Les Gothiques d’Amiens, qualifiés pour les play-offs à trois journées de la fin de la saison régulière, doivent se servir de leurs dernières rencontres, dont celle contre Marseille ce dimanche au Coliseum (19h), pour espérer exister lors des quarts de finale dès le 13 mars.
À l’issue de la 41e journée, les Gothiques d’Amiens ont assuré leur place parmi les huit premiers du championnat. Ils ont enfin obtenu ce ticket pour les play-offs après s’être pourtant inclinés aux tirs au but contre Briançon (5-4 tab). Certains voient cette situation comme un soulagement de ne pas vivre des play-downs, ce qui aurait été une première dans l’histoire du club picard depuis qu’il évolue dans l’élite. D’autres ont du mal à s’en satisfaire et se demandent bien ce qu’Amiens aura à montrer lors des quarts de finale, surtout si c’est encore face à Rouen, le rival historique, qui a infligé à Amiens, mardi dernier, sa plus lourde défaite à domicile dans un derby (1-7). Et le dernier résultat des Dragons contre les Rapaces de Gap (10-2) n’est pas vraiment de nature à maintenir en vie le peu d’optimisme qui réside encore chez certains supporters.
26 défaites en 41 matchs
Ces derniers sont mécontents, et on peut le comprendre, de cet exercice 2025-2026, bien en deçà des attentes avec un bilan de 15 victoires pour 26 défaites après 41 journées, mais aussi parce que les objectifs ont forcément dû être revus à la baisse. Les Gothiques ont été incapables de réaliser des séries de victoires leur permettant de viser plus haut au classement. Ils ont, au contraire, réalisé deux séries de six défaites en championnat, en novembre avec une élimination en Coupe de France contre Caen qui a largement fait tâche, et à la mi-janvier. Cette seconde série a définitivement achevé l’idée de terminer à la sixième place et l’espoir est infime pour terminer septième. Elle avait même éveillé le frisson de terminer hors des huit premières places.

Au sein d’un effectif qui, on ne cesse de le répéter, a peu changé par rapport à l’an passé, quelques joueurs vivent difficilement cette saison. Gauthier Gibert avait, en janvier dernier, expliqué qu’il vivait « une saison avec plus de bas que de haut ». Le capitaine Aleksandar Magovac a confié être moins heureux que l’année dernière, aussi parce qu’il possédait un meilleur rendement avec 38 points en 59 matchs toutes compétitions confondues (11 buts et 27 assists) contre 16 en 38 matchs (6 buts, 10 assistances) à trois journées de la fin de la saison régulière. « On gagnait plus contre les équipes jugées plus fortes que nous. Je pense que tout le monde était plus heureux, estime le Slovène. Quand tu perds beaucoup de matchs, c’est plus difficile d’être complètement heureux. Peut-être que je me sentais plus libre dans le jeu, il est sûr que j’ai davantage apprécié la saison dernière que celle qu’on est en train de vivre. Mais cela arrive dans une carrière, il y a des saisons plus difficiles que d’autres, où tout va mal. Il y a aussi d’autres choses autour du hockey qui vont moins bien. Mais je dois toujours faire mon travail, me donner à 100 % pour aider l’équipe. Je n’aime pas perdre, personne n’aime ça. »
Le reset mental, on l’a déjà vu entre le match de Rouen et ce premier tiers.
Kevin Bergin, entraîneur des Gothiques d’Amiens
Malgré cette saison 2025-2026 régulière, la plus mauvaise, pour le moment, depuis 2011-2012 où les Gothiques avaient terminé huitièmes ; Kevin Bergin était d’ailleurs dans l’effectif en tant que défenseur ; celui qui est désormais l’entraîneur a l’intime conviction que son équipe peut être bien différente lors des play-offs. Dans la lignée des propos tenus par son attaquant Gauthier Gibert après le match à Rouen, qui estimait « que tout était possible puisqu’une nouvelle saison démarrait en play-offs », le technicien québécois assure que ses joueurs sont capables de tourner cette première page. « Le reset mental, on l’a déjà vu entre le match de Rouen et ce premier tiers, c’était plus qu’évident. Le groupe a été capable de se donner un coup de pied au derrière, il avait la volonté de démontrer que ce n’était pas notre jeu. Quand on joue ce genre de jeu, c’est sûr que cela va nous donner des avantages numériques et il faut faire le travail dans les unités spéciales en play-offs, soulignait-il après la défaite contre Briançon. Les équipes qui vont loin en play-off sont toujours celles qui ont les meilleures unités spéciales. On va travailler là-dessus, mettre l’accent sur le jeu physique pour rentrer en play-offs en pleine confiance. » Avec la réception de Marseille, ce dimanche, avant d’enchaîner un déplacement à Nice puis de recevoir Cergy-Pontoise, les Gothiques auront déjà un rythme de play-offs, de quoi s’y familiariser sur le plan physique.
Ligue Magnus, 42e journée
Dimanche 1er mars, 19h, Coliseum : Amiens (8e, 51 pts) – Marseille (6e, 64 pts)
César Willot
Crédit photo : Théo Bégler – Gazettesports.fr

