En déplacement chez le leader Ris-Orangis, l’entente Amiens-Lille ne se fait guère d’illusions quant à ses chances de succès. Surtout lorsque l’on sait qu’elle évoluera en effectif plus que réduit, une situation qui n’est pas nouvelle, mais qui s’est accentuée, devenant problématique au plus haut échelon national.
Face aux Phénix de Ris-Orangis, leader du championnat, l’entente Amiens-Lille, quasiment condamnée à la dernière place, sait ce qui l’attend. Ainsi donc, plus que la recherche de points, Claudia Tison et ses coéquipières tenteront de résister davantage que lors de la double-rencontre aller (défaites 0-9 et 1-16). « On va partir avec l’objectif de ne pas se prendre plus d’un certain nombre de buts et d’en marquer un ou deux, ça serait important pour le moral des troupes. » L’équipe des Hauts-de-France sait qu’elle n’aura que très peu le palet, l’occasion de travailler le système défensif, un aspect du jeu qu’elle n’avait pas l’habitude de mettre en place en match les saisons précédentes : « En N2, on était très focus sur l’avant parce qu’on marquait pas mal et on ne s’en prenait pas beaucoup. C’est l’inverse cette année. On doit apprendre à défendre et ça nous servira pour les autres saisons. »
Une politique de formation mais des besoins immédiats
C’est donc sans pression aucune que l’entente fera le déplacement en région parisienne, avec toujours dans l’idée de tirer des enseignements pour l’avenir. « On ne peut pas forcément rivaliser, il faut se dire qu’on est là pour apprendre. Ce n’est jamais agréable de se prendre des pilules. Mais il faut se demander ce qu’on peut mettre en place, que ce soit humainement, financièrement, en termes matériels, d’ici 3, 5 ans. Ce sont tous les aspects qui sont à prendre en compte pour pouvoir rivaliser dans ce genre de ligue. » Et le premier combat à mener sera celui de la construction d’un collectif solide, fiable et étoffé : « C’est la pire année en termes d’effectif et de profondeur de banc. On l’avait déjà souligné en fin de saison l’année dernière, en N1. Cette année on est confronté à pire que les deux autres saisons. On doit trouver des solutions et mettre des choses en place pour pallier à ça », confirme la joueuse et assistante-coach amiénoise. Ce week-end, les Rouges et Blanches ne pourront même pas évoluer à dix et à deux lignes, ne faisant le déplacement qu’à huit, voire à six dans le pire des cas : « À l’extérieur, ce n’est clairement pas possible, surtout face à une équipe comme Ris-Orangis. »
Jusque-là, en N2, cette faiblesse d’effectif n’était pas vraiment visible, les déplacements étant moins longs, les matchs moins nombreux et les adversaires moins redoutables. Au premier échelon national, cela ne passe plus et la montée de division n’a pas aidé à recruter à l’extérieur. « On a pensé que ça pourrait être un levier pour attirer d’autres joueuses », concède Claudia Tison. L’objectif principal du club est, depuis quelques années, de former des jeunes filles, à partir de 8 ou 9 ans, pour renforcer l’équipe senior dans les années à venir. Mais il faudra donc au moins attendre qu’elles doublent leur âge, un travail sur le long terme qui est nécessaire mais qui ne correspond pas aux besoins immédiats de la formation de la Veillère.
Recruter des joueuses expérimentées dans un milieu qui est amateur, où on n’a pas de budget, aujourd’hui, c’est très compliqué.
Claudia Tison, joueuse et assistante-coach de l’entente Amiens-Lille
De l’expérience, cette dernière en a, mais « c’est vrai qu’on a fait face à des aléas de la vie, une grossesse, des blessures, des désengagements. Tout ça réuni fait que, déjà sur un effectif qui n’est pas à 14 joueuses de base, ça va très vite. » Et de l’expérience, difficile d’en ajouter selon Claudia Tison : « Recruter des joueuses expérimentées dans un milieu qui est amateur, où on n’a pas de budget, aujourd’hui, c’est très compliqué. Les Belges qui viennent chez nous n’ont rien du tout, elles n’ont même pas de défraiement sur les allers-retours France-Belgique. C’est par pure amitié [qu’elles viennent].« Le problème n’est pas sans solution mais l’équation reste difficile à résoudre, du moins à court terme. En attendant, Amiens-Lille tentera de faire bonne figure jusqu’à la fin de la saison, quel que soit le nombre de guerrières.
Nationale 1, 7e journée :
Samedi 21 février à 18h & dimanche 22 février à 10h30 : Ris Orangis (1er, 36pts) – Amiens-Lille (6e, 1pt)
Simon Vasseur
Crédit photo : Théo Bégler – Gazettesports.fr

