HOCKEY SUR GLACE – Hugo Gallet : « Montrer le meilleur visage possible de l’équipe de France »

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L’Amiénois Hugo Gallet va participer aux Jeux olympiques 2026 de Milan-Cortina avec l’équipe de France. Le défenseur de 28 ans s’est confié sur sa saison actuelle, mais aussi sur les ambitions des Tricolores de l’autre côté des Alpes.

Un natif d’Amiens aux Jeux olympiques, ce n’est pas tous les jours. Pour des olympiades d’hiver, encore moins. Après Antoine Richer, joueur des Gothiques d’Amiens lors de la saison 1980-1981 et entre 1989 et 1999, Hugo Gallet sera le deuxième amiénois à participer aux JO avec l’équipe de France de hockey sur glace. L’ancien attaquant, aujourd’hui entraîneur des Lions de Compiègne, a pris part à trois olympiades (1988, 1992 et 1994). Le défenseur de 28 ans, actuel joueur de Kalpa en Finlande, a été sélectionné par Yorick Treille pour participer aux Jeux de Milan Cortina qui se déroulent du 6 au 22 février prochain.

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Pour Gazette Sports, Hugo Gallet, international avec 113 sélections, revient sur sa dixième saison en Finlande, la sixième avec Kalpa, mais aussi sur l’excitation qui le gagne à l’idée de disputer les Jeux olympiques avec l’équipe de France. L’Amiénois se confie également sur les objectifs des Tricolores de l’autre côté des Alpes. Les 25 joueurs sélectionnés doivent se retrouver à Milan le 2 février. Avant la cérémonie d’ouverture le vendredi 6 février, les Bleus disputeront une rencontre amicale contre le Danemark afin d’effectuer les derniers réglages pour leur entrée en lice dans la compétition face à la Suisse le 12 février.

Comment vous sentez-vous cette saison en Finlande où vous avez fait votre retour à KalPa l’été dernier après un passage à Tappara durant une saison ?

La saison se passe plutôt bien. J’étais très content de revenir et de voir que tout le monde était content que je sois de retour. Ça a super bien commencé, personnellement, j’ai reformé la paire avec Lasse Lappalainen. On avait énormément joué ensemble lors de mes trois premières années là-bas. On se connait très bien sur la glace, on se complète bien. Puis je me suis fracturé le doigt et j’ai raté presque deux mois de compétition entre octobre et novembre. Je suis revenu mi-novembre, il y a eu CHL (la Ligue des champions), donc on avait beaucoup de matchs. On a eu un peu de mal avec le rythme avant Noël, mais depuis, on a retrouvé des couleurs et on a eu des meilleurs résultats pour remonter au classement (Kalpa est actuellement 7e après 39 matchs disputés). Globalement, c’est une bonne saison.

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C’est une saison particulière quand on sait qu’il y a les Jeux olympiques vers la fin de la saison régulière pour beaucoup de championnats. Comment gère-t-on une saison comme celle-ci ?

Il n’y a pas vraiment de différence puisqu’on ne peut pas se permettre de ne pas être à 100% en club parce qu’il y a les JO au mois de février c’est quand même notre métier et c’est quand même notre club qui paie nos salaires, qui nous permettent de vivre. De mon côté, j’avais été très clair avec mon coach quand je suis revenu en disant que mon objectif principal était d’être à 100% pour les JO. Il faut jongler entre donner le meilleur de soi-même, avoir de bonnes performances tout au long de la saison mais en essayant d’avoir le pic de forme au mois de février. Ce qui est bien, c’est qu’après, si on a un pic de forme durant les Jeux, il y a les play-offs qui suivent. Au lieu d’avoir un pic de forme pour au début des play-offs, on l’a un petit mois avant et puis il faut être prêt physiquement il faut faire le boulot et pour que ça tienne de début février à la fin avril pour ceux qui iront plus loin dans les séries.

Depuis qu’on sait qu’on est qualifiés aux Jeux, y participer est devenu un rêve

Hugo Gallet, défenseur de l’équipe de France

Même si vous êtes appelé à chaque rassemblement de l’équipe de France depuis quelque temps maintenant, qu’avez-vous ressenti lorsque vous avez vu votre nom dans la liste des joueurs qui vont disputer les Jeux olympiques de Milan-Cortina en février ?

