Au niveau des Angevins en cinq contre cinq, les Gothiques d’Amiens ont laisser passer une réelle chance de l’emporter face aux Ducs en négociant mal leurs powerplays et ceux de leurs adversaires.
Frustrants. Ces Gothiques-là sont frustrants. Déjà pas loin de faire tomber les Boxers de Bordeaux, il y a une semaine, mais incapables de faire preuve de réalisme, les Gothiques d’Amiens avaient encore toutes les cartes en main pour enfin battre une grosse écurie du championnat, à savoir les Ducs d’Angers. Mais l’histoire s’est répétée pour les mêmes raisons, mais d’une autre façon. Car si face à Bordeaux, les Picards n’avaient jamais vraiment eu l’occasion de passer devant, ce ne fut pas le cas ce mardi soir. Bien rentrés dans leur partie, ils poussaient les pensionnaires de l’IceParc à la faute à deux reprises en l’espace de quelques secondes. Une double supériorité de quasi deux minutes qui ne donnait lieu qu’à très peu de danger devant la cage de Jacob Smith, qui pouvait pourtant manquer de repère, lui qui n’avait disputé que quatre rencontres depuis le début de la saison. « On n’a pas su capitaliser. On n’a pas su prendre les devants sur notre bon départ. Ça vient toujours te hanter en fin de match quand tu ne marques pas sur des occasions comme ça », confirme Kevin Bergin, entraîneur de l’équipe.
En supériorité, Angers = danger
Et effectivement, les Samariens allaient payer cette occasion en or de mener au score, ce qui aurait probablement changé l’issue de la rencontre, au moins celle du premier tiers qui se concluait par un but en faveur des locaux à sept secondes de la sirène. « C’est une pénalité qui, dans la première minute et demie, n’a absolument rien généré. Ils ont réussi à se créer une chance et ils ont marqué », regrette le technicien des Gothiques. Une frustration de ne pas avoir marqué auparavant puis la désillusion de rentrer au vestiaire derrière au score sur un but bêtement encaissé après une faute largement évitable commise par Maïa qui était sanctionné pour un geste d’humeur. Cela faisait beaucoup de faits de jeu mal négociés et pourtant, Amiens n’était qu’un but derrière. Dans le deuxième tiers, les pensionnaires du Coliseum ont continué de faire jeu égal avec les Ducs, en témoigne le but de part et d’autre inscrit, celui des Picards étant l’œuvre de l’inévitable Kieran Craig, plus que jamais top scorer de son équipe.

A l’entame des 20 dernières minutes, les hommes de Kevin Bergin n’avaient toujours qu’un but de retard et, au vu des deux premiers tiers, une égalisation voire mieux n’était pas à exclure. Mais on ne voyait plus les mêmes Gothiques sur la glace, lesquels semblaient beaucoup moins fringants et subissant donc le rythme du troisième de Ligue Magnus. « On a eu quelques chances mais je trouvais qu’on avait moins d’énergie que lors des deux premières périodes », avoue le coach québécois. Cela s’est vu et s’est confirmé au niveau statistique : seulement quatre tentatives aux cages angevines contre 13 pour les locaux qui, logiquement, faisaient le break sur un nouvel avantage numérique avant de profiter des espaces laissés en fin de match : « C’est sûr que le troisième but a fait très mal. Ensuite, ouvrir le jeu contre une équipe de ce niveau-là, ce n’est pas la chose à faire mais quand tu es derrière de deux buts, tu n’as pas vraiment le choix en fin de troisième tiers. Si on est à égalité au score, je ne pense pas qu’on prend ce quatrième but, » estime Kevin Bergin.
Battre Anglet pour bien débuter 2026
Score final, 4-1, une addition plus salée qu’elle ne l’a réellement été. « Ce sont les unités spéciales qui ont fait la différence ce soir », résume l’entraîneur canadien. « À 5 contre 5, on a compétitionné avec eux. Nos unités spéciales ont été plutôt une de nos forces cette saison, mais ce soir (mardi), on a été en défaut en avantage et en désavantage numérique. Et si tu veux gagner des matchs de hockey, il faut que les unités spéciales gagnent le pourcentage. » Les yeux et les esprits sont désormais tournés vers la réception d’Anglet (9e), prévue ce vendredi, au Coliseum. Après trois défaites de rang, cette rencontre s’annonce capitale pour Amiens qui ne veut surtout pas rentrer dans une spirale négative similaire à celle traversée au mois de novembre. L’Hormadi vient de réaliser un mois de décembre noir (une victoire en prolongation et six défaites) et enfoncer le clou face à un adversaire direct aux play-offs ne serait pas de trop : « Ce sont trois points qu’il faut aller chercher. Il va falloir être prêt. C’est un match important du calendrier. Demain, on est en repos puis on va avoir un morning skate (entraînement le matin) avant le match de vendredi. On est à domicile, on se doit de faire le travail« a conclu Kevin Bergin qui sent, comme ses joueurs, le souffle de Briançon, 8e et à égalité de points, lui chatouiller le dos.
Ligue Magnus, 29e journée :
Vendredi 2 janvier à 20h15 (Coliseum) : Amiens (7e, 35pts) – Anglet (9e, 27pts)
Simon Vasseur
Crédit photo : Théo Bégler – Gazettesports.fr (archive)

