HIPPISME : Jessica Bertrand atteinte par le virus des courses

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Jessica Bertrand ne délaisse que très rarement la blouse blanche. À ses heures perdues, elle intègre le staff médical lors des courses « premiums » organisées sur l’hippodrome d’Amiens. Rencontre…

« Par le biais du hasard… » C’est en ces termes que Jessica Bertrand interprète ses premiers pas au Petit Saint-Jean. Un environnement que cette jeune demoiselle de 26 ans, originaire de Doullens (Somme) ne connaissait jusqu’alors que de nom. Aveu un tantinet embarrassé de la part de celle qui cependant, « depuis trois saisons », s’applique à y trouver ses marques. Dans un registre toutefois bien particulier il est vrai.

« Infirmière de profession, je viens de façon épisodique « prêter main forte » si nécessaire à Valérie, Julien ou Michel, « médecins permanents » ainsi qu’aux ambulanciers également sollicités le jour des courses. Celles uniquement à vocation « premium », comprenez qui apparaissent à enjeux nationaux » souligne l’intéressée. Implications certes en marge des compétitions mais qui demeurent néanmoins très importantes. « Notre rôle à tous est de pouvoir prétendre prodiguer les premiers soins si besoin. Notre présence est d’ailleurs indispensable à la tenue des épreuves » résume Jessica Bertrand.

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Avant qu’elle ne décline les faits et gestes de cette délégation de soignants : « nous restons très attentifs au moindre incident qui pourrait survenir dans l’enceinte de l’hippodrome. Nous veillons à apporter le réconfort nécessaire à toute personne victime d’un incident, quel qu’il soit » indique-t-elle encore. Recherchant à se familiariser avec l’endroit…

« Je m’y attache cependant ! » lance-t-elle avec espièglerie. Pour ensuite se remémorer les circonstances qui l’ont amenée jusqu’au Petit Saint Jean. « J’ai fait la connaissance du président, Philippe Levasseur, ainsi que de Carole Savreux, directrice des lieux, sur les recommandations d’une amie alors en période de stage au sein des ressources humaines de la société des courses. Très rapidement, je me suis aperçue qu’ils étaient en quête d’un profil tel que le mien » murmure-t-elle.

Notre rôle à tous est de pouvoir prétendre prodiguer les premiers soins si besoin. Notre présence est d’ailleurs indispensable à la tenue des épreuves.

Entrevue où l’une et l’autre trouvaient les mots justes pour convaincre l’infirmière récemment diplômée de se piquer au jeu. C’est ainsi que Jessica Bertrand se tournait dans le monde du cheval. Une atmosphère dont elle s’était sensibilisée « de façon très éphémère lors de petites balades au cœur même de la campagne amiénoise » chuchote-t-elle. Approche bien différente cependant de celle qu’elle s’apprêtait alors à découvrir.

Spontanément aux petits soins, l’équipe de passionnés du Petit Saint-Jean lui offrait alors l’opportunité d’accéder aux coulisses, de soulever un coin du rideau et ainsi entrevoir l’envers du décor. « Être au plus près d’un cheval en plein effort, notamment depuis la voiture suiveuse, assister aux échanges entre commissaires de courses, accompagner celles et ceux qui assurent ce spectacle, car c’en est un, sont des moments très privilégiés » dont elle demeure « toujours admirative. » Une face sensiblement dissimulée qu’elle prend plaisir à continuer à scruter d’un œil amusé, d’un regard qu’elle considère toujours novice.

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« J’avance, en quelque sorte, pas à pas » ironise celle qui se réjouit de pouvoir poursuivre son petit bonhomme de chemin. Avec une légitime appréhension qui traduit d’une volonté permanente de bien faire. « De par notre fonction, nous sommes tel ce funambule qui s’évertue à préserver son équilibre. Rien n’est prémédité, tout peut nous arriver » expose une infirmière soumise à rude épreuve ces dernières semaines.

« J’exerce au CHU d’Amiens. La pandémie a subitement et brutalement bousculé notre quotidien, nos « petites » habitudes. Cette période se veut délicate car inédite. Le corps médical s’aventure jour après jour dans l’inconnu. » Toute en retenue, avec une émotion contenue également, la demoiselle se confie sur cette épreuve où « comme beaucoup d’autres » elle figure en première ligne.

À la quiétude de l’avant course succède celle d’une belle poussée d’adrénaline le temps de l’épreuve.

Ainsi s’impatiente-elle de s’imprégner de l’ambiance du Petit Saint-Jean. Un climat au parfum de paradoxe : « À la quiétude de l’avant course succède celle d’une belle poussée d’adrénaline le temps de l’épreuve. » Une sensation, forte, que Jessica Bertrand semblerait cependant désormais apprécier.




Fabrice Biniek

Crédit photos : JB