ATHLÉTISME : Un meeting entre reprise des marques et performance

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Avec la réouverture des compétitions à tous, c’est un meeting où se croisaient des objectifs bien différents qui se déroulait au Stade Urbain-Wallet d’Amiens ce samedi.

On avait annoncé environ 70 athlètes engagés en évoquant ce meeting, ils et elles sont finalement 57 à avoir concouru sous un temps maussade jusqu’au déluge, vers 17h30, qui stoppait momentanément les festivités, au Stade Urbain-Wallet ce samedi au cours d’un événement qui marquait le retour à la compétition de nombreux athlètes. Ou presque puisque, comme nous l’explique Bruno Dilly, président de l’Amiens UC, le club samarien « avait déjà organisé des mini-compétitions en interne. » Néanmoins, « ça permet de remettre un peu les athlètes dans le coup, se réjouit Bruno Dilly. C’est la première fois où l’on peut accueillir des athlètes d’autres clubs, ça amène un peu plus de concurrence, c’est le principe de la compétition. » Même son de cloche du côté d’Anne Barrois-Chombart, la Directrice Technique Nationale : « C’est bien de pouvoir refaire des compétitions. L’opportunité a permis d’ouvrir à plus d’athlètes. C’est une bonne chose pour tout le monde, pour l’athlétisme. Même si on est sur des jauges restreintes, ça permet de revoir de l’athlétisme et ça fait du bien. »

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A droite, Anne Barrois-Chombart, actuelle DTN par intérim et ancienne hurdleuse de l’Amiens UC

Une période plus facile pour la DTN qui souligne la difficulté de servir de tampon entre les athlètes et le gouvernement. En effet « cet hiver, il y a eu beaucoup d’incompréhensions » indiquait-elle. Des incompréhensions qui s’expliquaient par le fait « qu’un seul profil d’athlètes » était autorisé à s’entraîner normalement et à participer à des compétitions. « Les gens n’ont pas compris, poursuit Anne Barrois-Chombart, ils ont surtout pensé que c’était la Fédération qui mettait ces règles en place alors que c’étaient des règles gouvernementales et qu’en tant que Fédération délégataire, on doit les faire respecter. Il a fallu gérer ces incompréhensions, ces frustrations, qu’on comprend, mais on ne pouvait pas faire autrement. Donc ça a été un moment un peu compliqué. »

Pour assurer la reprise, dans de bonnes conditions, la DTN nous indique ce qui a été mis en place à l’initiative de la Fédération : « On est sur un principe de meeting flash. C’est un concept que l’on a proposé au niveau de la Fédération avec un nombre limité d’épreuves pour limiter le nombre de participants et de spectateurs puisqu’on a des jauges à respecter à ce niveau. Les perspectives sont plutôt encourageantes. On va pouvoir pratiquer dans de bonnes conditions pour les athlètes, notamment les jeunes, pour qu’ils puissent à nouveau pratiquer et faire de la compétition, qui est un peu l’ADN de l’athlétisme. » Ce format de meeting assure des compétitions « de courte durée et avec un minimum d’épreuve de manière à ce qu’il n’y ait pas trop de brassage » confirme Bruno Dilly. « Il y avait, à l’échelle régionale, 3 autres meetings ce week-end, détaille le président de l’AUC. Il y a eu une coordination entre les organisateurs pour se partager un peu toutes les épreuves. » Ce qui explique que seules 5 disciplines étaient représentées à Amiens ce samedi.

Pas à leur pic de forme, les têtes d’affiche assurent

Dans le lot, ce sont avant tout les sauts qui concentraient la performance amiénoise. Et si le contexte ne se prêtait pas forcément à la performance, il y a du positif à retirer pour Erwan Konaté, Maelly Dalmat et Thomas Gogois. Pour le premier, malgré une deuxième place du concours de la longueur, pour sa première sortie en compétition depuis février et la saison en salle, c’est un record personnel à 7,44m. Malgré cela c’est un Erwan Konaté « un peu déçu » que l’on retrouvait suite à ses 6 sauts : « il y a des sensations, certes, mais mal gérées. Donc c’est à travailler. » En effet, il reste une marge pour atteindre ses objectifs, « les minima pour les Championnats d’Europe et du Monde qui sont à 7,65m. » Pour Maelly Dalmat, c’était également un concours de reprise, après une blessure au niveau des ischios (« une enthésiopathie »), remporté avec une marque à 6,25m. La sauteuse se satisfaisait d’avoir eu « de bonnes sensations. J’ai une marge mais en compétition de reprise, je ne m’attendais pas forcément à ça. J’ai encore un peu mal mais je peux sauter, donc ça va. » Avec dans le viseur son objectif, le podium et un record personnel lors des France Élite.

S’il y a une possibilité de faire 17,14m, on ne la laissera pas passer.

Alain Doré, entraîneur de Thomas Gogois

Thomas Gogois, lui, sortait d’une intensive semaine de travail physique, point sur lequel insiste particulièrement son entraîneur, Alain Doré : « Depuis septembre l’an dernier, on a travaillé un peu plus au niveau préparation physique, muscu. Il y a un an, dans le même état de forme, il faisait 15,40m, 15,50m, aujourd’hui, il fait un mètre de plus. Sans être en forme, il fait 16,36m (ndlr : en deçà de 23cm de sa meilleure marque, à 16,59m). Il gagne le concours mais en étant lourd, physiquement, il n’est pas prêt au maximum, mais c’est nettement mieux que cet hiver. » De quoi aiguiser l’ambition du clan Gogois. Après probablement deux meetings, le premier à Pierre-Bénite le 5 juin, le second à Carquefou le 11 juin, s’avanceront les France Élite où les objectifs seront élevés : « Les objectifs, ce sont les France Elite, fin juin, avec l’envie d’aller chercher une performance qui pourrait peut-être lui permettre de faire un voyage à l’étranger cet été. Ce n’est jamais trop tôt, s’il y a une possibilité de faire 17,14m (les minima olympiques, ndlr), on ne la laissera pas passer. Ce serait une expérience, l’objectif majeur, c’est 2024 mais dans l’état de progression de cette année, Thomas est à même d’aller chercher quelque chose pour cet été. Ce n’est pas s’emballer, c’est être réaliste sur ce qu’on voit dans les concours. »

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Margaux Gourlay, auteure de solides performances

Parmi les autres résultats, notons que Konaté était également engagé sur le 100m dont il réalisait le meilleur chrono ainsi que la solide performance globale de Margaux Gourlay, 1ère du concours du poids, 3ème à la longueur et 3ème chrono du 100m. Et si la plupart des athlètes de l’Amiens UC et de l’US Camon présents ce samedi à Urbain-Wallet ne visent pas les championnats de France, pour eux aussi, l’horizon s’éclaircit. En effet, « un calendrier vient de tomber donc on peut se projeter » se réjouit Bruno Dilly. Car de tous côtés, et notamment pour le DTN, l’espoir, c’est désormais « que les choses vont s’améliorer. Elles s’améliorent déjà et on espère qu’on va pouvoir retrouver un athlétisme ouvert à tous, plus accessible. »


Morgan Chaumier

Crédit photos : Reynald Valleron – Gazettesports