OMNISPORTS : C’était voici 50 ans, les Jeux de Munich endeuillés (2)

Voyage à Montréal de Lord Killanin, président du Comité International Olympique. Au Forum, avec Richard Garneau, journaliste sportif. - 3 et 4 novembre 1972. Archives de la Ville de Montréal. VM94-O03-155
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Un Irlandais Lord Killanin succède à un Américain Avery Brundage à la tête du CIO.

Précédemment, nous avons évoqué ce vote des membres du CIO, réunis en assemblée générale et qui avaient, à une courte majorité, décidé d’exclure des JO les athlètes de  Rhodésie.

Une décision vraiment exceptionnelle et qui hélas, indiquait que la politique serait désormais quasi présente dans le monde olympique. 

Dans l’Equipe, Gaston Meyer, le pape de l’athlétisme, écrivait : « On peut hélas le dire que le mardi 22 août 1972, marque à nos yeux, la date du commencement de la fin de l’olympisme ». 

Au lendemain de cette éviction de la Rhodésie, le CIO se réunissait à nouveau afin de désigner un successeur à l’Américain Avery Brundage (85 ans) et qui était en place depuis vingt ans.

Avery Brundage restera le dernier président du CIO attaché à des valeurs olympiques, celles du Baron Pierre de Coubertin du début de siècle : à savoir un amateurisme pur et intégral.

Malheur à l’athlète qui oserait aller à l’encontre de ces règles.

Ainsi par exemple, l’athlète et spécialiste du sprint, futur Ministre sous l’ère François Mitterrand Roger Bambuck était menacé de disqualification par sa Fédération s’il acceptait par exemple d’être commentateur d’une radio périphérique durant la période des Jeux.

Le mercredi 23 août 1973, la journée est néfaste pour le sport français. En effet, alors que le comte Jean de Beaumont paraissait devoir s’imposer c’est au contraire l’Irlandais lord Killanin qui est élu avec 39 voix contre 29. Depuis 1896, Lord Killanin n’est que le 6e président du CIO.

Dommage pour Jean de Beaumont à qui les voix des délégués des pays de l’Est, ont beaucoup manqué..

Dans son édito du lendemain dans l’Equipe, Edouard Seidler évoque certains entretiens qu’il avait eus avec Avery Brundage un homme intraitable mais aussi exemplaire et hors du commun. « J’aurais certes aimé être plus populaire, avait déclaré l’Américain.. Mais la défense d’un idéal est plus important que la popularité. Le plus beau est d’être impopulaire et de gagner. L’olympisme est une entreprise idéaliste. C’est parce que le monde est imparfait qu’il a besoin à plus forte raison, d’un idéal. »

Quant à lord Killanin, on apprenait qu’il avait été élu membre du CIO en 1952, qu’il avait été journaliste et surtout il était le premier Britannique à occuper cette fonction au CIO.

Alors que la cérémonie d’ouverture approchait, on notait l’arrivée à Munich de Tarzan, l’immense champion olympique de natation des JO de Paris en 1924 Johnny Weismuller.

Présente également la célèbre cameraman Leni Riefenstahl qui avait en 1936 réussi un film extraordinaire sur les JO de Berlin en photographiant notamment Hitler.

« Et si on parlait enfin de Sport » titrait l’Equipe. Nos athlètes samariens Henri Paul Fin et Marc Chapon allaient bientôt entrer en action.


Lionel Herbet

Crédit photo : Archives de la Ville de Montréal – Flickr

Publié par Lionel Herbet

Journaliste historique du sport Picard et Amiénois. Lionel est la mémoire des plus grands exploits sportifs de la région.