HOCKEY SUR GLACE : Comment les Gothiques tuent le temps en déplacement ?

bus gothiques amiens kevin devigne gazettesports 4
Ⓒ Gazette Sports
Publicité des articles du site GazetteSports

Chaque saison, l’effectif des Gothiques d’Amiens effectue au minimum 22 déplacements en bus. Suivant la longueur du trajet, ils sont amenés à partir la veille du match. Un long trajet durant lequel chacun a ses habitudes, de même lorsqu’il faut occuper les heures avant la rencontre.

Des plus studieux aux plus joueurs, il n’y a qu’un siège. Ou une couchette. Jeux de cartes, série, travail ou une bonne grosse sieste, chaque joueur a ses propres habitudes afin de faire passer le temps du trajet, qui se fait dans la plupart des cas de nuit, avec un départ la veille du match. Seuls les courts déplacements, à Cergy-Pontoise, Rouen ou encore Angers, sont réalisés le jour même de la rencontre de championnat. Une fois sur place, il faut aussi s’occuper entre l’entraînement programmé le matin (morning skate) et la première mise au jeu.

publicite cit dessaint 2 gazette sports

Dans un effectif avec un peu plus de 25 ans de moyenne d’âge (25,28 ans selon Elite Prospects), où le plus jeune, Anatole De Mali, a 20 ans quand le plus âgé, Aleksandar Magovac, en a 34, forcément, les centres d’intérêt divergent. Alors, au moment de monter dans le bus pour effectuer les 1 133 km pour rejoindre Nice ou les plus de 900 km pour rallier le Pays basque et la ville d’Anglet, chacun vaque à ses occupations pour tuer le temps. Ils sont plusieurs à privilégier des temps calmes comme Justin Bergeron. « Quand on part la veille du match, avant de me coucher, je fais mes travaux pendant une petite heure. Je suis encore en études de business au Québec, il me reste un an et demi avant que j’aie mon diplôme. » Lorsqu’il se réveille dans l’une des 24 couchettes du bus à deux étages, le défenseur canadien qui compte 20 points cette saison, la destination est atteinte. On est le jour du match, et place désormais à la détente, avec de la concentration. « Je vais en bas, je me mets à une table avec les autres qui jouent aux cartes, mais je reste tranquille, au calme. » Lors de sa première année chez les Gothiques, le numéro 4 allait se promener les jours de matchs, histoire de se dégourdir les jambes tout en visitant. Maintenant, il préfère rester au chaud, dans le bus.

La sieste, un rituel pour beaucoup

William Lemay, qui vient de fêter ses 27 ans le 28 décembre, a lui aussi sa petite routine lorsque les Amiénois sont sur la route. Après avoir passé un certain temps à l’étage du bas, William Lemay gagne sa couchette pour regarder des séries sur Netflix avant de s’endormir. Le lendemain, le Canadien est comme son compatriote, il ne joue pas trop aux jeux de cartes et privilégie aussi une journée détente après le décrassage matinal. « J’aime bien me reposer après le déjeuner et le morning skate. Je me lève quelques heures avant le match pour être bien réveillé. » La sieste est un rituel que plusieurs joueurs ont avant les matchs. Mathieu Mony et Gauthier Gibert, entre autres, ont aussi cette habitude. « Parfois quand on fait la sieste, Ilies (Djemel) entre dans le bus, il hurle, il réveille et va voir tout le monde, il ouvre les couchettes », confie l’ancien Nantais dont le réveil est ainsi parfois aussi brutal que bruyant. Une fois réveillé, Gibert aime aller se balader en ville quelques heures avant le match afin de décompresser mais aussi d’émerger après sa petite sieste. Ilies Djemel, Anatole De Mali ou Guillaume Roussel vont aussi se promener, comme à Nice, sur la promenade des Anglais sous le soleil. Le premier avait posté une story sur Instagram en compagnie de ses deux coéquipiers.

Aux cartes, la bataille fait rage

bus gothiques amiens kevin devigne gazettesports 3

Gauthier Gibert, Mathieu Mony, Ilies Djemel, Clément Fouquerel, Sean Richards ou encore Anatole De Mali et Rudy Matima font partie de ces joueurs qui aiment se livrer bataille dans des parties de cartes endiablées. Schnaps (abréviation du nom original du jeu Schnapsen) ou encore « le jeu du dix » amené dernièrement par Matima. Alors quand on demande lequel est le meilleur à ces jeux, ceux interrogés s’érigent évidemment en vainqueurs réguliers. Les perdants sont aussi rapidement désignés. « Mathieu (Mony) n’est pas très fort au Schnaps parce qu’il n’a pas encore compris les règles », chambrait Gibert alors que son coéquipier passait derrière lui. De temps en temps, certains jouent à la PlayStation à base de matchs sur EA FC (ancienne appellation de Fifa) ou NHL. Et lorsque la télé n’est pas utilisée pour la console de jeu ou pour la réunion d’avant match, il arrive que les joueurs se posent devant une rencontre de NHL. Sur la route, les Gothiques n’ont pas vraiment le temps s’ennuyer.

César Willot
Crédit photo : Kevin Devigne – Gazettesports.fr (archives)