HIPPISME : Aude Duporté ou la passion au féminin

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Aussi discrète qu’attachante, Aude Duporté se « découvre » avant de se mettre en selle sur l’hippodrome amiénois du Petit Saint-Jean.

Trentenaire, celle qui a fait des courses de chevaux son métier glissera son pied dans l’étrier à trois reprises cet après-midi à Amiens. L’occasion de mieux connaître Aude Duporté, touchée par un virus familial devenu, au fil du temps et des sorties, une véritable source d’adrénaline.

Comment vous êtes-vous découvert une passion pour les chevaux ?

« De façon légitime (rire) ! Dès mon plus jeune âge, mon quotidien se déroulait presque au rythme des concours de sauts d’obstacles auxquels participait ma maman et d’une activité équestre que mon papa s’est toujours réjoui de pouvoir exercer. Un permis d’entraîner en poche, il recherchait aussi à s’illustrer en rivalisant dans les rangs des gentlemen. En parallèle, ils veillaient aussi à concilier leur savoir-faire dans la génétique et l’élevage  Du coup, c’était très difficile de rester insensible à cet environnement.

Mes parents m’ont vivement encouragée à poursuivre mon cursus scolaire

Votre enfance vous a encouragé à effectuer le « grand saut » ?

C’est un peu ça, j’avoue… Dans un premier temps, j’ai poussé les portes d’un club hippique, à proximité de la maison. Et j’ai décidé de me familiariser avec les ficelles de ce métier auprès d’un professionnel du Centre-Est. Cette expérience s’est d’ailleurs révélée concluante car je continue à suivre cette voie, inexorablement (rire) ! Mais mes parents m’ont vivement encouragée à poursuivre mon cursus scolaire, afin d’obtenir mon bac. Ce qui ne m’a pas empêché de faire carrière auprès des chevaux.

Une détermination qui se concrétisait rapidement ?

Effectivement. Dès le lendemain des résultats, je déposais mon baluchon chez Marie-Laëtitia Mortier, à Maisons-Laffitte. Une belle approche au sein d’un établissement qui n’existe plus, malheureusement. Au terme de douze mois de collaboration, j’ai poursuivi mon apprentissage auprès de Yannick Fouin durant quatre ans. Mais impatiente de voir ma petite carrière décoller enfin, j’ai rejoint Mr Bietolini puis Andréa Marcialis. 

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Et votre palmarès s’est-il du coup étoffé ?

Oui ! J’ai eu la chance d’être associée à des sujets compétitifs et la décharge accordée aux apprenties m’a permis de bénéficier de montes intéressantes. Dans ce métier, il n’y a pas véritablement de secret, plus vous êtes sur le devant de la scène, plus votre téléphone risque de sonner pour des sollicitations. Depuis un an et demi, j’essaie de tirer mon épingle du jeu chez Stephan Cérulis et avec le coup de pouce de mon agent Gilles Barbarin. Et j’ai d’ailleurs eu le privilège de passer dans le rang des « pros ».

Et cet après-midi, vous serez en piste au Petit Saint-Jean…

A trois reprises. Il s’agit d’un tracé assez simple, sans piège. Il offre l’opportunité d’envisager un parcours fluide. Avec ses tournants et une petite ligne droite, il convient d’ailleurs à ces chevaux qui oublient parfois de bien respirer. Les concurrents manquant de ténacité ou de courage peuvent prétendre à un bon classement. J’ai déjà eu le plaisir de triompher en terre amiénoise.

Ma première victoire sous les couleurs de mon papa occupe évidemment une place de choix dans mon cœur

Gazettesports : Un succès parmi les quatre-vingt quinze figurant à votre palmarès… Certains ont peut-être un parfum particulier ?

Aude Duporté : « Plusieurs, en effet, me viennent instantanément à l’esprit. Ma première victoire, avec Koumac Moirette, sous les couleurs de mon papa, occupe évidemment une place de choix dans mon cœur. Ce succès acquis à ParisLongchamp avec Cordey Rose qui symbolisait aussi la perte de ma décharge est un agréable moment. Comme celui d’avoir pu l’emporter pour Mr Alain de Royer Dupré sous la casaque de son Altesse Aga Khan.

D’autres prestations ne me laissent pas indifférentes, même si elles ne m’ont pas apporté la victoire. Etre en selle, à Pornichet-la-Baule, sur Darendi, le dernier partant de ce prestigieux entraîneur, fut un honneur. Le souvenir de ce quinté du 14 juillet, à ParisLongchamp, de la saison écoulée avec Letty’s Marvel, mon « chouchou », qui devait pourtant nous glisser entre les doigts, me procure encore, paradoxalement, de belles émotions. Sans oublier mes petits pas, en obstacles, où à Pau le représentant d’une poignée d’amis, Uppercut de Sivola, me permettait de me classer deuxième.

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Des objectifs vous trottent dans la tête ?

Avant de raccrocher les bottes, j’apprécierais « d’épingler » mon événement… (rire) D’ici là, faire preuve de constance est ma principale préoccupation, comme prendre du plaisir aussi. C’est ça l’essentiel ! »

Propos recueillis par Fabrice Biniek
Crédit photo : Gazette Sports – Jacques Grossemy – Jean-Michel Anello