HOCKEY SUR GLACE – Ligue Magnus : Premier tiers, prolongation, tirs au but… Ces moments que les Gothiques ne savent pas gérer

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S’ils se sont parfois montrés capables d’outrageusement dominer certains tiers, il ne reste qu’aux Gothiques d’Amiens de maintenir la pression sur tout un match. Car, trop souvent cette saison, les premières périodes, les prolongations et les tirs au but ont été bien mal négociés, coûtant de nombreux points.

Vendredi, après une nouvelle défaite concédée en prolongation face aux Aigles de Nice, Kevin Bergin, entraîneur des Gothiques d’Amiens, avait fustigé le comportement de ses joueurs lors du premier tiers. 20 minutes qui ont été analysées et qui doivent servir de leçon : « On a regardé ce qu’on a mal fait au premier tiers. J’ai essayé de faire réaliser aux joueurs que, quand on joue d’une certaine façon, on est efficace, on est capable de générer un 17 tirs contre 3 pour l’adversaire lors du deuxième tiers. » Ce « coup de gueule » résonnait fort dans la presse mais également dans le vestiaire : « Il dit ce qu’il a à dire. Il n’avait pas tort non plus. À un moment donné, il faut dire les choses aussi », confie Guillaume Roussel, défenseur amiénois, qui n’a pas non plus voulu s’étaler sur le sujet. Que manque t-il aux Picards pour mieux jouer ? La fin de la phase régulière approche et le numéro 26 samarien avoue ne pas trop savoir : « C’est la question que tout le monde se pose. On essaie de travailler fort pour avoir cette réponse. »

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Un premier tiers handicapant, des pénaltys imprécis

S’ils ont prouvé qu’ils étaient en mesure de faire plier leurs adversaires, démontrant donc des qualités purement techniques, les Picards ont beaucoup trop de passages à vide, ce qui relève donc plus de l’aspect psychologique : « Comme je l’ai mentionné aux gars en sortant de la glace, c’est une question de « mindset », d’implication mentale, maintenant. On ne contrôle pas les arbitres, mais on contrôle la façon dont on joue, quelle que soit l’équipe en face. Il faut qu’on joue notre jeu », insiste Kevin Bergin, qui a notamment déploré le démarrage plus que difficile de ses hommes cette saison. Sur les 33 rencontres disputées, ces derniers n’ont mené au score après 20 minutes qu’à huit reprises pour autant de 0-0. Lors de 17 rencontres, ils ont encaissé le premier but de la partie durant ce premier tiers et ont été autant de fois derrière au tableau d’affichage à la pause, symbole d’une équipe diesel qui ne parvient jamais ou presque à inverser la tendance, ni même à égaliser. C’est pour cette raison que le technicien québécois a quelque peu changé ses exercices d’entraînement : « On a fait beaucoup plus de situations à cinq contre cinq dans les deux derniers jours pour essayer de mettre les joueurs justement dans ces situations de match, pour développer une intensité. Je vois que le désir est là mais il reste à le démontrer en match, pendant 60 minutes. »

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Bastien Maïa, l’un des rares Gothiques à avoir trouvé la faille sur pénalty cette saison.

Alors que Guillaume Roussel et ses coéquipiers sortent de deux matchs perdus au-delà des 60 minutes, le défenseur de 23 ans voyait deux points de gagnés plutôt que des points laissés en route : « Ce n’est pas facile à digérer, mais on retire quand même pas mal de positif parce que ce sont des matchs plus complets qu’on fait dans l’ensemble. Aller chercher des points, c’est une bonne chose. » Pourtant, on peut là aussi regretter ces temps de jeu mal gérés par les Amiénois. Car si les premiers tiers globalement manqués leur ont souvent porté préjudice pour la suite de la rencontre, les obligeant à courir après le score et à faire de gros efforts pour ne serait-ce que égaliser, la maladresse affichée en prolongation et aux tirs au but finit par coûter cher : un seul succès sur six exercices du genre. Incapables de faire la différence sur les cinq minutes de jeu supplémentaires, au contraire de leurs adversaires, les Picards se sont aussi jusque-là montrés particulièrement maladroits sur les pénaltys avec seulement trois buts inscrits sur 15 tentatives, soit le pire ratio de la ligue à égalité avec Anglet. Sauf que l’Hormadi possède de bien meilleures statistiques de buts encaissés (20 % contre 47 % pour Amiens, troisième pire équipe dans ce domaine).

Grenoble, un leader prenable ?

Mais avant d’espérer gagner en prolongation ou aux tirs aux buts, faut-il encore y parvenir. Sur la patinoire des Brûleurs de Loups de Grenoble, leaders de Ligue Magnus, ramener ne serait-ce qu’un point serait déjà une petite victoire au vu de la situation actuelle des Gothiques, désormais 8e. Et qu’il faudra faire sans Kristjan Cepon, toujours blessé, et Justin Bergeron, suspendu pour les deux prochains matchs en raison de sa lourde charge sur Jordan Mugnier, auteur du but vainqueur. Mais le leader grenoblois est « fragile » car sous la menace de Rouen et d’Angers, qui ont au moins un match de retard, et les Isérois restent sur un revers à Bordeaux (4-2), dimanche. Ils avaient aussi perdu sur leur glace, il y a une semaine, contre des Jokers de Cergy-Pontoise, loin de jouer les premiers rôles cette saison. « Bordeaux, c’est une équipe qu’on a déjà battue cette année. Cergy-Pontoise, on l’a déjà battu cette année. Ils ont aussi perdu contre Briançon qu’on a déjà battu », relève Kevin Bergin qui veut y voir un motif d’espoir. Demain, c’est une question de mental. Il faut rentrer sur la glace et contrôler notre jeu. On joue à 100 % de notre capacité et on verra ce qui arrive après. » Si ce n’est la victoire, ils n’y sont plus habitués à l’extérieur, les supporters amiénois espèrent au moins voir leur équipe tenir la dragée haute à une formation que les Rouge et Noir n’ont jamais réussi à faire trembler.

Simon Vasseur
Crédit photo : Théo Bégler – Gazettesports.fr