Gêné depuis de longs mois par des pépins physiques, Clément Fouquerel semble enfin voir le bout du tunnel dont il aura peiné à entrevoir la lumière. Remotivé, le gardien de 35 ans espère pouvoir apporter sa contribution sur la fin de la saison des Gothiques d’Amiens, aux côtés de son coéquipier Taran Kozun.
Bien moins en vue que lors de ses deux premières années avec les Gothiques d’Amiens, Clément Fouquerel n’a pris part qu’à 8 rencontres de championnat depuis le début de cet exercice 2025-2026 (contre 14 à la même période l’an passé (2024-2025) après 32 journées et 17 en 2023-2024 après 30 journées). La saison de ses 35 ans est l’une des plus difficiles de sa carrière, gêné par des pépins physiques qui ont mis du temps à le laisser tranquille, jusqu’à remettre en question la fin de sa carrière. L’ex-international français (9 sélections) s’est confié sur ces derniers mois qui ont été difficiles à vivre. Alors qu’il semble enfin débarrassé de ses problèmes, le portier amiénois veut rattraper le temps perdu et se veut ambitieux sur la fin de la saison.
Vous n’avez pas joué depuis un mois, c’était le 7 décembre dernier contre Grenoble (2-7), comment vous sentez-vous ?
Clément Fouquerel : « Je vais mieux, surtout depuis aujourd’hui. Je crois que c’est mon premier entraînement sans douleur depuis plus de deux mois. J’espère que ça va continuer comme ça. C’est sûr que ces dernières semaines et mois n’ont pas été faciles. Même si j’étais toujours présent à l’entraînement ou avec le groupe, ça n’a pas été simple. Mais j’étais toujours là pour les gars, les soutenir quand ça allait bien et moins bien. J’espère que je commence une nouvelle phase et que ma saison va enfin pouvoir commencer.
Ces douleurs qui vous gênaient sur la glace vous empêchaient-elles d’avoir du plaisir à l’entraînement ?
C’était très gênant sur la glace. Je ne vais pas entrer dans les détails, mais c’était très douloureux, même insupportable. L’envie de venir à la patinoire, d’être dans le vestiaire avec les copains était toujours là. Mais c’est vrai que dès qu’il fallait mettre l’équipement, c’était différent. Il y avait beaucoup moins de plaisir. Ce matin, j’ai enfin pris du plaisir et c’est peut-être pour ça que j’ai un peu plus le sourire aujourd’hui.
Quand on a de la difficulté à mettre son équipement de hockey, mentalement, c’est difficile.
Clément Fouquerel, gardien des Gothiques d’Amiens
Comment avez-vous traversé cette période ?
C’était difficile. Heureusement, j’étais accompagné par ma famille. J’ai quelques gars dans l’équipe, comme Mathieu (Mony), Bastien (Maïa) ou Ilies (Djemel), qui sont plus que des coéquipiers et qui m’ont aidé. Le staff m’a aussi aidé. Henri (Corentin Buysse, l’entraîneur des gardiens) était là aussi pour moi. On sait tous pourquoi Henri a arrêté. Il jouait malgré de grosses douleurs. Il m’a accompagné pour essayer de trouver des solutions et puis essayer de prendre du plaisir malgré les douleurs. Avec l’âge que j’ai, je pense à beaucoup de choses. Il reste trois mois de saison. J’ai envie de profiter jusqu’au bout et de prendre du plaisir. C’est surtout de ça dont j’ai envie.
Est-ce la saison la plus difficile de votre carrière ?
(Il réfléchit) Quand j’étais à Gap, j’ai eu une saison difficile (2015-2016) parce que je m’étais fait opérer de l’épaule. Mais celle-là est plus dure parce que malheureusement, je vieillis. Et plus on arrive à la fin et plus on a juste envie de prendre du plaisir. Et plus j’apprends ça avec le temps. Mais en vieillissant, on a de plus en plus de douleurs un peu partout sur le corps. Ce qui était dur, c’était de savoir les gérer mais aussi de trouver des solutions. Quand on a de la difficulté à mettre son équipement de hockey, mentalement, c’est difficile. Même quand on aime ça et que c’est notre métier. On a essayé de chercher des solutions. J’ai vu des spécialistes. Aujourd’hui, je pense qu’on en a trouvé une qui peut être bénéfique pour la suite de la saison.

Est-ce qu’à un moment donné vous avez pensé à arrêter votre carrière ?
Je ne vais pas dire que je n’y ai pas pensé. Mais je suis un compétiteur, j’aime le hockey plus que tout. C’est sûr que mentalement, psychologiquement, je ne vais pas le cacher, je suis passé par beaucoup d’émotions. À un moment donné, je me suis posé la question. Je n’ai pas lâché. Même quand je m’entraînais, il y avait des douleurs, ce n’était pas tous les jours facile. J’essayais d’être présent sur la glace, de prendre un peu de plaisir, de smile avec les gars.
