Victorieux des Conquérants de Caen, samedi soir, grâce à de belles ressources mentales, les Green Falcons se sont rassurés en remportant leur premier match de championnat de la phase retour et ce, malgré une première période mal négociée et un powerplay offensif en berne.
« C’est une belle victoire « , d’après les dires d’Antoine Demaret, entraîneur des Green Falcons de Pont-de-Metz. « On en avait besoin après une série de défaites et surtout celle d’Angers qui a fait mal. » Les Picards, qui auraient pu se mettre à l’abri en cas de succès face aux Hawks, commençaient à être mis sous pression avant cette rencontre face aux Conquérants de Caen. Et le début de match était loin d’être idyllique avec de nombreux avantages numériques non convertis puis deux buts concédés qui ne présageaient pas d’une issue favorable. « Le match commence difficilement, confirme Jérémy Hard, joueur des Faucons. On n’était pas prêts à entamer un match de guerre, avant même le match. Lors de l’échauffement, on n’est pas du tout dedans. C’est un échauffement où on est là pour s’amuser, comme si on allait faire un entraînement d’été. Sauf que du coup, ça ne nous met pas du tout en conditions réelles. »
Un second acte de très haut niveau
Heureusement, les bons mots étaient dits dans le vestiaire pour remobiliser un groupe messipontin qui avait eu des occasions et qui avait conscience qu’il y avait une réelle possibilité de revenir dans le match. « On sentait qu’il ne fallait pas paniquer. C’était une première mi-temps délicate mais on s’est bien remis en question. On a fait quelques choix. L’état d’esprit du groupe, il est génial. Dans cette deuxième mi-temps, on s’est battu sur tous les palets. Au niveau de la combativité, on a pris beaucoup d’expérience depuis le début de saison. Et ça se voit sur des matchs comme ça », assure fièrement Antoine Demaret. Car les Greens ont d’abord égalisé en l’espace de 51 secondes avant de s’offrir le but de la victoire à l’entame des cinq dernières minutes. Un retournement de situation que n’avaient pas encore réussi à réaliser les pensionnaires de la Roller Arena depuis leur arrivée en Élite, même s’ils n’étaient pas passés loin lors du match aller face à ces mêmes Normands : « On était déjà revenu à une situation de 3-1. On était repassé devant au score mais on avait craqué à la fin. C’est aussi là qu’on voit qu’on progresse. »

Car si à Caen, les Messipontins n’étaient même pas parvenus à arracher une prolongation, ils ont cette fois fait en sorte de ne pas y aller en résistant, tant bien que mal, durant les quatre dernières minutes mais aussi au global dans un second acte durant lequel ils ont réalisé le blanchissage : « On a bien tenu, parce qu’on a eu deux ou trois infériorités en deuxième mi-temps, précise l’entraîneur picard. À la fin, ils sortent le gardien, on ne gagne pas un engagement et on subit. Il y a un arrêt d’Alexis (Gosselin) qui dévie le palet sur le poteau à dix secondes de la fin. On n’aura rien de facile cette année. Ça le démontre encore. » Ces trois points sont plus que précieux dans la course au maintien : « C’est primordial, limite, de prendre des points parce que derrière, on voit que ça se bat aussi. À Grenoble, Anglet qui prend deux points, c’est beau. Bourges a perdu, Angers a perdu. On sait qu’il en faut deux derrière nous. Pour l’instant, il y en a trois. » Pont-de-Metz compte 13 points, Angers 9 points, et Anglet, barragiste, 8 points. Rien n’est donc encore fait même si Bourges, dernier avec 2 points, semble se diriger vers la relégation directe.
La supériorité, le point faible des Greens
Les Vert et Noir comptent donc 5 points d’avance sur les Angloys qu’ils affronteront lors de la toute dernière journée, une rencontre qui pourrait bien être décisive. Et leur salut pourrait bien passer par une efficacité en powerplay, laquelle a failli coûter cher face à Caen : « Si on prend la première mi-temps, à 0-0, on peut mener au score. Quand on vient 2-2, on en a un juste derrière et on le négocie mal aussi, analyse Antoine Demaret. Pourtant, on le travaille. C’est la chose qu’on travaille peut-être le plus. Mais on n’ose pas, il y a un manque de réussite aussi pour certains, il y a des bons gardiens en face. Il faut qu’on fasse les meilleurs choix, peut-être jouer un peu plus rapidement. » Jérémy Hard, double buteur face aux Conquérants, concède également que cet aspect est un gros défaut de l’équipe : « On essaye, on change des choses, mais ça ne veut toujours pas fonctionner. Si on arrivait à concrétiser chaque powerplay, ce serait un gros point fort, on pourrait rivaliser avec beaucoup plus d’équipes. Si je ne dis pas de bêtises, on a mis deux buts en powerplay cette année, et ce ne sont que deux 4 contre 2. En 4 contre 3, c’est très compliqué. » Pour devenir une équipe chirurgicale, il a encore du chemin à parcourir. Mais sans être parfaits, les Green Falcons ont montré qu’ils pouvaient, quand même, gagner en Élite.
Simon Vasseur
Crédit photo : Théo Bégler – Gazettesports.fr

