BASKET-BALL – Yoann Duboc : « Quand vous êtes la priorité d’un coach ça fait toujours plaisir »

Yoann Duboc Esclams Basket Ball
Ⓒ Gazette Sports

L’une des cinq recrues de l’ESCLAMS, Yoann Duboc est revenu sur son arrivée et ses attentes pour la saison prochaine.

Bonjour, pouvez-vous vous présenter ? 

Yoann Duboc, j’ai 28 ans. Je viens de passer mes huit dernières années à Fougères en NM3 puis NM2 pendant 5 ans. Avant cela j’ai évolué à Cognac en NM1 et Pré-Nat pendant une saison puis une autre à Mirecourt pour ma première saison en pro. Sinon j’ai fait mon centre de formation à Epinal au Jet-Vosges. J’y ai fait cadet France et moins de 21. 

Pourquoi avoir quitté Fougères et comment avez-vous vécu ce départ ? 

C’est une décision avant tout du club, qui a décidé de tourner une page. J’ai tout connu à Fougères et j’étais le seul rescapé de l’équipe de NM3. Il y avait une envie de changements au sein de l’effectif et de partir sur un nouveau cycle. Avec le confinement les choses se sont faites par téléphone sans vraiment pouvoir se dire au revoir, c’est dommage mais c’est comme ça. Après de mon côté il y avait aussi une envie de voir autre chose et de m’offrir un nouveau challenge. 

Pour quelles raisons avez-vous rejoint Longueau ? 

Il y a plusieurs raisons à ce choix. Au départ je voulais plus aller dans le sud mais quand je suis arrivée à Epinal, il y a maintenant 14 ans, Thomas Giorguitti était assistant sur la NM1. Il me connait et après son arrivée à Longueau il m’a contacté. Il m’a dit que j’étais sa priorité sur le poste 2 et m’a présenté le projet. Ce dernier m’a intéressé ; mais surtout quand vous êtes la priorité d’un coach ça fait toujours plaisir. Venir à Longueau me permet aussi de me rapprocher de Paris, dont je suis natif, donc de ma famille. 

 Je suis un joueur costaud qui aime défendre fort sur mes vis-à-vis

Quel type de joueur êtes-vous ? 

Je suis un joueur costaud qui aime défendre fort sur mes vis-à-vis. Ensuite je dirais que mes gros points forts sont la percussion et mon jeu de passe. 

Après plusieurs saisons en NM2, comment en jugez-vous l’évolution ?

Quand j’ai joué pour la première fois en NM2 il y a maintenant 10 ans, le niveau n’était pas du tout le même. Il y a cinq ans lors de ma première année avec Fougères le niveau était déjà très élevé mais ces dernières saisons il a encore augmenté. Si certains clubs vont avoir moins de budget avec le Covid-19, il y a de très grosses équipes. Des formations comme Loon-Plage ou encore Cergy-Pontoise ont le niveau pour jouer en NM1. C’est un championnat très relevé qui n’est pas considéré comme professionnel mais dont certaines équipes ont l’ensemble de leur effectif de professionnel. Le niveau risque d’augmenter encore dans le futur.

En rejoignant l’ESCLAMS, de part votre expérience, vous allez avoir un statut de leader, comment l’appréhendez-vous ? 

J’ai toujours été quelqu’un qui parle énormément sur le terrain et dans un groupe. Je n’ai jamais été capitaine car c’est quelque chose qui ne m’intéresse pas, mais prendre la parole dans le vestiaire ou en dehors, donner des conseils, ce sont des choses assez naturelles. J’ai 28 ans et plusieurs saisons en NM2 donc forcément je vais avoir un rôle de leader mais cela ne me fait absolument pas peur. J’apprécie le fait que le coach m’ait choisi pour mon vécu et j’espère transmettre mon expérience du mieux possible aux plus jeunes de l’équipe.

Le fait que l’on vise le maintien ne m’inquiète pas, ce sera à nous de prouver de quoi on est capable. 

L’un des objectifs du coach était de créer une connexion 1-5 solide. Vu vos qualités de passeur, est-ce quelque chose que vous appréciez ? 

J’adore jouer les pick-and-roll, donc forcément évoluer avec de vrais postes 5, c’est toujours intéressant. Je ne connais pas bien, les deux postes 5 mais vu leur profil ce sont deux joueurs qui imposent et qui ont l’air plutôt mobile. Cela va forcément ouvrir des espaces qui vont être intéressants à exploiter pour attaquer le cercle ou libérer nos shooteurs. Après comme je le dis souvent tu peux avoir les meilleurs joueurs du monde si tu n’arrives pas à créer une alchimie, tu n’auras pas de résultats. Le coach a fait des choix qui semblent cohérents avec des complémentarités et des joueurs qui semblent bons humainement et qui sont là pour le collectif et non pour leurs statistiques ou l’argent. Si on arrive à bien travailler ensemble je pense que l’on peut faire de belles choses. 

Quels vont être vos objectifs la saison prochaine ? 

Individuellement mon objectif est d’être le meilleur possible et d’apporter un maximum à l’équipe. Jouer sur mes points forts en étant un vrai poisson pour les joueurs adverses en défense, amener de la percussion au niveau du scoring et de la passe. L’objectif collectivement est le maintien. Après je sors d’une saison avec Fougères où l’on était premier et je n’aime pas du tout perdre. On va donc prendre match après match en essayant d’en gagner le plus possible pour obtenir le maintien le plus rapidement. 

Vous êtes habitué à jouer le haut de tableau, cette saison vous allez jouer le maintien. C’est quelque chose de très différent, comment l’abordez-vous ? 

Ca m’est jamais arrivé de jouer le maintien à l’exception de ma première année en professionnelle où l’on est descendu. J’ai toujours joué le haut de tableau, mais à 28 ans c’est pour moi un nouveau challenge. C’est l’occasion de prouver que dans une équipe dite « moins compétitive » sur le papier, je peux apporter quelque chose. Après, on est dans “la poule de la mort”. Cette saison elle va encore être plus compétitive je pense et s’il y a certaines équipes qui dominent, tout le monde peut battre tout le monde. C’est aussi cela qui rend cette poule très intéressante. Le fait que l’on vise le maintien ne m’inquiète pas, ce sera à nous de prouver de quoi on est capables. 

Je vais avoir un rôle de leader mais cela ne me fait absolument pas peur

Le club repart sur un nouveau projet. Selon vous, est-ce plus simple d’arriver dans une équipe déjà en place ou dans une équipe qui se reconstruit ?

Ce n’est jamais pareil ni simple de s’adapter. Après je pense qu’il est plus facile de s’intégrer à une équipe déjà en place car il n’y a pas tout à refaire et l’alchimie est présente. Là, tout l’effectif a changé mais si la mayonnaise prend rapidement, on va vite être prêt. Malheureusement on ne peut jamais savoir à l’avance. Je connais un peu Thomas et je pense que les joueurs déjà présents sont de bons mecs qui vont nous intégrer rapidement à l’esprit club. On a un groupe WhatsApp et sans se connaître, il y a déjà une petite alchimie, espérons que cela continue. Il est évident que quand tu perds c’est toujours plus compliqué, mais perdre c’est acceptable à partir du moment où tu as tout donné sur le terrain. Je n’ai pas ma langue dans ma poche et si je trouve que les attitudes ne sont pas bonnes je le dirais.



Aurélien Finet

Crédit Photo : ESCLAMS