FOOTBALL (F) : Clémence Poiteaux, la passion du jeu

asc entrainement (reynald valleron) (110)
Ⓒ Gazette Sports
Publicité des articles du site GazetteSports

L’un des « derniers remparts » de l’Amiens SC, l’enseignante d’éducation physique et sportive se révèle être… « à toutes mains ». Portrait.

« Prendre son pied ! » À cette expression – un tantinet familière il est vrai – Clémence Poiteaux s’empresse de se justifier, sans même oser botter en touche. Et la représentante de l’Amiens SC exécute d’ailleurs cet exercice de style d’un (simple) tour de main. « Depuis mes débuts au football, ma préoccupation s’est un peu résumée, je l’avoue, à un désir permanent de jouer » confesse alors, du bout des lèvres certes, l’enseignante d’éducation physique et sportive. Du haut de ses 23 ans.

Une passionnée du ballon rond qui pour atteindre ce but n’a donc jamais exclu la possibilité de (devoir) délaisser le sien ! Car si la demoiselle s’affirmait très rapidement dans un registre offensif, elle laissait également entrevoir une belle aisance dans un rôle d’ultime rempart… Particularité qu’elle évoque d’ailleurs d’un sourire espiègle 

asc entrainement reynald valleron 49

« À l’origine, sous le maillot d’Auneau, paisible ville du Centre de la France, je souhaitais avant tout marquer. Comme tout le monde j’oserais mentionner. Puis, suite à un concours de circonstances, il m’a été proposé d’enfiler les gants et de tirer mon épingle du jeu en tant que gardienne » raconte celle qui, entre temps, avait poussé les portes du C’Chartres Football. Et avant que l’Amiens SC ne porte son attention sur cette joueuse au profil (donc) bien spécifique.

« Un véritable couteau suisse » admettra plus tard Hicham Andasmas. Actuel entraîneur d’une formation féminine – évoluant en Régionale 1 – lequel se réjouit de compter en ses rangs un « élément aussi polyvalent ». Demoiselle perfectionniste qu’Alexandre Dutemple, entre autres, s’était appliqué à « polir » dès son intégration au sein de l’effectif U16 de l’ASC. Laissant alors surgir l’aspect « hybride » d’une demoiselle en constant progrès.

C’est parfois drôle de ne pas vraiment savoir quel rôle nous est destiné. Préserver cette incertitude n’est d’ailleurs pas pour me déplaire 

« C’est parfois drôle de ne pas vraiment savoir quel rôle nous est destiné. Préserver cette incertitude n’est d’ailleurs pas pour me déplaire » ironise celle dont la priorité reste d’apporter un « coup de main ! » Comme ce fut d’ailleurs le cas durant une (historique) campagne en l’antichambre de l’Elite, aventure en Division 2 dont les amiénoises conservent cependant un goût amer.

« La crise sanitaire, entraînant la cessation brutale des confrontations, a sans le moindre doute contribué à notre perte. Comme d’autres coéquipières, je demeure persuadée que nous aurions pu nous extraire de cette zone de relégation où nous figurions malheureusement lors du gel du classement ! » Sans langue de bois, elle cherche toutefois à dissimuler une légitime déception. « Il existe un sentiment d’inachevé. Mais à quoi bon se lamenter… » soupire-t-elle, affichant l’envie, le désir, la volonté à rebondir.

asc entrainement (reynald valleron) (5)

Cette détermination à assouvir ce « besoin d’adrénaline » et dont elle admet « volontiers en être addict ». Aveu, sur le ton de l’humour, de la part d’une sportive qui saisit cependant toutes les opportunités afin d’y parvenir. Et « qu’importe le flacon pourvu qu’on ait l’ivresse » confesse-t-elle en riant. Une philosophie que cette Amiénoise fière de ses racines cherche à privilégier, tout en jonglant avec les rôles. Ainsi, apporte-t-elle un « petit coup de pouce » à l’encadrement de l’ASC, prenant ainsi sous son aile protectrice la catégorie U11. Investissement qui lui « tient à cœur » comme celui qu’elle accorde aussi à l’effectif senior.

« Le coach est le seul décisionnaire. Il est par conséquent légitime de s’en remettre à ses choix » lâche-t-elle avec la même décontraction. Réaffirmant ainsi cette spontanéité à (toujours) répondre présente, à se fondre dans un collectif où elle admet « s’épanouir, prendre du plaisir. Quelque soit le niveau… »

Qu’importe le flacon pourvu qu’on ait l’ivresse

Et ce n’est pas l’arrivée de Louise Latkotko durant l’intersaison – en provenance de l’Amiens Porto – qui veillait à bouleverser la quiétude de l’intéressée. « Toute concurrence ne peut être que bénéfique. Le rôle de « dernier rempart » demeure particulier et la hiérarchie ne tarde à être établie. Camille (Martin) est ainsi logiquement titulaire. » rappelle celle qui – à l’image de sa cadette – se tient prête à toute éventualité.

Tel un principe de précaution qui maintient sous pression un dynamique trio animé par le souhait de « se serrer les coudes ». Entraide permanente fédérant trois drôles de dames – que parfois tout oppose – mais qui n’en demeurent pas moins unies comme les cinq doigts d’une main.



Fabrice Biniek

Photos : Reynald Valleron – Gazettesports