HOCKEY SUR GLACE – Ligue Magnus : « Personne ne baisse la tête ni les bras », assure William Lemay

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La saison régulière décevante des Gothiques d’Amiens, actuellement huitièmes, peut difficilement être sauvée, mais il leur reste 8 matchs, dont le déplacement à Bordeaux ce vendredi, pour assurer leur place en play-offs.

La 8e place des Gothiques ne satisfait personne. Les supporters, qui avaient déjà montré leur mécontentement lors du mois de novembre durant lequel les Amiénois avaient concédé sept revers de rang, ont de nouveau usé de quelques sifflets ce mardi à l’issue de la première période manquée contre Gap (3-4, tab). La direction n’y goûte guère non plus, à l’image d’un Jean-Luc Mention, le président du club, descendu des tribunes pour se rendre près du banc à la fin du premier tiers pour hausser la voix. L’entraîneur Kevin Bergin, son staff et les joueurs le sont aussi, et peut-être bien les premiers. D’autant qu’Amiens n’a jusque-là jamais disputé les play-downs depuis que le club est dans l’élite, ni même terminé à cette dernière place qualificative pour les play-offs depuis que le championnat se dispute à 12 équipes. Pour le voir terminer à la huitième place, il faut remonter à la saison 2011/2012. « On n’a pas envie de faire partie de cette équipe qui va en play-downs, c’est sûr. Ce n’était pas du tout le plan d’être à cette place. On n’est pas où on veut être, on sait que nos performances ne sont pas à la hauteur, admet William Lemay, le meilleur buteur amiénois en Ligue Magnus avec 17 réalisations. Mais je crois qu’il ne faut pas regarder en arrière, il nous reste 8 matchs, si on fait le job, on n’aura pas de problème. […] Il n’y a pas un joueur qui vient à la patinoire en se disant que, comme la situation ne va pas bien, je vais me mettre la tête entre les jambes. Ce n’est pas le cas, personne ne baisse la tête ni les bras. »

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Il n’y a pas un joueur, pas un membre du staff qui ne travaille pas à 150 % pour qu’on finisse la saison sur une bonne note.

Kevin Bergin, entraîneur des Gothiques d’Amiens

C’est une saison difficile pour tout le monde, mais pas au point d’être à oublier pour Kevin Bergin, qui a toujours le soutien de ses dirigeants. Au moins jusqu’à la fin de cet exercice, comme l’a déclaré Jean-Luc Mention chez nos confrères du Courrier picard en début de semaine. Cette première année comme entraîneur principal en Ligue Magnus offre peu de répit au Québécois qui a débarqué à la fin du mois de juillet pour remplacer Mario Richer. « On ne s’attend jamais à ce que ce soit compliqué comme maintenant. Tu ne peux jamais t’apitoyer sur ton sort parce que ce n’est pas comme ça qu’un professionnel doit fonctionner. On doit regarder vers l’avant, il n’y a pas d’excuses. Le niveau n’est pas là où j’aimerais qu’il soit. » La mayonnaise n’a pas pris, ou seulement par moments, dans une saison où les Gothiques ont soufflé le chaud et le froid. Si les résultats et la situation ne sont pas ceux espérés, Kevin Bergin garde la face et cultive encore l’espoir de redresser la barre avant les play-offs. « Sachez qu’il n’y a pas un joueur, pas un membre du staff qui ne travaille pas à 150 % pour qu’on finisse la saison sur une bonne note, clame-t-il. Notre objectif premier est d’aller à Bordeaux pour prendre les trois points, on l’a déjà fait cette saison, de se remettre sur les rails pour ensuite se concentrer à élever notre niveau de jeu parce qu’actuellement, il n’est pas assez bon. »

Un retour aux basiques dès l’entame

Si tout le monde semble encore tirer dans le même sens, les perspectives sur la fin de la saison régulière sont limitées en étant à huit points de Briançon 7e. Pour s’éviter des prochaines semaines sous pression, mais aussi une potentielle remontée de Chamonix, les Gothiques doivent relancer la machine. Mais le calendrier à venir ne garantit pas, au vu de la dynamique, que la relance soit immédiate. Décevants contre les équipes moins bien classées (Gap, Chamonix), Amiens va désormais se farcir un calendrier relevé en enchaînant un déplacement à Bordeaux ce vendredi avant de recevoir Angers une semaine plus tard, et doit encore jouer contre Bordeaux, Rouen, Marseille et Nice. Face aux Boxers, ce sera sans Janis Svanenbergs, qui se remet doucement d’un Covid, mais aussi sans Clément Fouquerel, blessé à l’échauffement à Chamonix, qui fera son retour après la trêve, et sans Kristjan Cepon.

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A huit matchs de la fin de la saison régulière, les Gothiques, sur cinq défaites de rang, ne sont pas encore assuré participer aux play-offs.

Pour se sortir de cette spirale négative, les Gothiques doivent impérativement régler ce souci d’avoir plusieurs visages sur la glace au cours d’un même match. En l’occurrence, un premier tiers si souvent manqué depuis le début de la saison et à l’issue duquel ils sont pratiquement toujours menés. A force, un certain blocage s’est peut-être immiscé dans le casque des joueurs, comme le suppose William Lemay. « C’est possible. Je pense que ça revient un peu à ce que Kevin (Bergin) nous a dit. Quand tu commences le match sachant que les derniers ne se sont pas bien déroulés, des fois on veut trop bien faire, mais au final, cela donne l’effet inverse. » Dans ce sens, la première période contre Gap a été revisionnée lors d’une séance vidéo et un retour aux basiques devrait être opéré : un jeu plus simple, moins de prise de risque dans les grandes lignes. Il aura fallu le temps, mais peut-être Kevin Bergin a enfin trouvé la solution à ces nœuds qui empêchent les Gothiques de jouer libérés. Il aura ses premiers éléments de réponse sur la glace de Mériadeck.

Ligue Magnus, 37e journée
Vendredi 30 janvier – 20h15, patinoire Mériadeck
Bordeaux (4e, 66 pts) – Amiens (8e, 44 pts)

César Willot
Crédit photo : Théo Bégler – Gazettesports.fr