Tranquillement devant après un tiers, plus trop sûre de ses forces après le deuxième, l’équipe des Gothiques d’Amiens a su se remobiliser pour la dernière période afin de s’imposer face à l’Hormadi d’Anglet (5-3) avant un déplacement périlleux chez les rival rouennais, dimanche.
C’était tout sourire que Kevin Bergin arrivait en conférence de presse, souhaitant la bonne année à ceux qu’il n’avait pas encore vu. Et pour cause, son équipe avait réussi sa première de 2026 devant son public, mettant fin à une série de trois revers de rang. « Ce sont trois gros points au classement qui sont vraiment importants », débute t-il. Et il est vrai que l’opération comptable est parfaite car tous les concurrents directs des Amiénois se sont inclinés. Anglet et Chamonix, respectivement 9e et 10e, pointent à 9 longueurs et voient les play-offs s’éloigner un peu plus à chaque match. Briançon a vu sa folle série de succès se stopper et reste 8e, trois points derrière les Picards. Enfin, Nice, 6e, enchaîne une quatrième défaite d’affilée et sent le souffle samarien dans son dos puisqu’il ne compte plus que deux unités d’avance. Outre le résultat, le contenu a, en grande partie, plu à Kevin Bergin : « On n’a pas eu beaucoup d’entraînements ces derniers jours avec les fêtes donc je suis vraiment content de la façon dont on a joué, notamment en première période, devant des tribunes pleines à craquer encore une fois. »
Un deuxième tiers à oublier
Et il est vrai que les Gothiques ont régalé le public du Coliseum durant les 20 premières minutes en menant 3-0 après avoir largement malmené leur adversaire : « Si ce n’est pas Caron dans les cages, le score aurait pu être plus sévère après le premier tiers. Même en troisième période, on a eu beaucoup de chances », estime l’entraîneur québécois. Et si son analyse n’est pas tout à fait exacte concernant le dernier tiers (13 tirs à 11 pour Anglet), celle du premier est statistiquement très parlante avec 21 tirs amiénois pour 6 du côté des Basques. Mais alors, comment cela se fait-il que le score final soit si serré ? Tout simplement, une deuxième période diamétralement opposée, le jour et la nuit en termes de niveau de jeu et d’intensité, qui a permis à l’Hormadi de revenir à un but en la faveur de multiples tentatives, 17, contre seulement 8 pour Lavigne et les siens. Un changement de physionomie qui a de quoi surprendre et que le technicien canadien a d’abord évoqué avec humour : « Il y a eu une deuxième période ? »

Reprenant son sérieux, il a regretté que ce scénario de match auquel il avait déjà assisté se répète : « On ne peut pas jouer mou. Quand on se met à jouer mou, qu’on ne fait pas des jeux, des hardplays avec la rondelle, on doit défendre et on perd le momentum. Ce n’est pas notre style de hockey. Il faut être Gothique. On l’a fait en première, on l’a fait en troisième. Maintenant, il reste à réaliser qu’il faut le faire pendant 60 minutes. » En revanche, il a apprécié le leadership affiché dans le vestiaire entre la deuxième et la troisième période, sans préciser ce qui s’était exactement dit et qui avait pris la parole. Désormais, pour qu’une telle situation n’arrive plus, il faudra directement parler sur la glace : « On n’a plus d’excuses, il faut passer un cap. Avec ce que j’ai entendu dans le vestiaire entre la période deux et la trois, je pense que les gars ont passé un cap. Il faudra le confirmer. » Pour Antonin Plagnat, auteur du quatrième but de son équipe et élu MVP de la rencontre, plus question d’avoir « une période de creux » dans un match, surtout au moment d’affronter les grosses écuries : « Ce sont des choses à éviter et c’est absolument ce qu’il ne faut pas faire dimanche à Rouen. On va tout faire pour que ça n’arrive plus et jouer les 60 minutes correctement. »

Heureusement pour les Amiénois, ce qui a été dit dans le vestiaire a porté ses fruits et, malgré un score longtemps resté à un but d’écart et deux dernières minutes en double infériorité avec seulement deux buts d’avance, le succès ne leur a pas échappé comme ça a pu être le cas à Gap par exemple : « J’ai aimé la façon dont on a répondu en troisième période, on a joué du vrai hockey. Je suis content du caractère qu’on a démontré. On aurait pu encore jouer avec la peur, mais ce n’est pas ça qu’on a fait du tout. On y est allé et on a répondu de la bonne façon. J’espère qu’il y a eu un déclic dans la tête des gars« , lance le coach des Gothiques. Son numéro 11 a également loué l’état d’esprit de ses coéquipiers dans la quête de ce succès : « Je ne sais pas comment ça se serait passé avec une égalisation, mais on a bien tenu. C’est une équipe qui a du caractère. Maintenant, il faut continuer comme ça. Dimanche, il va falloir en avoir », prévient-il.
Le Derby des Plaines pour enchaîner ?
Car les yeux sont désormais tournés vers l’Ile Lacroix où ils seront attendus par leurs rivaux des Dragons de Rouen. Kevin Bergin ne doute pas de l’importance du succès de ce vendredi dans l’optique de ramener quelque chose de Normandie, dimanche : « C’est très bien de faire un match comme ça juste avant d’aller à Rouen. On sait qu’il y a une très bonne équipe de hockey mais il va falloir jouer de la même façon. Il ne faut pas que tu leur donnes du temps, il ne faut pas que tu leur donnes de l’espace. Il faut que tu travailles, que tu compétitionnes plus qu’eux. On va aller là-bas pour aller chercher des points.« Il a tenu à le rappeler, au Coliseum, plus tôt dans la saison, son équipe n’avait perdu que d’un but si l’on excepte la dernière réalisation en cage vide (2-4) et cela prouve qu’elle est capable de challenger son opposant du Derby des Plaines : « Il va falloir y aller une période à la fois, une présence à la fois, et tout donner. » D’ordinaire déjà redoutables cette saison, les Rouennais pourraient pourtant avoir un petit supplément d’âme demain puisque, ce vendredi, leur série de succès a été brusquement interrompue par les Brûleurs de Loups de Grenoble qui, par la même occasion, leur ont subtilisé la place de leader. Reste aux Gothiques de contenir la fureur des Dragons.
Ligue Magnus, 30e journée :
Dimanche 4 janvier (18h) sur l’Ile Lacroix : Rouen (2e, 58pts) – Amiens (7e, 38pts)
Simon Vasseur
Crédit photo : Théo Bégler – Gazettesports.fr

