BOXE : Pour Housni Zahlag et Franck Patte, être champion de France junior c’est le début d’une belle carrière 

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La boxe à Amiens a connu depuis un siècle plus de bas que de hauts. En ce sens que rares ont été vraiment les champions qui ont fait carrière dans notre ville. Et pourtant, si on veut faire un retour en arrière, avec le cirque municipal, Amiens possède le cadre idéal pour accueillir de grands galas de boxe.

Amiens a la chance d’être proche de Paris et avant la guerre, un jeune entraîneur qui allait se transformer en organisateur, prenait le train depuis la capitale et venait annoncer aux journalistes locaux, le programme de la prochaine réunion. Cet homme s’appelait Jean Bretonnel qui, plus tard allait mener de A à Z la belle carrière de Jean Claude Bouttier.

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Rares ont donc été les boxeurs amiénois à se propulser au plus haut niveau, et si Bouziane Oudji a bien été champion de France professionnel au début du siècle, qu’il nous  pardonne mais incontestablement, le plus grand boxeur de l’après guerre reste Jacques Bataille. Chez les amateurs, il est devenu champion d’Europe à Oslo en 1949 et a remporté les fameux Golden Gloves aux États Unis.
Le Boxing Club Amiénois a donc honoré comme il se doit la mémoire de Jacques Bataille, puisque la salle de la Veillère porte le nom de celui qui fut un remarquable boxeur, mais aussi un excellent professeur, ayant dirigé la carrière de Jean Claude Lafarge et les frères Collet.

Et c’est justement dans cette salle Jacques Bataille que nous avons pu retrouver le tout nouveau champion de France amateur Housni Zahlag, qui a été fêté par la Ville d’Amiens et notamment le maire Hubert de Jenlis. Housni Zahlag est né à Amiens, et il a débuté dans la boxe thaï, a aussi pratiqué la natation avant de se fixer dans la boxe anglaise. Le tout nouveau champion de France avait à ses côtés son mentor Jérôme Fouache, mais aussi — et c’était une excellente initiative —, celui qui avait été également champion de France amateur, avec le même club en 1996, Franck Patte

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Ce dernier était donc venu spécialement de Berck où il s’est retiré sur le plan professionnel. Cette confrontation avec le sourire nous a permis ce face à face entre ces deux champions de génération différente avec cette question : que représente un titre de champion de France junior dans une carrière ?

Franck Patte se souvient de ce titre et surtout de ses débuts : « C’est vrai que c’est l’entame d’une carrière, mais c’est avant tout le résultat, car auparavant, cela a demandé beaucoup d’efforts. Sportivement, c’est peut-être le premier échelon, mais combien important. Bien sûr qu’être champion de France junior, on s’en rappelle toute sa vie. J’ai une consigne que je rappelle souvent : quand on tombe on se relève, et il faut être persévérant. Je dis toujours que ce n’est pas parce qu’on est moins doué qu’on n’y arrivera pas. Sinon on a perdu d’avance. Il faut alors s’entraîner plus que les autres. Je vais vous donner mon exemple : je n’étais pas du tout doué pour la boxe. […] J’ai ensuite persévéré et vous avez vu la suite. » 

Quant à Housni Zahlag il doit beaucoup à son entraîneur Jérôme Fouache mais aussi à ses qualités : « C’est évidemment un vrai plaisir que d’être champion de France junior mais aussi la reconnaissance d’un gros travail. C’est aussi un grand plaisir que d’avoir en face de moi Franck Patte. Mon credo sur le ring est celui-ci : c’est toujours avancer et si je tombe, je me relève, car il faut se mettre dans la tête que si vous tombez, le combat n’est pas terminé. Cela m’est du reste arrivé au championnat de France. Je suis tombé et pourtant j’ai gagné. Maintenant passer pro, je n’y pense pas car c’est trop tôt. J’ai tellement de choses à faire chez les amateurs avant que je ne passe professionnel. »

La grosse satisfaction d’Housni Zahlag est de voir que la boxe à Amiens attire de plus en plus de jeunes garçons et filles dans la salle de la Veillère. Enfin, posons cette question : et si Housni allait dans trois ans aux Jeux Olympiques ? Jamais un boxeur de la ville n’a eu jusqu’à présent cette chance.

Lionel Herber
Crédit photos : Léandre Leber et Lionel Herber (Gazettesports.fr)

Publié par Lionel Herbet

Journaliste historique du sport Picard et Amiénois. Lionel est la mémoire des plus grands exploits sportifs de la région.