Longtemps loin de se diriger vers la victoire, les Gothiques d’Amiens ont finalement rallié la route du succès, ce vendredi, face aux Diables Rouges de Briançon, grâce à une remontée au score qui témoigne d’un effectif au solide mental malgré des performances en dents de scie.
Après huit minutes de disputées dans le premier tiers, le public du Coliseum était encore plus refroidi qu’il ne l’était déjà en raison des faibles températures. Et pour cause, ses joueurs étaient menés 2-0 par des Diables Rouges de Briançon très bien rentrés dans leur match, au contraire des Gothiques. « On commence trop soft, on ne fait pas les choses simples qu’on a faites en deuxième et troisième période. On sait qu’on a mal commencé, mais après ça, je pense qu’on s’est bien racheté », confie Félix Larose, discret mais précieux défenseur de l’équipe. Car effectivement, la suite a été plus joyeuse pour les Amiénois qui ont tout de même attendu les cinq dernières minutes pour véritablement enflammer la partie avec deux réalisations coup sur coup pour égaliser. « J’ai aimé le caractère après les dix premières minutes. Le premier but, il nous a comme dégonflé les pneus de la voiture. Après ça, on a fermé la porte et on a eu une réaction des 20 joueurs« , souligne Kevin Bergin, entraîneur des Gothiques.

Selon lui, ses joueurs auraient mérité de marquer plus tôt, considérant qu’ils avaient obtenu beaucoup d’occasions en deuxième partie de premier tiers, même si en réalité moins que leurs adversaires (8 tirs contre 13) : « Les dix dernières minutes de la première période ont été très bonnes. J’ai dit aux joueurs dans le vestiaire : « C’est à vous de choisir les gars : vous jouez comme les dix premières ou vous jouez comme les dix dernières. » Si vous jouez comme les dix dernières, on va gagner le match. C’est ce qui est arrivé. » Félix Larose, comme ses coéquipiers, avait donc bien reçu le message et a préféré retenir le positif pour amener le positif : « On se dit qu’il ne faut pas regarder en bas. Oui, ça a mal commencé, mais ce qui compte, c’est tout le match, les 60 minutes. Donc, c’est très important à chaque minute de sortir fort. »

Face à Briançon, une équipe en pleine confiance après son succès contre Grenoble, les Picards n’ont pas paniqué et ont su renverser un match mal embarqué : « Je suis vraiment content du come-back. On a rebondi, on ne s’est pas écroulé comme on a fait à Rouen« , relève le technicien québécois. « Après un 2-0, tôt dans le match, on aurait pu se dire, c’est fini. Là, au moins, on est revenu, c’est bon pour la confiance. C’est bon de savoir que, quand tu perds 2-0, tu es capable de revenir dans un match et de le gagner. Il y a juste un des visages de l’équipe dont il faut se débarrasser le plus tôt possible. » Comprenez, le visage des dix premières minutes. Le numéro 89 de l’effectif samarien est revenu sur le dernier tiers de la partie, celui qui a permis aux Gothiques de passer devant pour la première fois et de façon définitive : « C’était très important d’être bon défensivement. Notre gardien a fait les arrêts clés au bon moment et certains joueurs ont effectué des bons block-shots. Je pense qu’on a bien contrôlé la fin de match avec nos vétérans qui nous ont bien géré avec leur leadership. »
Zachary Lavigne encensé par son coach
S’il a loué le bon comportement global de son équipe, Kevin Bergin a mis en avant son numéro 61, élu MVP de la rencontre, pour son travail sur les mises en échec et ce, malgré les provocations et les coups reçus qui auraient pu le pousser à sortir de son match : « Il aurait pu partir dans l’indiscipline car il y a eu une mauvaise charge par derrière sur lui. Il aurait pu mettre sa personne en avant mais il a mis l’équipe en avant donc il n’a pas répliqué. Ce sont des petits gestes que les supporters ne voient pas mais quand un gars ne réplique pas à des choses comme ça, les autres ne se permettent pas de le faire non plus. » En parlant d’eux, les supporters peuvent se satisfaire de voir leur équipe de nouveau briller à domicile. Après un début de saison très difficile à la maison et convaincant à l’extérieur, le dernier mois de compétition a vu la tendance s’inverser : 4 succès sur 6 à domicile mais 1 sur 4 à l’extérieur. Pour prétendre à autre chose que l’actuelle 7e place, il faudra de nouveau gagner loin du Coliseum : « Je crois qu’on est une équipe qui se sous-estime un peu. On a beaucoup de talent mais on est aussi des travailleurs« , estime Félix Larose. « Gagner à l’extérieur, ça va être très important, surtout dans le prochain mois. » Passé ce complexe d’infériorité, les Gothiques devront faire la différence sur la glace des autres et cela pourrait se faire dès mardi, à Marseille.
Simon Vasseur
Crédit photo : Théo Bégler – Gazettesports.fr

