ROLLER-HOCKEY : La réflexion toujours en cours

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Ⓒ Gazette Sports

Si de nombreuses fédérations ont déjà statué sur le sort des compétitions, la Fédération Française de Roller et Skateboard (FFRS) qui gère 9 disciplines est toujours en phase de réflexion.

« Nous travaillons sur toutes les hypothèses. » Voici le leitmotiv de Delphine Martinez, du service compétition de la FFRS, que nous avons jointe au cours de la semaine dernière. Ces hypothèses épousent en effet un large spectre comprenant « la reprise du championnat avec le format réglementaire en décalant les dates de fin, une version allégée pour rester dans le calendrier prévisionnel, un arrêt des compétitions avec un classement au moment de l’arrêt ou à la fin des matchs allers ou une saison blanche. »

Dans ce panel de solutions, l’arrêt des championnats avec classement à l’instant T est sûrement la plus difficile à mettre en place puisque la décision se prendra sur tous les championnats en même temps. Ainsi, « le problème de faire un classement à l’instant T, c’est que ce ne serait viable que pour l’élite où il n’y a qu’une seule poule. Soit on repartirait en saison blanche, soit, si l’on décide qu’il y a des montées et descentes, il faudrait au moins un match, ou une version où l’on ferait monter qui veut monter, pas de descentes et on doublerait les descentes l’année d’après. »

Reprendre, mais dans quelles conditions ?

Pourtant, si la Fédération reçoit « des demandes de clubs pour jouer », l’arrêt définitif des compétitions doit être envisagé. Comme l’explique notre interlocutrice, « on met des scenariis en place et on les place dans des calendriers et à chaque semaine qui va passer, on va avoir une solution qui ne va plus être applicable jusqu’à ce que l’arrêt devienne inéluctable. » C’est que, quelque soit sa volonté, la FFRS est, comme nous tous, contrainte par les décisions politiques avant tout. Auxquelles se mélangent des considérations sportives, notamment de l’ordre de la préparation physique nécessaire pour reprendre : « On ne veut pas faire jouer les gens la semaine après deux mois d’arrêt sans condition physique. On ne sait pas non plus quelle sera la situation quand le confinement va s’arrêter : est-ce que les regroupements vont être autorisés ? Si on imagine que l’interdiction des regroupements se prolonge sur mai, il n’y aura pas d’entraînements, on ne peut pas imaginer un mois et demi de compétition derrière s’il n’y a pas eu d’entraînements. »

En effet, au-delà des décisions politiques quant à la situation sanitaire, il y aura aussi à réfléchir en fonction des joueurs. En plus de l’aspect physique, donc, pour pourvoir reprendre au mieux avant d’aborder, qui plus est, la phase comportant le plus d’enjeux de cette saison pour certains, comme les Ecureuils, d’autres écueils à la reprise de la compétitions pourraient se présenter. Ainsi, dans une volonté d’envisager l’après, on nous cite « potentiellement des équipes touchées par le deuil ou par des problèmes économiques, qui auront des joueurs dans des entreprises qui auront des problèmes économiques et qui les feront travailler le week-end. Et puis, il y a des problématiques individuelles. Ce que les gens n’ont pas fait en mars-avril, ils voudront le reporter sur juin. » Autant de raisons de se préparer à ce qu’une reprise ne soit pas aussi simple que la fin du confinement.

De quoi « faire la part des choses entre reprendre une activité, jouer avec ses copains, et reprendre la compétition. » Pour autant, si la position qui consiste à dire que « plus vite on prend la décision, plus vite les clubs sont fixés et peuvent s’y préparer » est défendue par certains au sein de la Fédération qui ne veulent pas entendre parler d’une saison se poursuivant potentiellement jusqu’en juillet, d’autres voient dans le report des compétitions internationales et notamment des Mondiaux, fin septembre, l’occasion de décaler la saison sur l’été. Une option notamment défendue par « la DTN qui veut que les joueurs rejouent pour qu’ils arrivent prêts aux Mondiaux. »

C’est donc une Fédération encore dans l’expectative qui travaille sur « tous les scenariis pour être prêts quand les informations tombent. » Reste une certitude, la date du 5 avril, citée à l’occasion des premières annonces de l’exécutif, n’est d’ores et déjà plus tenable. Notons, au passage, que la FFRS attend les retours des différentes commissions relatives aux nombreuses disciplines qui ne sont aujourd’hui pas gérées directement par le service compétition, comme c’est le cas du roller-derby pour lequel il n’a tout simplement « aucune information. »



Morgan Chaumier