Cette période a mis votre mental à rude épreuve…
Oui parce que dans la vie de tous les jours, je subissais un peu la douleur. Quand je mettais l’équipement, c’était vraiment un supplice. Je vais avoir mal et je vais subir. Et le problème, c’est que je subissais, même en ne jouant pas. Et c’était ça qui était dur. Garder l’équipement pendant trois heures, pendant un match, c’était un supplice pour moi, même assis sur une chaise. C’est ça qui était dur mentalement. Les jours passaient et il n’y avait pas d’amélioration. C’est passé de jours en semaines et de semaines en mois, c’était très compliqué. Je pouvais quand même continuer à m’entraîner, être avec le groupe. Je n’étais pas seul, il y avait du monde qui était là à mes côtés pour m’aider. J’espère, comme je l’ai dit, que je vois le bout du tunnel.
Pour moi, ma saison n’a pas commencé.
Clément Fouquerel, gardien des Gothiques d’Amiens
Malgré ces douleurs qui traînaient en longueur, vous avez joué durant cette période difficile. Il y a notamment ce match contre Grenoble, le dernier auquel vous avez pris part et où vous ne jouez qu’une minute et 35 secondes après avoir concédé deux buts. Était-ce un coup de massue supplémentaire ?
C’est sûr. Quand on est joueur professionnel, souvent, on joue avec des douleurs. Il y a des matchs, ça passe, d’autres pas du tout. Sur ce match de Grenoble, ce n’est pas passé. À Nice, c’est passé. À Briançon, en début de saison (0-5), c’est passé. Quand le match nous réussit, on a un regain d’énergie mentale. Dans le cas inverse, on se pose 15 000 questions. On est sportif et professionnel. On se doit, malgré des pépins physiques, malgré des douleurs, de performer. Ma saison, pour moi, n’a pas commencé. J’espère qu’elle va commencer dans les prochaines semaines. Il va falloir que je me mette vite à retravailler fort aux entraînements pour retrouver un certain niveau et aider Taran (Kozun) dans cette tâche difficile, qui est la qualification en play-offs.
Rechausser les patins en compétition officielle, on sent que c’est ce qui vous anime et que cela vous manque…
Oui, c’est exactement ça. Retrouver du rythme et surtout essayer de retrouver de la performance. C’est surtout ça. Quand on n’a pas joué, on a beau s’entraîner, il n’y a que le rythme de match qui donne du plaisir et qui nous permet de performer. La saison est quand même très bien avancée. On est déjà au mois de janvier. Il va falloir vite retrouver du rythme et de la performance pour aider Taran (Kozun).

Durant ces mois difficiles, quand vous voyez Taran Kozun performer sur la glace, est-ce que cela permet de relativiser en se disant qu’il y a quand même quelqu’un de performant qui garde les buts ?
Je pense que ça a eu un impact à la fois bénéfique et négatif. D’un côté, je me suis complètement reposé sur Taran. J’avais les douleurs et je sais ce que Taran est capable de faire. Je sais qu’il peut tenir la baraque et nous aider à aller chercher la victoire. Et indirectement, je pense que j’ai lâché petit à petit, match après match, semaine après semaine, parce que les douleurs étaient trop présentes. Et il a fait le job. De toute façon, Taran, il fait toujours le job. Je pense que ça a été positif pour le groupe parce qu’on peut se reposer sur Taran. Mais individuellement, je me suis reposé aussi sur lui en me disant qu’il allait faire le job. Mentalement, je me suis un peu, on va dire, laissé couler. Mais bon, là, j’ai pris du plaisir ce matin et puis je vais essayer de revenir, reprendre du rythme et puis l’aider dans notre objectif.
Vous sentez-vous prêt à jouer (vendredi) contre Briançon ou estimez-vous qu’il est un peu tôt vis-à-vis de votre état de forme ?
Je pense que c’est un peu tôt. Mais ce sont les coachs qui décideront. Bien sûr, ils nous demandent un peu notre ressenti, mais ce sont eux qui ont le dernier mot. Si je dois être amené à jouer ou à monter contre Briançon, j’irai avec le rythme que j’ai eu ces derniers temps. Mais au moins, ce matin, j’ai eu un regain d’énergie et une envie de jouer au hockey. »
Ligue Magnus, 31e journée
Vendredi 9 janvier, 20h15 – Coliseum
Amiens (7e, 38 pts) – Briançon (8e, 38 pts)
César Willot
Crédit photo : Théo Bégler – Gazettesports.fr

