HOCKEY SUR GLACE – Ligue Magnus : Les unités spéciales, le boulet à la cheville des Gothiques

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Voilà six matchs que les Gothiques d’Amiens n’ont pas goûté au succès. En cause, une incapacité chronique à marquer, notamment en supériorité, et une nouvelle mauvaise manie, celle de concéder beaucoup de pénalités, coûtant plus ou moins directement la victoire.

La rencontre face aux Boxers de Bordeaux est le meilleur exemple de ce que peuvent proposer les Gothiques d’Amiens en ce moment. Plutôt bien dans la partie dans le premier tiers, ils rentrent néanmoins aux vestiaires avec un but de retard, incapables de prendre les devants lors des 20 premières minutes, comme depuis huit matchs désormais. Dans le deuxième et le troisième acte, ils encaissent trois de leurs quatre buts en infériorité numérique. Pour Kevin Bergin, entraîneur de l’équipe, les cinq minutes de pénalité sifflées à l’encontre de Gauthier Gibert sont « extrêmement sévères. Je vais demander l’avis d’autres personnes autour de moi, mais pour moi, il ne touche pas à la tête au premier impact, il y a épaule à épaule sur cette charge-là. Si tu le frappes vraiment à la tête, je crois que le joueur ne serait pas revenu sur la glace. » Cette situation n’est pas sans rappeler la double pénalité concédée contre Grenoble, là aussi jugée injuste, qui avait anéanti les espoirs samariens.

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Infériorités & supériorités, les raisons des récents échecs

Toujours est-il que ces fautes, légitimement signalées ou non, sont sifflées et que celle de ce match face aux Boxers aura coûté deux buts. Mais même à 3-0, l’espoir était permis pour les Picards, encore plus après la réduction de l’écart de Magovac au tout début de la dernière période. Mais quelques secondes plus tard, Bergeron filait lui aussi en prison, conduisant au quatrième but des Girondins, celui qui assommait définitivement les pensionnaires du Coliseum. « Il fallait trouver le moyen de tuer cette pénalité-là, tout de suite après avoir marqué un but. Il faut être meilleur en désavantage », confirme le technicien québécois. Cela fait maintenant cinq rencontres consécutives que les Gothiques flanchent à quatre contre cinq au moins une fois pour un total de huit buts encaissés sur cette phase de jeu. Cela revient à 1,6 but concédé en infériorité en moyenne par match sur les dernières sorties contre 0,59 sur les 32 premiers affrontements.

Enfin, ce n’est guère mieux au niveau des supériorités. Lors des six derniers matchs, lesquels se sont soldés par des revers, les Gothiques ont été à 18 reprises en avantage numérique pour… deux buts. Encore une fois, le ratio global de la saison est satisfaisant (22,68% de conversion), mais il est moitié moins bon sur ce dernier échantillon (11,1%), expliquant ainsi la difficulté flagrante des joueurs de Kevin Bergin, qui concède des manquements sur cet aspect du jeu : « À ce moment de l’année, ce n’est plus assez de juste compétitionner. On se crée des chances en première période, en avantages numériques, on a eu quelques chances, mais on ne les a pas mises au fond du filet. » En revanche, le coach picard le souligne, son équipe est loin d’être ridicule en égalité numérique, la preuve avec une virtuelle courte défaite 2-1 face à Bordeaux, Chamonix et Nice en cinq contre cinq, un potentiel 3-2 contre Grenoble et un 2-2 contre Gap.

Six défaites mais pas sept ?

Pour rester dans les chiffres, mais de nouveau sur un ton grave, cette défaite contre Bordeaux a signé la septième du genre consécutive à l’extérieur. C’est encore loin du champion en la matière, Chamonix, qui en est à 11 revers mais, au contraire des Pionniers qui parviennent à gagner à domicile (quatre succès sur les quatre derniers matchs, notamment contre les Gothiques), les Amiénois peinent également à se faire respecter au Coliseum. D’ailleurs, grâce à leur nouvelle victoire sur leur patinoire, les Haut-Savoyards grattent encore du terrain sur les Rouge et Noir puisqu’ils ne sont plus qu’à six points, soit deux succès, de venir chipper la 8e et dernière place qualificative pour les play-offs. Les Gothiques sont donc plus que jamais menacés à sept rencontres de la fin de la phase régulière. Mais si l’on veut faire parler une dernière fois les statistiques, d’un point de vue positif cette fois, rappelons-nous que cette série de six défaites en championnat, les Amiénois l’ont connue en novembre. À l’issue de la sixième, ils avaient relancé la machine en gagnant à quatre reprises. Espérons le même sort en février, même si cela supposera, vendredi prochain, de disposer des Ducs d’Angers, invincibles lors de leurs neuf dernières sorties.

Simon Vasseur
Crédit photo : Théo Bégler – Gazettesports.fr (archive)