Malgré de nouveaux lourds revers contre Grenoble, qui les condamnent pratiquement à la dernière place, les joueuses de l’entente Amiens-Lille préfèrent prendre ces rencontres et cette saison en général comme un apprentissage pour les années à venir.
« Les scores parlent d’eux-mêmes, 10-1, 11-1… », démarre Claudia Tison, joueuse et assistante-coach de l’entente Amiens-Lille, le regard désabusé. C’est en effet un nouveau week-end de compétition difficile pour elle et son équipe, qui n’ont jamais été en mesure de faire trembler les Yétis de Grenoble, l’une des deux meilleures équipes françaises de roller-hockey. « Sur le match de la veille, on a quand même proposé des choses, on voit qu’il y a un apprentissage qui a été fait. On ne joue plus de la même façon, il faut quand même le souligner », relativise-t-elle. Mais la tâche, déjà difficile samedi soir, a été rendue encore plus complexe, dimanche matin, avec la désertion de l’une des joueuses de cet effectif déjà réduit : « Tu arrives le matin, tu apprends qu’il y en a une, tu sais pas pour quelle raison, elle ne vient pas. La raison, c’est « une fracture du moral. »Tu ne peux pas être faible mentalement, ce n’est pas possible à ce niveau-là« , s’insurge la numéro 21 de l’entente, très remontée quant à ce comportement. « Éléonore (Huguet), qui devait repartir, au final, elle est restée, donc merci à elle parce que sinon on aurait été six. »

Mais même à sept, les joueuses des Hauts-de-France n’ont rien pu faire face à ce « rouleau compresseur » qui s’entraîne ensemble depuis des années : « C’est difficile, car ce sont trois lignes de haut niveau avec beaucoup de joueuses de l’équipe de France », précise Céline Damelincourt, capitaine d’Amiens-Lille. « Ils ont des systèmes de jeu qui sont en place depuis des années. Nous, on arrive, on commence à mettre en place notre système de jeu, on n’est pas beaucoup et on n’a pas la même moyenne d’âge non plus avec des filles comme moi, 42 ans, ou Hélène qui a 47 ans, Claudia a plus de 35 ans aussi. On n’a plus les mêmes jambes que des gamines de 18-20 ans. » Tous ces facteurs font que la différence est importante avec deux confrontations sans appel : « 21 buts encaissés en deux jours… J’aime bien le numéro 21 mais là, pas trop quand même », préfère ironiser Claudia Tison.
Presque condamnées à la dernière place mais pas à la descente
Cherbourg, adversaire principal de l’entente pour le maintien, a réalisé un week-end impressionnant en prenant quatre points face à Montpellier. Une performance qui condamne presque à coup sûr les pensionnaires de la Veillère à la dernière place du classement. Pas de quoi miner leur moral, lesquelles préfèrent prendre cette fin de saison avec philosophie : « Il faut garder la tête haute, parce que je pense que c’est une chance de pouvoir jouer contre des joueuses comme ça, et qu’il n’y a que face à meilleur qu’on progresse. On ne baisse pas les bras, le noyau il est là et il se battra jusqu’au bout », assure Claudia Tison. Céline Damelincourt voit aussi le côté positif, notamment après avoir battu facilement Reims, équipe de N2, en Coupe de France : « Dès que c’est un petit cran en dessous, on voit que finalement, on a appris plein de choses cette année, même si on ne s’en rend pas compte sur les scores, parce qu’ils sont sévères. On propose quand même des choses, on n’est pas complètement ridicules. »

La problématique de l’entente Amiens-Lille est plus globale au roller-hockey féminin. Les équipes compétitives se comptent sur les doigts d’une main et l’écart de niveau entre les formations de N1 et de N2 est abyssal, même entre les mauvais élèves de première division et les meilleurs de la deuxième, rendant très difficile l’adaptation des formations novices au plus haut niveau : « Dès qu’on monte en N1, on sait que ça va être très dur. Et si on redescend en N2, c’est plus facile de gagner, on ne progresse pas. On reste sur nos acquis », relève la capitaine amiénoise. « Personnellement, je préfère jouer des grosses équipes. C’est très dur, mais on va progresser. » Car elle et les siennes ne comptent pas, malgré leur dernière place au classement, redescendre à l’échelon inférieur. Même si elles y restent jusqu’à la fin de la phase régulière, elles pourront encore espérer conserver leur place en N1 en cas de succès lors d’un barrage face au vainqueur de N2. Et la perspective d’une potentielle demi-finale de Coupe de France donne une autre raison de s’accrocher jusqu’en fin de saison.
Simon Vasseur
Crédit photo : Théo Bégler – Gazettesports.fr

