Pour une surprise, c’est une surprise ! Quand on pense que mercredi matin, Omar Daf est venu en salle de presse présenter le déplacement de son équipe vendredi à Boulogne et que dans les heures qui allaient suivre, il serait démis de ses fonctions…
Nous étions exactement trois journalistes dans la salle et franchement rien ne présageait un tel dénouement. À un certain moment, notre confrère de France Bleu a posé cette question : « Vous sentez-vous en danger ? » Agacé, Omar Daf s’est alors contenté de répondre : « Mais pourquoi cette question ? Allez demander à la direction. »
Omar Daf était revenu sur la défaite contre Troyes, ce match de Boulogne, et un stade qu’il n’avait jamais fréquenté en tant qu’entraîneur. C’eut été une première. Le limogeage d’Omar Daf car c’est le mot qui colle le mieux, nous a surpris surtout à la veille d’un déplacement aussi périlleux que celui de Boulogne. Les dirigeants avaient-ils compris qu’Omar Daf était en perte d’enthousiasme et que son message ne passait plus auprès de ses joueurs. Pour nous, ce n’était pas le cas car en conférence de presse, il nous avait bien indiqué que lui et son équipe allaient se battre jusqu’au bout afin d’obtenir le maintien qui était le seul objectif du début de saison.
Un entraîneur qui se fait virer, c’est hélas devenu commun à l’Amiens SC. Qui se souvient, par exemple, que Patrick Parizon, qui avait emmené l’équipe de National en Ligue 2, fut remplacé brutalement par Arnaud Dos Santos. Quand ils arrivent à l’ASC, les entraîneurs se demandent à juste titre, s’ils iront jusqu’au bout de leur contrat ? Il faut remonter à 1983 pour trouver la trace d’un entraîneur qui n’avait pas été viré mais qui avait choisi de s’en aller. C’était Claude Le Roy qui venait d’achever son premier contrat de trois ans, s’apprêtait à reprendre pour une quatrième saison jusqu’au moment où le club de Grenoble l’appelait. Claude Le Roy était alors à l’aube d’une superbe carrière
De leur côté, certains entraîneurs remerciés par l’Amiens SC ont réussi ailleurs, le plus illustre étant Christophe Pelissier. En attendant, on ne peut que souhaiter bon courage à Julien Ielsch devenu le pompier de service, et à Serge Costa. Quant à Omar Daf, peut-être reviendra-t-il à Sochaux, son club de cœur, et dans lequel on annonce le retour de la société Peugeot.
Lionel Herbet
Crédit photo : Théo Bégler – Gazettesports.fr

