BOXE – Sabri Sediri : « J’espère que le travail portera ses fruits »

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Près d’un an après son dernier combat, et une défaite express, le boxeur amiénois remet les gants pour tenter de ravir le titre de champion de France des poids légers le 12 mars prochain à Montpellier. À cette occasion, Sabri Sediri fait le point avec nous sur sa préparation.

Comment te sens-tu à l’approche du combat ?

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Ça fait un an que je n’ai pas boxé. Il n’y a pas eu de combats avec le covid, c’était un peu compliqué. Je ne vais pas vous mentir, j’ai fait un petit break, j’ai arrêté pendant 5, 6 mois pour me concentrer sur moi, parce que j’en avais besoin. Dans la boxe malheureusement on n’est pas payé tous les mois donc on est obligé de se débrouiller à droite à gauche pour gagner un peu d’argent. Donc j’ai retravaillé et quand j’ai su que j’étais challenger officiel à partir du mois de décembre, j’avais déjà repris les entraînements depuis octobre. J’ai vraiment repris les entraînements deux fois par jour en novembre pour me préparer pour cette échéance des championnats de France qui arrive le 12 mars contre Sylvain Chapelle, un mec âgé de 36 ans, qui a de l’expérience, qui a pas mal de combats.

Je me sens bien, on a fait une grosse préparation physique, j’avais du poids à perdre, j’ai perdu le poids qu’il fallait. Toutes les ondes sont positives.

L’année dernière je n’étais pas motivé, je suis partie « au talent ».

Combien de kilos as-tu encore à perdre ?

Juste 2, 3 kilos, il me reste 15 jours, c’est la norme d’un boxeur. Les derniers kilos sont toujours les plus durs à perdre. Je vais les perdre cette semaine, et la suivante ce sera du peaufinement.

L’année dernière j’avais perdu beaucoup, mais j’étais à +13, je n’étais pas motivé, je suis partie « au talent ». Aujourd’hui c’est un autre combat, je me suis bien préparé, j’ai perdu mon poids à l’avance, j’ai des bonnes sensations à l’entraînement, j’espère que le travail portera ses fruits.

Te sens-tu plus armé que l’an dernier ?

Je me sens plus prêt. La ceinture, j’ai vraiment envie de la ramener, parce qu’à Amiens, personne ne l’a ramené depuis Bouziane en 2001, donc j’aimerai bien être le second. Être parmi les meilleurs français ce serait beau. Être champion de son pays c’est quelque chose, ce n’est pas tout le monde qui est champion de France.

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Bouziane Oudji, dernier amiénois sacré champion de France de boxe anglaise en 2001, attend toujours son successeur.

Tu as changé des choses dans ta préparation, as-tu fait appel à d’autres personnes pour t’aider ?

Oui, on a fait appel à un préparateur physique, Farid Bouras, qui a été footballeur à Amiens nord, qui a joué un peu partout. C’est quelqu’un qui connait très bien le sport, en tant que préparateur physique il entraîne des sportifs de haut niveau qui se préparent pour des échéances, que ce soit dans le football ou dans la boxe. Ça permet de soulager Bouziane (Oudji) qui avait tout à gérer en même temps, c’était devenu trop compliqué. Bouziane s’occupe de l’aspect boxe, mais il nous fallait des gens pour nous aider à se préparer le mieux possible. Farid est au quotidien avec nous, il me donne des conseils, il fait attention au poids, il gère tout l’aspect physique. Je suis content qu’il soit là, il nous a beaucoup aidé, c’est grâce à lui que je me sens bien, on travaille des vraies choses, tandis qu’avant on travaillait à la va-vite.

En deux ans je n’ai boxé que deux fois.

De ne pas avoir combattu depuis l’année dernière, est-ce que tu n’es pas dans le flou au niveau de tes sensations ?

Peut-être que le jour où je vais monter sur le ring je n’aurais pas mes repères. C’est normal et c’est compliqué. Mais je mets souvent les gants à Pont Sainte-Maxence, avec Yvan Mendy, Guillaume Fresnoy et des amateurs qui sont très bons. Lorsque je mets les gants avec eux, c’est presque comme un match. Mais le jour du combat ce n’est pas pareil. Je vais essayer de m’adapter le plus vite possible, ce n’est pas des excuses, on fait avec. C’est aussi à cause du covid, qu’est-ce que vous voulez faire. En deux ans je n’ai boxé que deux fois. On a tout mis de notre côté pour que ça passe bien, c’est à moi de gérer le combat calmement et de monter tout doucement en volume.

À l’origine tu devais combattre le 15 janvier face à Mehdi Sellami, le fait de changer d’adversaire et que la date soit reportée, est-ce que cela t’a perturbé dans ta préparation ?

Non, je suis resté focus. Tant que j’étais challenger officiel, peu m’importe l’adversaire. Je suis resté concentré sur mes entraînements.

Connais-tu un peu ton adversaire, Sylvain Chapelle, un boxeur expérimenté ?

Non, j’ai déjà affronté des adversaires avec un palmarès similaire, durs au mal, ce n’est pas pour autant que ça m’a gêné. Je ne suis pas quelqu’un qui stresse beaucoup. Je fais de la boxe depuis tout petit, ça veut dire que je sais comment préparer et gérer un combat. Je sais ce que je dois faire dans un ring, qu’il ait de l’expérience ou non ça ne change rien. De toute façon, à un moment donné tu es obligé d’affronter les meilleurs. S’il est là c’est qu’il est bon et si je suis là aussi. On verra sur le ring pour le jour J.



Julien Benesteau

interview réalisé le 25 février

Crédit photo (archives) : Eve Gourdain – Gazette Sports.fr