Il y avait beaucoup de fierté. On les a tellement attendus les JO qu’il y ce petit truc en plus. Il y a surtout beaucoup d’excitation et en même temps, c’est dur de se projeter parce qu’on n’a jamais vécu ça. Ça a été annoncé tellement tôt dans la saison qu’il y avait beaucoup d’échéances avant que la compétition arrive. Il y avait de l’excitation, mais il ne fallait pas trop y penser et continuer à vivre sa vie dans nos clubs respectifs. Le fait que ce soit les premiers Jeux olympiques pour la France depuis longtemps, mais aussi pour les joueurs de NHL (Ligue nationale de hockey nord-américaine, la meilleure ligue du monde, nldr), cela rend la chose encore plus spéciale.

Était-ce un rêve pour vous de participer aux Jeux olympiques ?

Ce n’était pas un rêve. Je n’ai jamais vu vraiment le hockey sur glace aux JO avec la France donc ça n’a jamais vraiment été un truc qui m’a porté. En tant que fan de sport, c’est sûr que vivre les JO, c’est quelque chose qui m’a toujours un peu émerveillé. C’est une belle surprise. C’est un truc que je n’attendais pas forcément de ma carrière. Depuis qu’on sait qu’on est qualifiés, le fait d’être sélectionné et de pouvoir disputer ces Jeux à Milan, c’est devenu un rêve.

Kevin Hecquefeuille (à gauche) et Hugo Gallet (à droite) avec l’équipe de France face à la République Tchèque au Coliseum en avril 2018.

L’équipe de France va disputer ses premiers Jeux depuis 2002 en raison de la disqualification de la Russie, y a-t-il un petit regret de ce côté-là d’y être mais pas par ses propres moyens ? Il n’y a pas de sentiment d’imposteur ?

D’un côté, on est tous contents d’aller aux JO et tous fiers d’avoir décroché cette place, mine de rien, en finissant meilleur deuxième des tournois olympiques. Mais c’est sûr qu’on ne peut pas sauter de joie et avoir une énorme effusion de joie quand on sait dans quel contexte cela s’est passé. On a contrôlé ce qu’on pouvait contrôler. Avant d’aller aux tournois olympiques, on savait que c’était une possibilité. On a fait le maximum. Ce sont des choses hors de notre contrôle et en même temps, on a contrôlé le fait de finir deuxième. Je pense qu’il faut être fier de la performance, mais il ne faut pas oublier qu’il y a des choses plus graves qui ont fait qu’on sera aux JO.

Les derniers matchs de préparation à la fin de l’année ont permis de tirer des enseignements. Quatre victoires, deux défaites dont une aux Tab contre la Pologne au mois de novembre et décembre ?

Le stage de novembre, c’était vraiment la préparation aux JO (auquel Hugo Gallet n’a pas pu participer en raison de sa blessure). C’était plus ou moins l’équipe type, si on enlève les blessés et les absents de NHL et de KHL comme (Alexandre) Texier ou (Stéphane) Da Costa. C’étaient vraiment les meilleurs enseignements qu’ils aient pu tirer. Ils ont pu voir que, quand ils jouaient de la bonne façon, ils pouvaient rivaliser avec les meilleures nations. Je crois que ça faisait longtemps que l’équipe de France n’avait pas gagné un tournoi avec des adversaires de ce rang comme la Norvège et le Danemark. C’était vraiment prometteur pour la suite. Au mois de décembre, c’était une équipe plus jeune, plus en préparation du championnat du monde en Pologne. Ce serait un peu le début d’une nouvelle aventure, quand beaucoup de joueurs vont arrêter après les JO.

À 28 ans, est-ce votre cas ? Avez-vous prévu d’arrêter après les Jeux ?

J’espère continuer encore. Je suis dans le projet. J’ai aussi été mis dans celui des JO 2030 en France. Dans ma tête, c’est au moins d’aller jusqu’aux JO en France et après, de voir comment ça se passera.

Alexandre Texier et Stéphane Da Costa sont deux joueurs qui changent le visage de l’équipe.

Hugo Gallet, défenseur de l’équipe de France

À Milan-Cortina, dans quelques semaines, quelles sont les ambitions de l’équipe de France qui se trouve dans une poule relativement relevée avec le Canada, la Suisse et la République tchèque ?

