Menés dans la série avant le coup d’envoi, les Gothiques d’Amiens ont égalisé dans ce quart de finale contre Rouen au terme d’un match qu’ils sont allés chercher au courage et au bout de l’effort. Une grosse prestation qui n’a pas surpris leur entraîneur Kevin Bergin, qui a toujours cru en son groupe malgré cette saison régulière délicate.
Après quatre matchs dans la série, Amiens est toujours en vie après sa deuxième victoire dans la série (4-2). Et même au contact des Rouennais (2-2), qui étaient plus que favoris avant le début des play-offs. C’est un scénario qui plaît forcément côté picard, mais chez les Normands, certains ne l’apprécient pas du tout, à l’image de l’entraîneur Carl Malette qui s’est rapidement exfiltré du Coliseum après la sirène et qui ne s’est, de fait, pas présenté en conférence de presse.
Ce mercredi, au lendemain du troisième match de la série concédé aux Rouennais (4-0), les Gothiques ont pratiquement réalisé le match parfait. Presque parfait car il y a ces deux buts encaissés en moins de deux minutes lors de la deuxième période qui ont remis leurs adversaires en selle. Au final, ils sont anecdotiques et avec ce succès, ils gardent toutes leurs chances de voir plus loin dans cette confrontation à suspense. « Je suis extrêmement fier des joueurs, ils le méritent. Ils ont travaillé extrêmement fort« , savourait Kevin Bergin. On ne leur a pas donné grand-chose. Les deux petites erreurs qu’on a faites, ils nous les ont fait payer. On voit leur qualité : quand tu leur donnes des chances dans l’enclave, ils sont capables de marquer des buts. Ce qui est très positif aujourd’hui, c’est qu’on a mis plus de palets au filet. On a marqué quatre fois, ça va nous donner confiance pour le prochain match. »
Le powerplay et le piquet au rendez-vous
Ce réalisme avait jusqu’à ce quatrième match plutôt fui les Amiénois dans cette série. Ils n’avaient inscrit qu’un petit but par l’intermédiaire de Janis Svanenbergs lors du match 2 (1-2, 1-2 tab), soit 1 but sur 87 tirs cadrés (1,15 % d’efficacité contre 9,71 pour Rouen qui avait marqué 10 buts en 3 matchs, ndlr). Ce mercredi le Letton est resté muet mais il s’est illustré sur le but de Zachary Lavigne, le quatrième des Gothiques. Un ultime but inscrit en supériorité numérique qui a confirmé les bonnes dispositions des unités spéciales, même si l’infériorité numérique (4/4) s’est davantage distinguée que le powerplay (1/2). « Le piquet a été excellent. On a même tué un 5 contre 3 pendant 17 secondes. On a marqué en powerplay. Les unités spéciales ont fait le travail. La défense et Kozy (Taran Kozun) ont fait le travail. Je suis très fier de l’équipe« , répétait l’entraîneur québécois.

Qui aurait pu croire ou même prédire qu’à ce stade, ce quart de finale serait encore en cours ? Beaucoup imaginaient qu’il serait plié en quatre matchs en faveur des Dragons face à des Amiénois souvent décevants lors de la phase régulière qu’ils ont achevée à la 8e place. Kevin Bergin, de son côté, a préféré ignorer les « on dit ». « Ce que les gens pensent… Je connais mon équipe. J’ai confiance en elle et je l’ai eue toute l’année. Si on avait été capables de jouer de cette façon toute l’année, on n’aurait pas terminé 8e et on n’aurait pas eu à affronter la meilleure équipe du championnat. On les affronte et c’est à nous d’élever notre niveau de jeu comme ce soir. » Avec cette hargne et ce courage sur la glace, les Gothiques sont capables de mettre à mal et de faire douter cette équipe rouennaise qui répondra sûrement sur sa glace samedi.
César Willot
Crédit photo : Théo Bégler – Gazettesports.fr

