Un an et demi après avoir obtenu sa classification internationale, Timothée Da Costa Santos a franchi non pas une ni deux mais bien plusieurs étapes. Vainqueur d’un tournoi et plus qu’intégré dans le top 100 mondial, il ne compte pas s’arrêter en si bon chemin.
La rédaction de Gazette Sports a eu le nez fin en contactant Timothée Da Costa Santos au début du mois de décembre. En effet, le joueur de 25 ans rentrait tout juste de Hongrie où il a disputé un tournoi… qu’il a remporté. « J’ai enfin gagné mon premier tournoi international contre le vainqueur du tournoi d’Amiens de cette année, donc c’est une belle évolution, sachant que j’avais perdu en demi-finales contre lui 6-0 6-2 », précise le principal intéressé. Une victoire de prestige face au 45e mondial, ancien 34e, qui a confirmé une année 2025 symbole d’ascension. Pourtant, tout n’a pas été simple pour le pensionnaire de l’AAC Tennis Padel qui peinait d’abord à gagner des matchs, héritant de tirages peu favorables dus à son statut de non-tête de série : « Je tombais souvent sur des gars du top 25 mondial directement ou je me tapais des joueurs bien en dessous. Les joueurs de la tranche 80e-40e place, je ne les voyais pas.« Coup de pouce du destin, Timothée Da Costa Santos avait un meilleur tableau à domicile et était parvenu à se hisser en demi-finales. Une première pierre posée et surtout beaucoup de points dans l’escarcelle.
L’objectif de cette saison 2025 pour l’Amiénois était de rentrer dans le top 100 mondial alors qu’il pointait à la 158e place en décembre 2024 et qu’il n’était même pas classé au début de cette même année. Pour ce faire, le joueur de tennis-fauteuil estimait avoir besoin d’atteindre neuf quarts de finale, soit 180 points. Pour cela, il avait décidé d’opter pour une stratégie toute simple : participer à des tournois abordables un peu partout en France et en Europe afin de multiplier les chances tout en minimisant les coûts de déplacement et de logement. « En France, on a la chance d’être bien lotis avec 16-17 tournois internationaux, du Grand Chelem à la catégorie Futures », précise Timothée. Une option plus que payante au final pour ce dernier qui a accumulé pas moins de 269 points : « Aujourd’hui, le top 100 n’est pas folichon en termes de points. Là, c’est 133 points. Aujourd’hui, je suis 61e. Un premier succès à l’international et une rentrée fracassante parmi les 100 meilleurs joueurs du monde, voilà ce qu’on peut appeler une année réussie.
L’objectif, c’est la 50e place mondiale
Timothée Da Costa Santos
Désormais, plus rien ne semble rassasier l’ogre Da Costa Santos, dont l’appétit ne semble plus avoir de limite : « Quand tu rentres dans le top 100, tu grappilles un petit peu et tu dis : « Tiens, ça serait bien d’aller chercher la 90e place mondiale, puis la 70e place ». Et là, c’est vrai que l’objectif qui se construit un peu plus tôt que prévu, c’est la 50e place mondiale qui est symbolique. Et très rapidement, on va essayer de pousser à la 40e place parce qu’on aura des aides fédérales à partir de là. Atteindre ce rang permettrait aussi d’obtenir, sur certaines compétitions, le rang de tête de série, ce qui offrirait au joueur de 25 ans des premiers tours plus faciles face à des adversaires moins bien classés et donc potentiellement plus de points à la fin de chaque semaine : Passer devant les gars que je rencontre souvent en France et en Europe pourrait « m’assurer » une demi-finale, voire une finale sur un tournoi sans que j’aie trop besoin de forcer. »
2026 et 2028 en ligne de mire
Depuis Avril 2025, Timothée Da Costa Santos fait partie du groupe Espoir de l’équipe de France, l’équivalent d’une équipe réserve qui concentre les jeunes joueurs prometteurs. « Le but de la fédération, c’est de nous aider pour qu’on intègre plus tard le groupe France, pour qu’on bataille pour les places en coupe du monde et les JO. » Huitième français début octobre, le succès du Picard en Hongrie l’a officiellement fait grimper au 7e rang et il est même potentiellement 6e du fait de l’arrêt prolongé d’un autre Tricolore qui le devance encore au classement. Ainsi donc, six hommes sont mieux classés que lui mais aussi plus âgés, de quoi espérer se faire une place sur le long terme, même si l’indétrônable Stéphane Houdet (5e) et Frédéric Cattaneo (24e) sont encore bien installés aux deux premières places : « Pour faire les Coupes du Monde et les JO, il faut être dans les quatre premiers », explique t–il. Les 5-4-3e, ils sont « loin » puisqu’ils sont 31, 32 et 33. Mais c’est un niveau de jeu qui n’est pas inatteignable. C’est un niveau de jeu que je suis capable d’avoir et que, sur la saison prochaine, je serai capable d’avoir plus régulièrement. »
En 2026, le cheval de bataille du joueur de l’AAC Tennis Padel sera donc de se rapprocher de ce trio : « Quand je vois mon évolution, je ne vois pas pourquoi je ne pourrai pas les titiller davantage, voire les battre. Une fois que je passerai devant au classement, ils ne repasseront pas car ce sont trois joueurs qui sont très friables mentalement. Si tu passes devant l’un, tu passes devant les trois, assure, plein de confiance le dernier demi-finaliste du tournoi d’Amiens. Et si tu es 3e français, tu fais partie de l’équipe de France et tu as la wildcard (invitation, ndlr) pour Roland-Garros. » Ambitieux mais pas prétentieux, il table sur ce schéma plutôt pour 2027, cette saison qui arrive servant de tremplin : L’objectif de 2026, c’est juste de continuer ma progression, peut-être rentrer dans le top 40 et commencer à battre les gars de l’équipe de France. S’il y a mieux, il y a mieux, mais ça serait déjà pas mal. »
Les JO de 2028, ça a toujours été un projet pour moi
Timothée Da Costa Santos
Et si Roland-Garros, ce ne sera probablement pas encore pour 2026, une sélection en Coupe du monde, comprenez le circuit principal du tennis-fauteuil mondial, est déjà envisageable : « Ce serait plus atteignable parce que ce sont les quatre premiers qui y prennent part. L’année dernière, Stéphane (Houdet) n’a pas participé parce qu’il était sur un autre combat et il poursuit ce combat-là. Si Stéphane ne fait pas et qu’il y a un blessé, le quatrième Français, c’est moi mais je ne suis pas censé avoir ma place. Je mise plutôt sur la sélection en Coupe du monde pour 2027« , tempère Timothée Da Costa Santos. La saison qui approche ne sera donc pas celle de l’éclosion au plus haut niveau mais celle de l’ultime préparation à son entrée. Car si, effectivement, le Samarien intègre pour de bon le groupe France en 2027, cela débloquerait tout le reste : une wildcard pour Roland-Garros 2027, la participation à la Coupe du monde 2028, Roland-Garros 2028 et pourquoi pas les autres Grands Chelems, mais sans wildcard cette fois. Tout ça avant, peut-être, la concrétisation du rêve de Los Angeles : « Aux JO, la France est une délégation forte, donc on a quatre places en Paralympique. Et 2028, ça a toujours été un projet pour moi.« Un projet qui pourrait bien se concrétiser pour Timothée Da Costa Santos, qui semble brûler les étapes sans pour autant se brûler les ailes.
Simon Vasseur
Crédit photo : Kevin Devigne – Gazettesports.fr (archives)

