EDITO : Tadej Pogacar est-il le nouveau Merckx ?

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La saison cycliste a repris sur les chapeaux de roue. Pas en Picardie où la diminution des épreuves chaque week-end est, hélas, en chute libre. Samedi, entre deux rencontres de football à la télé, nous avons suivi avec beaucoup d’intérêt la Strade Bianche, une course qui ressemble beaucoup à Paris-Roubaix. Sauf qu’il n’y a pas de pavés mais beaucoup de poussière et de la terre plutôt que de l’asphalte.

Cette course disputée devant un public énorme a été marquée par l’incroyable supériorité du Slovène Tadej Pogacar qui après avoir été pris dans une chute collective, a trouvé le moyen de se relever et d’attaquer en solitaire à 50 km de l’arrivée.

Pourtant derrière, ses adversaires ne lui ont pas de cadeau. A commencer par l’Espagnol Valverde qui nous surprend  toujours car figurez-vous qu’il est âgé de 42 ans et qu’il a pris la deuxième place derrière Pogacar qui a réalisé un authentique exploit en parcourant seul les 50 derniers kilomètres

Ce dernier a déjà remporté deux fois fois le Tour de France (la série est loin d’être terminée) et samedi, les commentateurs d’Eurosport ont été enthousiasmés par le culot, la classe de ce garçon de 23 ans.

Pogacar a été comparé à… Eddy Merckx. Ni plus, ni moins. 

Comparer le Cannibale qui survolait les courses voici un demi siècle avec ce jeune Pogacar est osé. Mais cette liaison entre deux champions de générations différentes n’est pas du tout stupide.

Pogacar est comme Merckx. Il veut tout gagner que ce soit le Tour de France ou un simple critérium. A une époque où les coureurs ne sont pas libres totalement de leur mouvement (ah ces fameuses oreillettes), il est réconfortant de voir ce Pogacar qui est parti pour régner sur le cyclisme mondial pour plusieurs années.

Dommage pour les Français qui attendront encore un moment avant qu’ils ne trouvent le successeur de Bernard Hinault voici plus de trente ans.

Les Français, meilleurs à l’étranger ?

Au fait, on peut se poser la question : un coureur français n’est-il pas plus à l’aise dès lors qu’il court pour une formation étrangère ? Nous l’avions déjà remarqué avec Julian Alaphilippe et bien d’autres.

Le dernier exemple n’est autre que celui de Christophe Laporte qui était resté huit saisons chez Cofidis et vient de rejoindre l’équipe d’un autre Slovène Primo Roglic : Jumbo.

Son adaptation a été fulgurante car Laporte a remporté la première étape de Paris-Nice avec la bénédiction de deux équipiers, Roglic bien sûr et le Belge Van Aert. On peut poser la question : un coureur français peut-il obtenir de meilleurs résultats à l’étranger?

C’est fort possible car signer ailleurs qu’en France implique une nouvelle discipline, une certaine rigueur ce qu’a du reste noté l’ancien champion du monde Peter Sagan qui a décidé de porter, pour sa fin de carrière,  les couleurs d’une formation française. Et Peter Sagan n’a pas hésité à déplorer justement ce manque de discipline et de respect des coureurs français dont le comportement en course laisse parfois à désirer.


Lionel Herbet

Crédit photo : DR

Publié par Lionel Herbet

Journaliste historique du sport Picard et Amiénois. Lionel est la mémoire des plus grands exploits sportifs de la région.