitaire d’Aokas. Une association cambodgienne engagée qui œuvre pour l’inclusion par le sport et notamment par le biais du jiu-jitsu.
« J’ai beau être né au Cambodge, je n’avais pas forcément créé de lien avec ma culture, ni ce côté « patriotique ». Avec ce qui s’est passé l’été dernier avec le premier conflit entre le Cambodge et la Thaïlande où il y a eu des bombardements, puis au mois de décembre où ça a repris de plus belle. Ça a été un déclic. Le deuxième conflit est celui qui m’a le plus affectée », raconte Daravutey Ung. Ces tristes événements ont réveillé en elle l’envie profonde d’aider son pays natal, par n’importe quel moyen. Plutôt que de participer à un projet humanitaire, dit temporaire, intervenant durant la période de conflit et quelque temps après, l’Amiénoise a choisi de s’orienter vers un autre projet, spontané, plus à long terme.
Pratiquant le jiu-jitsu brésilien depuis près de cinq ans, Daravutey Ung, qui a rejoint l’équipe nationale du Cambodge cette année, a eu écho d’une association cambodgienne qui semblait, au premier abord, lui convenir pour aider son pays à sa manière. « C’est un des membres de l’équipe qui m’a parlé du projet AOKAS. C’est une association qui aide les jeunes qui sont dans la précarité, en situation délicate ou confrontés à la violence, ou en situation de handicap. Elle permet d’avoir un accès au sport et donc au JJB de façon inclusive », développe-t-elle. Le jiu-jitsu devient en quelque sorte un échappatoire. L’association s’autofinance grâce à un café caritatif situé à Phnom Penh, la capitale du Cambodge. L’objectif est d’aider ces jeunes, quelle que soit leur difficulté, et de leur apporter ce dont ils ont besoin. « Ce projet a aussi l’objectif que ces enfants puissent manger à leur faim, avoir un accès aux soins et à l’éducation, mais aussi un suivi psychologique dans les cas les plus graves », complète l’Amiénoise.
9 jeunes ont déjà pu intégrer l’équipe nationale du Cambodge

Daravutey Ung est aidée de son amie Sarah Boumaaza, également combattante de jiu-jitsu, mais aussi éducatrice spécialisée dans un foyer dans le sud de la France. Avec une volonté commune d’aider et de transmettre, mais aussi sensibles à l’avenir de jeunes enfants dans le besoin, elles ont décidé de s’engager dans ce projet AOKAS, mis en place depuis 2018 par l’ONG Inclusive Cambodia et qui est aussi en collaboration avec la Fédération de jiu-jitsu du Cambodge (JJFC). Ce projet, bien qu’initialement rejoint dans le cadre humanitaire, représente bien plus aux yeux de Daravutey Ung. « Depuis que j’ai commencé le JJB, j’ai toujours aspiré à vouloir transmettre mon sport et le faire évoluer, surtout sur le plan féminin, explique la jeune femme. À mes débuts, j’étais pratiquement la seule femme de mon club. Et même dans les autres clubs que j’ai faits par la suite, j’ai été souvent la seule femme. J’ai commencé à avoir des partenaires filles il y a seulement un an ou deux. » Les deux combattantes, qui ont de leur côté récolté plus de 600 euros sur leur cagnotte en ligne, vont voyager au Cambodge du 5 au 18 avril pour apporter leur contribution à ce projet qui a déjà permis à 9 jeunes, dont 5 femmes et 3 personnes en situation de handicap, d’intégrer l’équipe nationale de JJ du Cambodge.
César Willot
Crédit photo : DR – AOKAS (photos transmises par Daravutey Ung)

