HOCKEY SUR GLACE (Ligue Magnus) – Kevin Bergin : « Les supporters paient pour venir voir 60 minutes, pas 40 »

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Pour la première fois de la saison, Kevin Bergin s’est présenté en colère en conférence de presse. D’ordinaire protecteur et optimiste concernant ses joueurs, il n’a cette fois pas hésité à dire le fond de sa pensée après le revers concédé face aux Aigles de Nice (2-3).

Il les a longtemps défendu, il a longtemps promis aux médias et aux supporters que ses joueurs allaient progresser. Mais après une nouvelle défaite et surtout encore un premier tiers raté, Kevin Bergin n’a pu contenir son exaspération : « Ça nous coûte le match, c’est aussi simple que ça. Mes joueurs ne veulent pas apprendre, on répète des erreurs. À un moment donné, on peut amener le cheval à l’eau mais on ne peut pas le faire boire. Il faut arrêter de dire qu’on va apprendre. Il faut apprendre. J’espère qu’ils sont tannés (agacés, ndlr) de perdre comme ça. Moi, je suis tanné, les partisans sont tannés, tout le monde est tanné. Ils ne démontrent pas qu’ils sont tannés de perdre avec 20 premières minutes comme ça. » S’il est arrivé tout aussi dépité mais beaucoup plus calme que son entraîneur, Bastien Maïa confirmait pourtant regretter la répétition de ces entames difficiles : « Ce n’est pas la première fois que ça arrive. On n’apprend pas de nos erreurs, c’est très dommage. On ressent de la déception et de la frustration. » Selon le numéro 18 amiénois, pour corriger le tir et rentrer pleinement et directement dans la partie, il faut un travailler individuellement, faire confiance au collectif et « se mettre dans la tête que, quand le match a commencé, on ne peut pas se permettre d’avoir 5, 10, 15 ou 20 minutes de battement. On se doit de jouer 60 minutes. »

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Il va falloir qu’ils commencent à jouer hockey sur 60 minutes s’ils veulent jouer ici l’année prochaine.

Kevin Bergin, entraîneur des Gothiques

Le technicien québécois était d’autant plus énervé que ses joueurs ont réalisé un deuxième tiers de très haut niveau (voir les images de la rencontre) en asphyxiant les Niçois (17 tirs à 3) et en réalisant un retour au score : « Quand on est mou et qu’on ne joue pas physique, on n’est pas bons. On n’a pas le talent de Connor McDavid ou de Leon Drysdale pour faire des petits grigris. Il faut jouer vite, mettre de la pression et frapper comme on l’a fait au deuxième tiers. À un moment donné, s’ils ne réalisent pas par eux-mêmes qu’ils sont capables d’être la meilleure équipe de la ligue, personne ne va le faire. Je ne peux pas jouer pour eux, Joey ne peut pas jouer pour eux, les partisans ne peuvent pas jouer pour eux. » Comme à chaque match ou presque, Kevin Bergin n’a pas aimé ces deux visages drastiquement différents, témoignant non pas d’une absence de qualités techniques mais plutôt d’un manque d’implication mental : « Les supporters paient pour venir voir 60 minutes, pas 40. Il va falloir qu’ils se regardent dans le miroir, il va falloir qu’ils commencent à jouer hockey sur 60 minutes s’ils veulent jouer ici l’année prochaine. »

En plus de l’entame, le money-time fait défaut

Évidemment, le discours aurait peut-être été un peu différent si, dans le troisième tiers, les Gothiques étaient parvenus à prendre l’avantage comme ils l’avaient fait contre Briançon. Mais ce ne fut pas le cas et, comme à Marseille et à cinq reprises cette saison, la prolongation ou les tirs au but, le premier en l’occurrence sur ce match, n’ont pas souri aux Amiénois : « En prolongation, ça peut vraiment aller d’un sens ou de l’autre, comme les pénaltys » estime Bastien Maïa qui rappelle que lui et les siens ont disputé deux minutes « d’extra-time » en infériorité numérique, ce qui a sûrement coûté de la lucidité au moment de conclure : « A 4 contre 3, c’est évident que ça leur donne du momentum et que nous sommes obligés de tirer un peu sur les ressources pour pouvoir rester dans le match. » Le manque d’occasions créées a permis aux Aigles d’en profiter pour l’emporter, augmentant ainsi l’écart au classement avec les Samariens.

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Bastien Maïa, élu MVP du match chez les Gothiques d’Amiens.

Cinq points séparent désormais le 6e du 7e du championnat. Une donnée qui importe peu à Bastien Maïa : « Je pense qu’il faut qu’on arrête de regarder le classement. Le classement, il est ce qu’il est. Ce n’est pas en disant qu’on joue un concurrent direct ou un concurrent indirect que ça va changer quelque chose. On se doit d’aller à chaque match pour essayer de les gagner, que ce soit le premier du championnat ou le dernier. » Toujours est-il que les Gothiques n’avancent plus beaucoup, lesquels sont d’ailleurs toujours talonnés par Briançon, 8e. Et s’ils ont encore un matelas de 11 points sur Chamonix, première équipe non qualifiée pour les play-offs pour le moment, ils pourraient bien terminer à la place des Diables Rouges plutôt qu’à celle des Aigles. Mais après tout, au vu de ce que sont capables de produire les pensionnaires du Coliseum à l’heure actuelle, y aurait-il un adversaire plus favorable entre Grenoble, Rouen et Angers ? Pas sûr. Ce qui l’est, c’est qu’il faudra réaliser des matchs pleins pour espérer, au moins, les chatouiller.

Simon Vasseur
Crédit photo : Théo Bégler – Gazettesports.fr