OMNISPORTS : Le Lycée Delambre sous le signe du sport

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À la rentrée prochaine, le Lycée Jean-Baptiste Delambre proposera une nouvelle spécialité au bac, centrée sur le sport. Décryptage avec Nicolas Morel, professeur d’EPS au sein de l’établissement.

En septembre, le Lycée Delambre ajoutera une 13ème spécialité du bac avec celle intitulée « Éducation physique, pratiques et culture sportives » (EPPCS). C’est-à-dire qu’il s’agira d’une discipline « évaluée au bac. » En effet, « en fin de Seconde, les élèves qui choisissent la filière générale ont 3 spécialités à choisir » parmi les désormais 13 qui seront proposées à Delambre et qui complètent le socle général, nous explique Nicolas Morel, qui y enseigne l’EPS. S’il s’agit donc d’une nouveauté, ce n’est cependant qu’une suite logique inscrite dans la dynamique d’« un lycée sportif » entre Pôle Espoir de handball, sections sportive handball et crossfit ou encore option EPS.

Ainsi, « dès que le Ministre a évoqué ça, on n’a même pas eu besoin de demander à M. Pertin, notre proviseur, se réjouit Nicolas Morel. Il nous suit dans nos projets et connaît bien son lycée, il a tout de suite postulé auprès du recteur pour recevoir cette spécialité. » D’autant que les premières approches auprès des élèves ont montré une réelle demande : « Rien qu’en faisant un petit sondage au sein de nos classes de seconde, on a de la demande. On ne sait pas encore combien d’élèves on va pouvoir prendre, mais dans nos classes de seconde, on a de la demande et en plus de gens qui ont le profil ! » Car il ne sera pas question que cette spécialité soit portes ouvertes : « S’il y a des jeunes qui se présentent et que nous, en tant que prof qui connaissons les élèves, on se dit que ce n’est pas fait pour eux, on leur dira. Parce qu’il y a quand même une exigence. »

Un enseignement varié

Mais une fois actée la présence de cette spécialité, pour déterminer le profil idoine, encore faut-il en connaître le programme. S’il n’est pas encore acté, un projet de programme étant parvenu au lycée ce mois-ci encore, de grands axes sont d’ores et déjà clairs. Tout d’abord, il y aura une part non négligeable de pratique, « pas loin de 90h en 1ère et 130-140h en Terminale », nous précise Nicolas Morel. Et si les pratiques proposées ne sont pas encore fixées, l’enseignant a déjà quelques idées. « On va pas mal pratiquer le handball en sport collectif » estime-t-il en se basant sur l’importance du sport au sein de l’établissement. À cela, il ajoute « de la natation, évidemment » puisqu’il s’agira de pouvoir passer, par exemple « le brevet de sauvetage ». Enfin, « par rapport à la connaissance du corps humain, il faut qu’on ait un travail sur le renforcement musculaire, sur la muscu » note-t-il. Ainsi, quant à la pratique, il conclue : « Ces 3 pôles-là seront forcément évoqués et approchés pendant les deux années. À côté de ça, il y aura d’autres pratiques de découvertes ou moins approfondies, mais, sur celles-là, on ne s’est pas encore décidés. »

Toutefois, il ne s’agira pas uniquement d’une dose supplémentaire de cours d’EPS mais bien d’« un mélange de théorie et de pratique. » Au rayon théorique, on retrouve notamment un axe « science dure, physiologie, SVT, notamment sur le côté connaissance du corps humain, filières énergétiques, comment fonctionne l’organisme pendant l’effort. » Mais la partie théorique ne se limitera pas à cet aspect scientifique puisque sera aussi au programme la « culture du sport » qui pourra en embrasser tout autant « l’histoire » à travers des thématiques comme « l’égalité femmes-hommes » que « l’aspect financier, économique du sport » notamment via « la question de la mondialisation. » Enfin, Nicolas Morel présente comme primordial un dernier axe dédié à « l’accès à la connaissance des métiers, ça doit être lié à une orientation professionnelle. On veut que les gamins sachent ce qu’est être un kiné, ce que sont ses missions, qu’est-ce que c’est qu’être entraîneur, préparateur physique, professeur, etc. On veut rendre cet enseignement le plus concret possible. Donc on veut qu’ils découvrent, qu’ils aillent découvrir des installations, des métiers, qu’ils aillent rencontrer des gens sur le terrain et, inversement, faire venir des professionnels. Que les professionnels viennent présenter leur métier, les études qu’ils ont dû faire, leurs itinéraires. On veut rendre ça très concret. En termes d’orientation, c’est la base. »

STAPS, une filière de poursuite d’étude naturelle, mais pas unique

Avec une pareille ébauche de programme, cela dessine un profil d’élèves « mordus de sports, ce n’est pas juste un loisir. » « Ce qu’il faut retenir, ajoute Nicolas Morel, c’est que cela s’adresse aux élèves dont l’ambition est de travailler dans les métiers du sport, de l’enseignement, du corps humain ou de la santé. » De même, le flyer descriptif de la spécialité évoque notamment parmi les orientations consécutives à cette spécialité l’armée, le concours de sapeur-pompier, le secteur du management sportif. Mais celle qui, sans surprise, ressort le plus, c’est STAPS. Nicolas Morel souligne d’ailleurs avoir « déjà beaucoup d’élèves qui vont en STAPS. » Évoquant la volonté de nouer des partenariats pour être moteur d’échange, il explique également que « STAPS va être notre premier partenaire. »

Pour autant, il n’est pas question « de se substituer au STAPS. On ne veut pas faire des cours théoriques, des cours magistraux à foison, sinon, on va perdre les élèves. On n’est qu’au lycée. » insiste-t-il. « C’est pour cela, explique l’enseignant, qu’on veut rendre ça très concret avec, justement, ces partenariats. L’idée, c’est de nous ouvrir des portes sur le monde associatif. » Des portes qu’il souhaite ouvertes dans les deux sens. D’une part avec des intervenants « qui viennent présenter une forme de pratique, mener un cours sur leur spécialité sportive. » De l’autre, toujours dans l’esprit de rendre cette spécialité particulièrement concrète, avec des « élèves qui passent de l’autre côté de la barrière. » Prenant l’exemple imaginaire d’un tournoi organisé par un club local, « l’idée serait que les gamins de la spécialité soient une ressource pour donner un coup de main à l’organisation de ce tournoi. »

Au-delà de l’expérience du concret, Nicolas Morel insiste sur la notion « d’engagement » qu’il juge primordiale. Ainsi, complétant le profil déjà dressé d’élèves se destinant à la spécialité EPPCS, il brosse également le portrait d’« élèves qui s’engagent. Des élèves qui, quelle que soit l’activité qu’on pratique, ce ne sont pas des élèves qui vont sur le côté parce que ça ne leur plaît pas. On est aussi bien dans l’engagement moteur, affectif et social. Ce seront des sportifs, mais là, on va leur demander d’être de l’autre côté de la barrière, dans le côté encadrement, théorique. »


Morgan Chaumier

Crédit photo : Morgan Chaumier – Gazettesports