Je pense que c’est assez clair, on n’est pas favoris sur les trois matchs de poule. On va devoir jouer le match parfait pour réussir à rivaliser avec les équipes qu’on va rencontrer. Il faut donner une bonne image du hockey français et montrer qu’on a les armes pour les accrocher. On a cette chance dans tous les cas d’avoir un huitième de finale après ces trois matchs. Je pense qu’il faut s’en servir pour préparer notre huitième de finale et peut-être avoir notre meilleur match à ce moment-là et essayer de créer la surprise face à l’adversaire que l’on aura. L’idée principale, c’est d’aller là-bas et de performer, d’être à notre meilleur niveau et de montrer que même en termes de talent et de qualité, on est capable de rivaliser par le cœur et la cohésion qu’on peut avoir en équipe de France. On doit montrer le meilleur visage possible de l’équipe de France, ce qu’on a eu du mal à faire les années précédentes.

Cette équipe entraînée par Yorick Treille a quand même des atouts à faire valoir. Il y a évidemment Stéphane Da Costa et Alexandre Texier qui s’éclatent respectivement en KHL et en NHL avec les Canadiens de Montréal.

C’est sûr que ces deux joueurs, par leur présence, changent carrément la forme, le visage de l’équipe. Les avoir tous les deux au maximum de leur potentiel à l’heure actuelle, c’est clairement un atout. J’espère que ça tiendra jusqu’au début des Jeux et je pense que ça ira. C’est un peu ce type de joueur, qui peut nous emmener, si toute l’équipe fait le boulot défensivement et que nous jouons ensemble, à créer la surprise. Ce sont des joueurs qui, par leur style de jeu, peuvent nous aider à gagner un match.

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Vous allez affronter les meilleures équipes et les meilleurs joueurs du monde. Qu’est-ce que cela vous procure ?

Je me sens chanceux. Je pense que c’est une chance en tant que joueur français. À part Alex (Alexandre Texier) qui est en NHL, on n’a pas de joueurs à ce niveau et le fait d’évoluer pour un plus petit pays, cela nous permet de les rencontrer une, peut-être deux fois dans nos vies, et d’en profiter. Contre le Canada, ce ne sera pas un match facile, ni une partie de plaisir non plus. Il faudra être plus que prêt, mais en même temps, c’est ce qu’on veut. Dans 10, 15 ou 20 ans, quand on sera tous ensemble et qu’on repensera à ce match, on se dira qu’on les a joués une fois et qu’on a vu ce dont ils étaient capables. Je pense qu’en tant qu’amoureux du hockey sur glace et du sport en général, c’est ce qu’il y a de mieux.

Ces Jeux seront aussi un avant-goût des JO 2030 en France. C’est une première compétition pour mettre en avant le hockey sur glace ?

Le hockey sur glace n’est pas forcément connu en France et de le voir pendant deux semaines à la télé avec l’équipe de France pour la première fois depuis 2002, ça ne peut faire qu’une bonne pub. C’est notre rôle d’avoir de bonnes performances pour donner une bonne image. On a aussi les championnats du monde en 2028 à Paris et à Lyon. On sera à mi-chemin entre les deux olympiades. Je pense qu’il y a vraiment le moyen de faire quelque chose de beau à Milan, puis à Paris pour se préparer et être le plus haut possible en 2030 avec le hockey sur glace sous les feux des projecteurs. Si on prouve à Milan qu’on est capable de rivaliser avec les grosses nations, on sera plus respectés en 2030, même si on est qualifiés d’office en tant que pays hôte.

Avez-vous un pronostic sur ces Jeux d’hiver 2026 pour la médaille d’or en hockey sur glace ?

Honnêtement, quand je regarde le roster du Canada, j’ai du mal à croire qu’ils n’iront pas en finale et qu’ils ne gagnent pas. Je pense que le Canada va l’emporter. Mais c’est le sport, on voit que les Américains montent en puissance depuis longtemps. On a vu ce qu’il s’est passé l’an dernier lors du 4 Nations. Je pense que si ces deux équipes se retrouvent en finale, ce sera le summum du hockey mondial. En tant qu’amoureux du sport, si on a cette finale, je serai devant ma télé, c’est sûr.

Propos recueillis par César Willot
Crédit photo : Théo Bégler – Gazettesports.fr